Les aéroports européens et les compagnies aériennes alertent sur le risque, cet été, de délais d’attente de plusieurs heures au niveau des contrôles aux frontières. En cause, le nouveau système d’entrée-sortie, déployé aux frontières extérieures de 29 pays européens. Entre manque de personnel et ratés techniques, il promet de générer de belles pagailles.Bouchons en vue dans les aéroports européens cet été au niveau des postes-frontières ! Durant les mois de juillet et août, au plus fort de l’activité aérienne, des files d’attente de 4 h, voire plus, sont à prévoir, contre une trentaine de minutes en temps normal. Une situation inquiétante qui a poussé les acteurs du transport aérien à sonner le tocsin, mercredi 11 février, par les voix de l'IATA (association du transport aérien international), d'ACI Europe (association des aéroports européens) et d'A4E (association des compagnies aériennes de l’UE). L’objet de leur inquiétude tient en trois lettres : EES, pour système d'entrée-sortie.
Issu d’un règlement européen de 2017, l’EES vise à mieux contrôler les frontières extérieures de l’espace Schengen. En clair, à réduire l’immigration illégale, la fraude d’identité, le terrorisme et le crime organisé. Il consiste en un système informatique automatisé chargé de collecter les données des voyageurs n’ayant la nationalité d’aucun pays de l’Union européenne, et ce pour un court séjour (de 90 jours sur toute période de 180 jours).
À Lisbonne, des files d'attente de 7 heures en janvier
Les acteurs européens du monde aérien se sont même fendus d’un courrier auprès de Magnus Brunner, le commissaire européen aux affaires intérieures. « Pour l’heure, la Commission européenne nous a répondu qu’il n'y avait pas vraiment de problème de temps d'attente aux frontières et que le système fonctionnait parfaitement », relève Olivier Jankovec, le directeur général d’ACI Europe, qui représente quelque 600 aéroports. Pour le dirigeant, pas de doute : il y a un gouffre entre la perception des autorités européennes et la réalité.
Car l’implémentation progressive du système EES génère bien des files d’attente de plus en plus longues au niveau des postes-frontières, comme l’attestent les remontées d’informations effectuées en ce début d’année. En janvier, l’aéroport de Lisbonne a même enregistré un temps d’attente de 7 heures, conduisant même à la suspension du système…