Automobile : le naufrage à 70 milliards de dollars du tout-électrique
latribune.fr
Les constructeurs automobiles traditionnels ont du mal à suivre le rythme des nouveaux entrants, notamment chinois, et ont revu à la baisse leurs objectifs d'électrification en Europe et surtout aux États-Unis.
L'industrie automobile mondiale acte l'échec financier de sa transition forcée avec 70 milliards de dollars de dépréciations en 2025. Entre l'hostilité du marché américain sous l'ère Trump et l'offensive tarifaire chinoise, les géants du secteur sacrifient leurs ambitions 100% électriques pour financer un retour massif à l'hybride.
Les informations à retenir
Quelles sont les causes des 70 milliards de dollars de pertes des constructeurs automobiles dans l'électrique ?
En 2025, les constructeurs mondiaux ont enregistré 70 milliards de dollars de dépréciations suite au gel de leurs programmes électriques.
Ce pivot est causé par le ralentissement du marché américain et la concurrence chinoise, forçant un retour vers l'hybride et le thermique.
Les pertes majeures concernent Ford (19,5 milliards de dollars), Stellantis (6,5 milliards d'euros engagés), Honda (13,6 milliards d'euros) et General Motors (6 milliards de dollars).
En 2025, les principaux constructeurs ont enregistré plus de 70 milliards de dollars (60,7 milliards d'euros) de dépréciations d'actifs. Ce chiffre illustre l'échec des prévisions de croissance sur le segment du véhicule électrique (VE). Les groupes font face à un marché américain atone et à une guerre des prix dévastatrice sur le territoire chinois.
Ce virage à 180° est impulsé par une réalité géopolitique nouvelle. Sous la présidence de Donald Trump, la transition vers l'électrique a perdu son élan politique et incitatif aux États-Unis. Les constructeurs traditionnels peinent à maintenir leurs marges face aux nouveaux entrants chinois, qui dominent la structure des coûts. Cette pression contraint les acteurs historiques à réviser leurs objectifs de vente et à solder les investissements passés.
Le mouvement de dépréciation touche l'ensemble des plaques géographiques, du Japon à l'Europe en passant par Détroit.
Honda : l'effondrement des prévisions nippones
Le 12 mars, le deuxième constructeur japonais a rejoint la liste des groupes en difficulté. Honda anticipe un coût de 2 500 milliards de yens (13,63 milliards d'euros) sur les prochaines années pour restructurer son activité. Le groupe abandonne le développement de plusieurs modèles électriques prévus. Pour l'exercice se terminant fin mars, Honda prévoit désormais une perte de 570 milliards de yens, contre un bénéfice initialement espéré de 550 milliards. Toshihiro Mibe, Directeur Général, confirme que la priorité sera désormais donnée aux motorisations hybrides.
Le groupe dirigé par Carlos Tavares a enregistré le 6 février une dépréciation massive, la plus importante du secteur à ce jour. Stellantis justifie cette décision par une réorganisation complète de sa gamme pour répondre à la demande réelle des consommateurs et aux nouvelles réglementations sur les émissions aux États-Unis. Ce mouvement comptable inclut des paiements de 6,5 milliards d'euros étalés sur les quatre prochaines années pour honorer la fin de certains contrats industriels.
L'américain Ford a tranché dès décembre dernier en annonçant une dépréciation de 19,5 milliards de dollars. Plusieurs modèles électriques sont purement et simplement supprimés du catalogue. La stratégie se recentre sur les modèles à essence et les solutions hybrides, jugées plus rentables à court terme par les investisseurs.
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General Motors : la liquidation des investissements
Le premier constructeur américain a déprécié 6 milliards de dollars en janvier pour liquider ses investissements dans le VE. Ce montant inclut 4,2 milliards de dollars liés à des annulations de contrats et à des règlements avec des fournisseurs. GM reconnaît un marché "beaucoup plus lent que prévu" et adapte sa production pour préserver sa rentabilité immédiate.
Volkswagen / Porsche : le sacrifice de la transition
En Europe, le groupe Volkswagen n'est pas épargné. Il a subi une perte de 5,1 milliards d'euros en septembre dernier, liée à la refonte de la gamme de sa filiale Porsche. Cette dernière a retardé le lancement de plusieurs modèles électriques au profit des hybrides et des moteurs à combustion, incluant une charge de dépréciation d'environ 3,5 milliards de dollars.