Volkswagen en crise : la holding réclame une révolution stratégique radicale
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Au-delà des résultats financiers, Volkswagen doit composer avec un environnement international devenu nettement plus hostile.
TS - REUTERS - Thilo Schmuelgen
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Au-delà des résultats financiers, Volkswagen doit composer avec un environnement international devenu nettement plus hostile.
TS - REUTERS - Thilo Schmuelgen
La pression monte d’un cran au sommet de l’empire Volkswagen. Porsche SE, principal actionnaire du constructeur automobile allemand Volkswagen, appelle désormais explicitement à une refonte structurelle du modèle économique du groupe, dans un contexte de marges en baisse, de concurrence chinoise exacerbée et de lourds ajustements industriels.
Dans un communiqué publié mercredi, la holding exhorte le groupe automobile à revoir en profondeur sa stratégie. Son président du directoire, Hans Dieter Pœtsch, insiste sur la nécessité d’un changement radical : le modèle économique de Volkswagen « doit être profondément repensé pour s’adapter aux nouvelles conditions du marché ». Les mots sont cinglants.
Cette prise de position intervient alors que la situation financière de Porsche SE elle-même se détériore sous l’effet de la dépréciation de sa participation dans Volkswagen. La holding affiche un bénéfice après impôts ajusté de 382 millions d’euros au premier trimestre, en recul de 21 % sur un an. Surtout, son résultat net plonge dans le rouge à hauteur de 923 millions d’euros, pénalisé par une dépréciation hors trésorerie de 1,3 milliard d’euros liée à sa participation dans le constructeur.
Cette mise en garde de Porsche SE s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour Volkswagen. Fin avril, le groupe de Wolfsburg reconnaissait lui-même l’ampleur des difficultés. Son président du directoire, Oliver Blume, dressait un constat sans détour : « Nous devons être lucides : notre modèle économique actuel et l’évolution de l’environnement ne génèrent pas de rendements suffisants ».
Le groupe, qui a vu son résultat après impôts reculer à 1,56 milliard d’euros au premier trimestre, contre 1,76 milliard attendu par les analystes, fait face à une double pression : la contraction de ses marges et la nécessité d’accélérer une restructuration déjà engagée. Dans ce cadre, la direction a confirmé une politique de réduction des coûts drastique, après une chute de 14,3 % de son bénéfice opérationnel et une marge tombée à 3,3 %, jugée « beaucoup trop bas » par la direction financière. Mais pour Arno Antlitz, directeur financier du groupe, le rythme actuel ne suffit pas : « les réductions de coûts planifiées à ce jour sont insuffisantes ».
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Au-delà des résultats financiers, Volkswagen doit composer avec un environnement international devenu nettement plus hostile. En Chine, premier marché stratégique du groupe, les livraisons ont reculé de 14,8 % sur un an, tandis que les ventes de véhicules électriques se sont effondrées de 63,8 %, sous l’effet de la fin des subventions et de la montée en puissance des constructeurs locaux. Ces derniers, comme BYD ou Xpeng, gagnent des parts de marché en proposant des véhicules technologiquement avancés à des prix plus agressifs.
Une concurrence qui s’exporte désormais en Europe, où ces acteurs « construisant des sites efficaces en Europe de l’Est et du Sud », selon Arno Antlitz, commencent à challenger directement les constructeurs allemands sur leur propre terrain. Aux États-Unis, autre marché clé, les livraisons ont chuté de plus de 20 %, pénalisées notamment par les droits de douane.
Face à ces tensions, Volkswagen a déjà engagé des mesures d’ajustement de grande ampleur : suppression de 50.000 postes en Allemagne, réduction de la capacité de production mondiale à environ neuf millions d’unités par an, et rationalisation des coûts à hauteur d’un milliard d’euros sur le seul premier trimestre.
Mais les défis ne se limitent pas à la concurrence. Le groupe souligne également l’impact de facteurs géopolitiques. La guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les routes commerciales, « fait grimper le coût des matières premières et des biens », avec un impact estimé par la direction à « 20 à 30 millions d’euros par mois » sur les coûts de transport.
Malgré ces vents contraires, Volkswagen maintient ses objectifs pour 2026, avec une marge opérationnelle attendue entre 4 % et 5,5 %. Mais ces prévisions reposent sur des hypothèses de stabilité des droits de douane et ne prennent pas en compte une éventuelle aggravation des tensions géopolitiques. Dans ce contexte, la sortie de Porsche SE agit comme un signal politique et financier fort. En tant qu’actionnaire de contrôle, la holding ne se contente plus d’accompagner la restructuration : elle en conteste désormais le rythme et l’ampleur.
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