Ottawa réduit l’allègement des droits de douane accordé à General Motors et Stellantis après leurs décisions jugées « inacceptables » de réduire leur présence manufacturière. Cette réplique ferme du Canada a immédiatement déclenché une escalade spectaculaire.Le gouvernement canadien a choisi la fermeté pour adresser un signal fort aux géants de l’automobile. Jeudi, le ministère des Finances a officialisé une réduction ciblée de l’accès à son marché pour les véhicules importés de Stellantis et General Motors (GM), invoquant une rupture des « obligations légales » des constructeurs envers le Canada.
La sanction frappe directement au portefeuille : la part annuelle du contingent admissible à l’allègement des droits de douane est amputée de 24,2 % pour GM et de 50 % pour Stellantis. Cette sévérité est une réponse directe aux récents mouvements de relocalisation qui ont mis en péril des emplois dans un secteur névralgique. Le Canada, qui a produit environ 1,3 million de véhicules légers l’an dernier (dont 1,1 million exporté vers les États-Unis), emploie 125 000 personnes dans l’automobile, principalement concentrées en Ontario.
Stellantis et GM pris en défaut sur leurs engagements
L’exécutif canadien, par la voix du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, et de la ministre de l’Industrie, Melanie Joly, a rappelé les « milliards de dollars de fonds publics » que les deux entreprises ont reçus sur les dernières décennies. La contrepartie exigée – le maintien de la production locale et des investissements planifiés – n’est manifestement plus honorée, justifiant une action catégorique.
Les faits sont précis. La semaine dernière, Stellantis a annoncé le transfert de la production du Jeep Compass de l’Ontario vers l’Illinois. Simultanément, la direction canadienne est critiquée pour l’annulation de plans à l’usine d’assemblage de Brampton. GM n’est pas en reste, ayant mis fin à la production des fourgonnettes électriques BrightDrop en Ontario, une décision justifiée par une « demande jugée insuffisante ». Le gouvernement dénonce également la réduction de la production de GM à ses installations d’Oshawa et d’Ingersoll.