Plombé par l'annulation coûteuse de trois véhicules électriques aux États-Unis, Honda enregistre sa première perte d'exploitation depuis sa cotation en 1957. Le groupe prévoit néanmoins un retour aux bénéfices dès cette année.Le constructeur automobile japonais Honda a annoncé jeudi pour l'exercice 2025-2026 sa première perte d'exploitation en 70 ans comme société cotée, plombée par son annulation du lancement de plusieurs véhicules électriques aux États-Unis, un revirement très coûteux. Le groupe, deuxième plus gros constructeur nippon derrière Toyota, a fait état pour l'exercice décalé achevé fin mars d'une perte d'exploitation de 414,3 milliards de yens (2,24 milliards d'euros), sa toute première depuis sa cotation en Bourse en 1957. Sa perte nette, elle aussi historique, s'élève à 424 milliards de yens.
À l'origine de cette dégringolade dans le rouge, l'annulation du lancement de trois modèles de véhicules électriques dont la production était prévue aux États-Unis, conséquence d'un brusque désintérêt des consommateurs à la suite du revirement politique de Washington.
Plombé par l'électrique
L'administration Trump a en effet mis fin aux aides publiques en faveur des véhicules électriques, contraignant de nombreux constructeurs, de Ford à Stellantis, à réviser leurs stratégies au prix de lourdes dépréciations d'actifs. Honda a évalué à 1 578 milliards de yens (8,53 milliards d'euros) le total colossal des pertes liées aux véhicules électriques sur l'exercice. « Dans un contexte de changements significatifs de l'environnement commercial entourant les véhicules électriques, nous avons rapidement procédé à une réorganisation de nos activités dans ce domaine ainsi qu'aux investissements afférents », a reconnu Honda.
S'y ajoutent les surtaxes douanières imposées par les États-Unis aux voitures importées depuis le Japon (25 % entre avril et septembre 2025, droits plafonnés à 15 % depuis). « Inquiet de son retard dans l'électrique, Honda a adopté une stratégie offensive, s'engageant à commercialiser uniquement des véhicules électriques, à batterie ou pile à combustible à partir de 2040, et à mobiliser toute son énergie dans le développement, la production, l'approvisionnement en batteries », rappelle Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence.