Contrôle technique : la vérification des airbags Takata devient un motif de contre-visite obligatoire au 1er janvier
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18 des 20 morts et 24 des 25 blessés sont à déplorer en Outre-mer.
TORU HANAI
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18 des 20 morts et 24 des 25 blessés sont à déplorer en Outre-mer.
TORU HANAI
L’État français change de braquet face au scandale mondial des airbags Takata. Le ministère des Transports a officialisé une nouvelle procédure qui transformera le contrôle technique en un levier coercitif pour forcer les propriétaires à effectuer les réparations nécessaires.
À partir du 1er janvier, tout véhicule se présentant à l’examen périodique sera systématiquement vérifié pour déterminer s’il est équipé d’un airbag Takata figurant sur la liste noire, dite « stop drive ». Si tel est le cas, le véhicule sera mis en contre-visite.
Le ministère justifie cette fermeté par l’enjeu sécuritaire. Un airbag « stop drive » représente un « danger potentiellement mortel ». La conséquence est immédiate : le véhicule se voit interdire la circulation tant que la réparation n’a pas été effectuée par un garagiste agréé de la marque. Cette disposition s’aligne sur les défauts les plus graves qui nécessitent déjà une contre-visite, comme une défaillance du système de freinage ou l’absence de rétroviseurs.
Le dispositif cible spécifiquement le 1,3 million de véhicules encore en circulation qui font l’objet d’une mesure de rappel « stop drive » et qui n’ont pas été pris en charge.
Le cœur du problème réside dans une défaillance de conception de l’équipementier japonais Takata, aujourd’hui en faillite. L’entreprise est au centre d’un scandale international qui dure depuis plus d’une décennie.
Les airbags défectueux utilisent un gaz propulseur, le nitrate d’ammonium. Avec le temps, et de manière critique dans des environnements chauds et humides, ce composé se dégrade. En cas de choc, au lieu de se déployer normalement, le dispositif peut provoquer une explosion. Ces éclatements ont entraîné des blessures graves, voire mortelles, projetant des fragments métalliques dans l’habitacle.
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Le bilan en France est lourd. Quarante-six accidents sont attribués à des éclatements d’airbags Takata défectueux sur le territoire national. Ces accidents ont causé 20 morts et 25 blessés.
L’analyse des chiffres révèle une concentration dramatique des victimes dans les territoires d’outre-mer. Sur les 46 accidents recensés, 42 se sont produits dans les collectivités et départements d’outre-mer. De même, la quasi-totalité des décès et blessures sont localisés dans ces zones, confirmant l’impact du climat chaud et humide sur la dégradation du nitrate d’ammonium. Les données sont éloquentes : 18 des 20 morts et 24 des 25 blessés sont à déplorer en Outre-mer.
Pour anticiper et désengorger les centres de contrôle technique, le ministère des Transports enjoint les propriétaires à agir sans délai. Les conducteurs sont invités à vérifier « dès maintenant » sur le site du ministère si leur véhicule est soumis à un rappel d’airbag Takata en « stop drive », sans attendre la date de leur prochain contrôle technique.
L’objectif de cette nouvelle procédure est d’offrir aux conducteurs « une sécurité supplémentaire » en garantissant qu’ils sont « bien informés » de l’urgence de la situation.
(Avec AFP)
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