Legrand investit en Chine et au Royaume-Uni pour accélérer dans les centres de données
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Legrand mise beaucoup sur le marché des centres de données.
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Legrand mise beaucoup sur le marché des centres de données.
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Legrand ne se contente plus d'équiper les bâtiments de bureaux en prises électriques et en interrupteurs : le groupe déploie une stratégie d'acquisitions répétées dans le même métier, dites « bolt-on », pour devenir le fournisseur global des centres de données. L'annonce simultanée du rachat de Keydak en Chine et de TES au Royaume-Uni illustre cette volonté de couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur.
Keydak, acteur majeur basé à Guangzhou, apporte une expertise reconnue dans la fabrication de racks informatiques. Avec plus de 330 employés et un chiffre d'affaires dépassant 60 millions d'euros, cette cible permet à Legrand de s'imposer sur le premier marché asiatique. L'enjeu est de fournir l'enveloppe physique — le rack — qui accueille les puces de calcul haute performance, de plus en plus denses et gourmandes en espace.
Outre-Manche, l'acquisition de TES répond à un besoin critique : la gestion de l'énergie. Établie à Cookstown, l'entreprise réalise près de 85 millions d'euros de chiffre d'affaires. Plus de la moitié de son activité sert directement les centres de données via des systèmes complexes de distribution de puissance.
Dans un secteur où la moindre coupure électrique coûte des millions d'euros, les solutions d'alimentation critique de TES sécurisent les infrastructures. Cette brique technologique est indispensable pour répondre aux exigences des « hyperscalers » (type Google, Amazon ou Microsoft) qui multiplient les projets de centres de calcul en Europe.
Cette expansion repose sur un socle financier solide. En 2025, Legrand a franchi un cap historique avec un chiffre d'affaires de 9,48 milliards d'euros, en progression de 9,6 %. La rentabilité suit cette courbe ascendante avec un Ebitda de 2,21 milliards d'euros, soit une marge de 23,4 %.
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Le groupe affiche un résultat net de 1,24 milliard d'euros et une génération de cash-flow libre de 1,33 milliard d'euros. Cette santé financière permet de financer ces acquisitions sans dégrader le bilan, malgré une dette nette de 4,22 milliards d'euros. Les actionnaires récoltent les fruits de cette stratégie avec un dividende proposé à 2,38 euros par action.
L'intégration de ces quatre nouvelles entités en 2026 modifie la structure même des revenus. Si le bâtiment traditionnel souffre des taux d'intérêt élevés, le segment numérique compense largement cette érosion. Le groupe de Limoges transforme son modèle pour atteindre ses objectifs à l'horizon 2030, misant sur une infrastructure de plus en plus intelligente et connectée.
L'expertise de terrain de Legrand, qui combine désormais refroidissement, distribution d'énergie et structure physique, le place en concurrent direct des géants comme Schneider Electric ou Eaton. La capacité à intégrer ces cultures d'entreprises locales sera déterminante pour maintenir le rythme de croissance organique, qui complétait déjà la croissance externe à hauteur de 7 % en 2025.
Le marché scrutera les premiers effets de ces intégrations lors de la publication des résultats du premier trimestre 2026, prévue le 7 mai. L'assemblée générale des actionnaires se tiendra le 27 mai pour valider la stratégie et le versement du dividende. Enfin, le point d'étape du 29 juillet sur les résultats semestriels permettra de mesurer la montée en puissance de la nouvelle division Datacenters élargie.
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