Passés du modèle Ryanair à celui d’EasyJet, les TGV Ouigo de la SNCF voient leurs tarifs s’envoler
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Les prix des billets des TGV Ouigo ont augmenté de 75 % entre 2017 et 2024.
La Tribune/L. Barnier
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Les prix des billets des TGV Ouigo ont augmenté de 75 % entre 2017 et 2024.
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De nouveau, la polémique ressurgit. Les prix des billets Ouigo, l’offre à bas prix de la SNCF, ont bondi de manière spectaculaire ces dernières années, au point de se rapprocher peu à peu de ceux des TGV InOui. Et de dénaturer une offre – née en 2013 – destinée au plus grand nombre. Cette fois encore, c’est la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) qui a tiré la sonnette d’alarme, vendredi 13 février, chiffres à l’appui. « Il s’agit d’un mauvais procès », lance un porte-parole de SNCF Voyageurs. Au-delà de la passe d’armes, la hausse des prix s’explique par un changement de modèle intervenu au sein des TGV Ouigo en cours de route.
Les chiffres ne sont pas contestés, dans la mesure où ils proviennent de l’Autorité de régulation des transports (ART) : le prix moyen des billets Ouigo a augmenté de 75 % entre 2017 et 2024, passant de 19,80 à 34,70 euros. Or sur cette même période, pour les InOui, il n’a augmenté que de 8 %, évoluant de 44,70 à 48,40 euros. « On constate que l’écart entre les deux offres se réduit alors que le service n’est pas du tout le même », souligne François Delétraz, le président de la Fnaut. Même constat sur la base du prix moyen au kilomètre : la hausse est de 71 % pour les Ouigo, toujours entre 2017 et 2024, mais seulement de 11 % pour les InOui.
« Il faut comprendre qu’il y a deux Ouigo différents », glisse-t-on au sein de l’ART. Et de glisser une analogie avec le transport aérien : alors que le Ouigo initial proposait une offre de type Ryanair, le modèle a évolué pour se rapprocher de celui d’EasyJet. Au moment du lancement de cette offre, les TGV partaient en effet de villes secondaires comme Marne-la-Vallée, Roissy et Massy, où les redevances sont moins élevées. Une stratégie qui a fait le succès de la compagnie aérienne irlandaise. Puis, ces TGV se sont peu à peu implantés dans le cœur des villes, comme à Paris, au niveau des gares de Lyon, de l’Est et de Montparnasse, mais aussi à Bordeaux, Lyon, Toulouse, Rennes ou bien encore Strasbourg. À l’image de la compagnie britannique.