François Provost, nouveau directeur général de Renault, vise des objectifs prudents en termes de marge, de flux de trésorerie et de volumes avec son plan stratégique présenté ce mardi. Il envisage une forte réduction des coûts, pour mettre fin à la fatalité historique des plans jamais réalisés depuis Carlos Ghosn.Après Renault Contrat 2009, Drive the Change (2011-2016) ou Drive the Future (2017-2022) de Carlos Ghosn, le plan Renaulution (2021-2025) de Luca De Meo, voici le FutuREady de François Provost. Le directeur général de Renault depuis le 30 juillet 2025 l’a présenté ce mardi avec tout son état-major au Technocentre de Guyancourt (Yvelines). Avec une constante intangible au fil de tous ces plans : la promesse forte de lendemains qui chantent. À la clé : hausse des marges, croissance soutenue, internationalisation accélérée hors d’Europe et réduction draconienne des coûts. Dans l’histoire de Renault pourtant, aucun plan jusqu’ici n’a vu ses engagements respectés. Avec souvent des écarts très sensibles entre les objectifs et la réalité.
Dans ce nouveau plan quinquennal, le constructeur au losange vise ainsi désormais une marge opérationnelle entre 5 % et 7 % du chiffre d'affaires sur la période. Le hic, c’est que le plan précédent Renaulution prévoyait… 8 % de marge en 2025. Or, le groupe français n’a affiché l’an dernier qu’une marge, certes honorable vu la conjoncture, de 6,3 %, en net retrait donc par rapport aux prévisions. La marge des seules activités auto atteignait 4,2 % à peine. Pis : Renaulution tablait carrément sur plus de 10 % à horizon 2030… Trois points au-dessus de ce que vise au mieux FutuREady. François Provost préfère jouer la prudence. Mais Renaulution n’est pas le seul à avoir échoué dans ses engagements. L’ex-PDG Carlos Ghosn envisageait pour sa part dans le plan Drive the Future plus de 7 % de marge en… 2022. Or, ce fut seulement 5,6 % dans la réalité. François Provost reconnait que Renault a toujours « réalisé des marges en dents de scie »…
Fatalité des volumes jamais atteints
Le nouveau dirigeant opérationnel de Renault compte désormais tout aussi prudemment sur un flux de trésorerie des activités automobiles supérieur ou égal à 1,5 milliard d'euros par an en moyenne. Comme l’an passé. Et ce, alors que Renaulution tablait carrément sur un flux supérieur à 2 milliards d’euros par an en moyenne sur 2023-2025. Luca De Meo envisageait même plus de 3 milliards d’euros par an en 2026-2030. Deux fois plus que ce qu’estime dorénavant FutuReady. Comme quoi les prévisions… Drive the Change tablait aussi en son temps sur un flux égal ou supérieur à 2 milliards.