Elon Musk perd son procès contre OpenAI, qui s'ouvre la voie à une IPO géante
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Le camp Musk a annoncé son intention de faire appel.
/FW1FP/Andrew Heavens - REUTERS - Manuel Orbegozo
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Le camp Musk a annoncé son intention de faire appel.
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La bataille judiciaire entre deux des figures les plus puissantes de la Silicon Valley tourne à l’avantage d’OpenAI. Lundi, un jury fédéral de Californie a donné raison au créateur de ChatGPT face à Elon Musk, estimant que le milliardaire avait engagé son action en justice trop tard pour être recevable. Une décision qui éloigne une menace majeure pour l’avenir financier d’OpenAI et ouvre un peu plus la voie à une future introduction en Bourse potentiellement historique.
Après trois semaines d’audiences très suivies à Oakland, près de San Francisco, le jury populaire a tranché à l’unanimité en faveur d’OpenAI, de son patron Sam Altman et de Microsoft, partenaire stratégique et premier investisseur historique de la start-up.
Au cœur du dossier : les 38 millions de dollars versés par Elon Musk lors de la création d’OpenAI et la transformation, en 2019, de l’organisation à but non lucratif originelle en une structure commerciale aujourd’hui valorisée à près de 850 milliards de dollars. Elon Musk accusait ses anciens partenaires d’avoir détourné la mission initiale de l’entreprise — développer une intelligence artificielle « bénéfique pour l’humanité » — afin de bâtir un géant lucratif de l’IA.
Mais les jurés n’ont jamais eu à se prononcer sur le fond du conflit. Ils ont estimé que la plainte, déposée en 2024, intervenait au-delà des délais légaux. La juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a immédiatement validé leur conclusion, déclarant que la cour « confirme qu’elle accepte les conclusions du jury comme siennes ».
Pour Marc Toberoff, avocat du patron de xAI et de SpaceX, « ce n’est pas fini ». Le camp Musk a annoncé son intention de faire appel. Mais la magistrate a déjà laissé entendre qu’une contestation aurait peu de chances d’aboutir : « Il existe des éléments de preuve substantiels qui étayent la décision du jury, raison pour laquelle j’étais prête à prononcer un non-lieu immédiat ».
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Chez OpenAI, le soulagement est manifeste. L’avocat de l’entreprise, William Savitt, a dénoncé « une tentative hypocrite de saboter un concurrent et d’effacer un long historique de prédictions très erronées sur ce qu’OpenAI était et deviendra ».
Le procès, ouvert le 28 avril, a donné lieu à un spectaculaire déballage des tensions internes ayant accompagné la naissance de l’industrie moderne de l’intelligence artificielle. Pendant douze jours d’audience, cinq milliardaires de la tech se sont succédé à la barre, parmi lesquels Sam Altman, le président d’OpenAI Greg Brockman, le patron de Microsoft Satya Nadella ou encore le chercheur Ilya Sutskever.
Elon Musk s’y est présenté comme un « bienfaiteur trahi », affirmant vouloir empêcher qu’une technologie potentiellement dangereuse ne tombe « entre les mains de gens cupides ». Sam Altman a au contraire décrit son ancien allié comme obsédé par le « contrôle absolu » et déterminé à gagner la course à l’IA face à Google DeepMind.
Au-delà du duel personnel, l’enjeu économique était colossal. Une victoire judiciaire de Musk aurait pu remettre en cause la structure même d’OpenAI, l’obligeant potentiellement à renoncer à ses investisseurs privés et à son projet d’introduction en Bourse. Le groupe est désormais engagé dans une compétition féroce avec Anthropic, Google et xAI.
Pour l’analyste Dan Ives, cette décision constitue une « importante victoire » qui « ouvre la voie à une introduction en Bourse en écartant cette épée de Damoclès judiciaire ». Selon plusieurs observateurs du secteur, OpenAI pourrait viser une valorisation proche de 1.000 milliards de dollars lors d’une future cotation.
L’entreprise, dont ChatGPT revendique désormais plus de 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires, a récemment renforcé sa mutation capitalistique. L’automne dernier, OpenAI s’est restructurée en société d’intérêt public, tout en maintenant sa fondation originelle comme actionnaire important, avec environ 26 % du capital.
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