Mails internes, SMS, journal intime, témoignages filmés… Depuis deux semaines, le procès opposant Elon Musk à OpenAI dévoile les coulisses d'une entreprise baignant dans « une culture du mensonge » selon certains témoins. Et, ajoutons, un sens aigu du drame. Alors que le procès entame sa troisième semaine au tribunal d'Oakland, retour sur les principaux éléments déjà révélés à l’audience.
Pour le moment, aucun camp ne semble avoir pleinement l’avantage. Au fil des audiences du procès opposant les dirigeants d’OpenAI et Elon Musk, les preuves montrent bien qu’OpenAI envisageait depuis longtemps de devenir une entreprise à but lucratif. Et c’est justement ce qu’entendent démontrer les avocats d’Elon Musk.
Pour rappel, Elon Musk accuse ses anciens associés d’avoir trahi la promesse initiale d’OpenAI : créer une intelligence artificielle générale au bénéfice de l’humanité, et donc d’avoir amassé des gains financiers de manière illégitime. Mais la victoire d’Elon Musk, qui estime avoir été floué par ses anciens associés, est loin d’être acquise.
Les témoignages et documents présentés montrent aussi qu’il connaissait parfaitement la direction prise par l’entreprise, et qu’il a lui-même envisagé des structures similaires ou tenté de rapatrier certains talents chez Tesla.
La culture d'OpenAI pointée du doigt
Il n’a pas encore témoigné, mais le portrait de Sam Altman s’est déjà dessiné au fil des audiences. Notamment avec les les dépositions filmées et diffusées devant le public ces mercredi 6 et ce jeudi 7 mai de trois ex-dirigeantes et membres du conseil d’administration, rapporte Libération : Mira Murati, ex-directrice technique, Helen Toner et Tasha McCauley, ex-membres du conseil d’administration, et ont décrit un dirigeant manipulateur, peu transparent et à l’origine d’un climat interne chaotique.
L’ancienne directrice technique Mira Murati a expliqué s’être sentie « dénigrée » par Sam Altman. Dans un texte adressé au conseil d’administration et présenté au tribunal, elle évoque une ambiance de « chaos et d’agitation », dont elle attribue en partie la responsabilité au patron d’OpenAI.
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Durant son témoignage, elle a également affirmé que le dirigeant disait parfois des choses contradictoires à différentes personnes. Pourtant, après l’éviction éclair de Sam Altman et son retour en fanfare en novembre 2023, Mira Murati a finalement soutenu le dirigeant. L'ex-directrice technique a même joué les intermédiaires entre le conseil d’administration, qui souhaitait son départ définitif, Satya Nadella et Sam Altman. Selon les SMS échangés tout au long de cet épisode, Sam Altman lui écrivait frénétiquement pour tenter de reprendre le contrôle de l’entreprise.