Des mega-prises de 15 kilos : la course à l’électrification est lancée sur le port du Havre
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Le terminal croisières, de loin le plus énergivore, sera entièrement équipé fin 2026.
Samuel SALAMAGNON
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Le terminal croisières, de loin le plus énergivore, sera entièrement équipé fin 2026.
Samuel SALAMAGNON
Le Green Deal européen l’impose. D’ici au 1er janvier 2030, tous les grands ports de l’UE devront être dotés de branchements électriques suffisamment puissants pour permettre aux paquebots de croisières, ferries et autres porte-conteneurs de couper leurs moteurs diesel pendant les escales. Une gageure pour un objectif : mettre un coup d’arrêt aux émissions polluantes (suies, particules fines, CO2…) dont se plaignent ceux qui vivent aux abords des quais. Et au passage alléger (un peu) l’empreinte carbone du transport maritime qui peine à se sevrer des carburants fossiles.
Mais à quatre ans de l’échéance, les ports restent loin du compte. Selon un rapport publié en juillet par l’ONG Transport & Environnement, seuls quatre ports européens « ont installé ou signé plus de la moitié de l’infrastructure requise » en tête desquels Rotterdam.
Premier français dans la liste, Le Havre n’a raccordé que deux points de branchement sur les 17 dont il doit s’acquitter. Il faut dire que le chantier engagé ici depuis 2018 est aussi coûteux que complexe. Qu’on en juge.
Pour desservir le seul terminal des navires de croisières, le premier auquel se sont attaquées les autorités portuaires, Enedis a dû construire un nouveau poste source puis creuser un tunnel de trois kilomètres. À l’intérieur, circulent trois câbles à haute tension de 20.000 volts chacun. De quoi satisfaire les énormes besoins de ces cités flottantes dont les piscines, restaurants, jacuzzis et autres casinos continuent de fonctionner à quai. « Nous devons pouvoir alimenter trois paquebots simultanément, ce qui équivaut à alimenter une ville de 20.000 habitants à partir d’un seul point de raccordement », illustre Pascal Dupont, délégué territorial d’Enedis.
À ces artères souterraines XXL, s’ajoutent d’autres installations. À leur débouché sur le terminal, un transformateur et un bâtiment de 1 200 m2 renfermant des convertisseurs sont sortis de terre. Là encore, un prérequis nécessaire au verdissement des escales, comme le rappelle Hervé Geraud, chef de projet raccordement au sein d’Haropa. « Le réseau public délivre une puissance de 20.000 volts à une tension de 50 hertz alors que les navires ont le plus souvent besoin de 6.600 volts et de 60 hertz. D’où ces importants travaux de génie civil ».
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