Poumon économique local comme national, Roissy prépare son évolution pour les 25 prochaines années. Conscient d’inscrire l’aéroport dans son territoire, le Groupe ADP sort d’un exercice d’équilibriste pour renforcer l’acceptation de son projet.Trois mois après la fin de son grand exercice de concertation, le Groupe ADP vient de livrer les principaux enseignements pour le futur de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle.
Et après avoir rencontré plus de 17 000 personnes et collecté plus de 30 000 avis, soit une participation « largement supérieure aux attentes », le bilan est clair pour Justine Coutard, directrice générale déléguée, en charge de l'aménagement, de l'environnement et des parties prenantes, et Régis Lacote, directeur général adjoint, en charge des opérations et de l'innovation et directeur de Paris-CDG.
« Il y a deux attentes majeures. C'est bien sûr le sujet du bruit, auquel nous nous attendions parce que cela était déjà ressorti comme un sujet de préoccupation absolument central dans la concertation pour l’avenir d'Orly », explique la numéro deux du groupe qui poursuit : « L'autre attente majeure est celle de l'emploi. C'est, là aussi, un sujet absolument central notamment pour les élus et pour le tissu socio-économique local, notamment dans les communes touchées par le bruit ».
Renforcer le bonus-malus
Sur le bruit, Justine Coutard affirme ainsi avoir pris trois engagements pour contenter les demandes des riverains et des collectivités. Il s’agit tout d’abord d'amplifier le mécanisme de modulation des redevances aéroportuaires en fonction des impacts acoustiques et environnementaux.
« Nous avons déjà un mécanisme de bonus-malus, qui fait que les avions d'ancienne génération, les plus bruyants, payent globalement deux fois plus cher leur redevance d'atterrissage deux fois et demie plus cher que des avions de dernière génération, qui sont les plus performants sur le plan acoustique. Nous souhaitons aller encore un cran plus loin et cela fait partie des propositions qu'on souhaite soumettre dans le contrat de régulation économique (CRE) que nous allons bientôt déposer », détaille encore Justine Coutard.
La directrice générale déléguée assure que d’autres modulations environnementales sont à l’étude, notamment en partenariat avec la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Elle mentionne ensuite « un coup d'accélérateur aux mesures de réduction de bruit de la navigation aérienne », qui passerait par la publication d’un baromètre annuel de suivi en lien avec la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA). Cela doit « donner plus de transparence » sur les actions et les résultats obtenus en la matière.