L’étude d’impact menée par la CLIA, principale organisation représentant l’industrie de la croisière, chiffre le poids du secteur à 64,1 milliards d’euros à l’échelle européenne. Mais c’est surtout la construction navale qui joue le rôle de consolidateur de l’économie mondiale.Souvent montrées du doigt pour leur impact environnemental, les croisières jouent cependant un rôle prépondérant dans l’économie et cela, bien au-delà du seul aspect touristique.
C’est cela que la CLIA, la Cruise Lines International Association, principal organisme représentant les professionnels du secteur a voulu mesurer en menant une étude d’impact, présentée à Madère, lors du sommet européen de l’organisation.
Une étude qui s’est attachée à ne pas prendre en compte les seules retombées touristiques des destinations ou en termes de nombre de passagers, mais de considérer l’ensemble de la chaîne de valeur.
Soutien industriel
De fait, les croisières recouvrent également un volet industriel qui est souvent ignoré dans la prise en compte de leur impact économique. Outre l’industrie manufacturière et l’activité de services locaux, notamment tout ce qui relève de la construction navale. Car la construction des bateaux de croisières contribue pour plus de 80% aux carnets de commande des chantiers navals, permettant ainsi de conserver une activité de construction militaire. Dans un entretien accordé à La Tribune en 2024, la directrice générale d’alors, Marie-Caroline Laurent avouait que « de manière provocatrice, je dis souvent à Bruxelles, si vous voulez arrêter la croisière, vous fermez vos chantiers navals. De manière contre-intuitive, les chantiers navals nous disent souvent que grâce à l’activité commerciale des croisières ils arrivent à faire en sorte que leur activité militaire de construction navale reste compétitive. C’est la réalité de la construction industrielle… ».
Ainsi, en 2024, l’industrie de la croisière, qui concerne 445 000 emplois, a contribué à hauteur de 64,1 milliards d’euros à l’économie européenne, 28 milliards d’euros étant injectés directement dans le PIB européen. Les dépenses directes liées aux croisières atteignant, pour leur part, 31 milliards d’euros, la construction navale mobilisant 10 milliards d’euros d’investissement.