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Honda prêt à fusionner avec Nissan si son patron démissionne

latribune.fr

Publié le 18 février 2025 à 08:50 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:45

Les relations entre Makoto Uchida, l'actuel directeur général de Nissan (à gauche), et son homologue chez Honda, Toshihiro Mibe, se sont détériorées ces dernières semaines, d'après le Financial Times.

Les relations entre Makoto Uchida, l'actuel directeur général de Nissan (à gauche), et son homologue chez Honda, Toshihiro Mibe, se sont détériorées ces dernières semaines, d'après le Financial Times.

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Honda est prêt à se remettre à la table des négociations avec Nissan dans le cadre de leur projet de fusion, mais seulement si le directeur général de ce dernier démissionne, a rapporté lundi le Financial Times. Le bras de fer entre les deux constructeurs japonais se poursuit.

Moins d'une semaine après avoir annoncé mettre un terme à son projet de mariage avec Nissan, Honda lui retend de nouveau la main. Mais sous condition. Le géant automobile japonais se dit disposé à relancer les négociations avec son homologue « s'il est dirigé par un patron en mesure de gérer l'opposition interne au projet de fusion », d'après un article paru lundi dans le Financial Times. Autrement dit : si Nissan change de boss.

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Nissan et Honda enterrent leur projet de mariage

L'actuel, Makoto Uchida, a pourtant été l'un des plus fervents défenseurs d'un accord entre les deux groupes. Mais ses relations avec le patron de Honda, Toshihiro Mibe, se sont détériorées au fil du temps. D'après le quotidien américain, « Honda [est] frustré par la rapidité de la restructuration de Nissan et la profondeur de ses problèmes financiers ». Et le géant nippon ne serait pas la seule voix à s'élever contre Makoto Uchida. Des membres du conseil d'administration de Nissan et le groupe Renault, qui détient 35 % du capital de Nissan, souhaitent aussi qu'il quitte ses fonctions dans les mois à venir, selon le Financial Times. Des discussions informelles auraient même été engagées à propos du calendrier potentiel de son départ.

Reste que le dirigeant, en poste depuis 2019, a fait savoir jeudi dernier qu'il souhaitait se retirer une fois que Nissan serait de retour sur la voie de la reprise. « Ma responsabilité est vraiment importante... démissionner sans aucune amélioration est irresponsable », a-t-il déclaré. Il a toutefois ajouté qu'il partirait plus tôt si on le lui demandait. Contacté par l'agence de presse Reuters, Nissan s'est refusé à tout commentaire. Honda a déclaré n'avoir effectué aucun communiqué en ce sens.

Nissan bondit en Bourse

Cette information du quotidien américain a en tout cas profité au titre de Nissan. Il a clôturé ce mardi à la Bourse de Tokyo en hausse de +3,65 %, à 439,5 yens, dans un marché en croissance de +0,51 %. Il avait même gagné jusqu'à +5,8 % plus tôt dans la journée. Mitsubishi Motors, autre constructeur nippon lui aussi associé initialement au projet de fusion, s'est envolé de son côté de +6,88 % en clôture.

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Les maux de tête de Renault face aux déboires de la fusion Honda-Nissan

La fusion entre Honda et Nissan, respectivement deuxième et troisième constructeurs japonais derrière Toyota, aurait donné naissance au quatrième plus grand groupe automobile mondial en termes de ventes. Les négociations, entamées en décembre, ont été officiellement arrêtées jeudi dernier quand les deux groupes l'ont annoncé dans un communiqué commun. Elles ont achoppé en raison de divergences accrues, notamment sur l'équilibre des pouvoirs. D'après des sources, le projet de Honda de faire de Nissan une filiale, au lieu de créer une société holding, a sonné l'échec de ces pourparlers.

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Toshihiro Mibe avait alors exprimé « [regretté] que cela se soit terminé de cette façon ». Et avait déjà laissé la porte entrouverte à un retour autour de la table des négociations. « Si des discussions sur des intégrations commerciales reprennent, nous n'exclurons pas complètement la possibilité de reprendre les discussions », avait indiqué son groupe. Car Honda reste attiré par les liens de capital de Nissan avec Mitsubishi Motors, pour sa technologie hybride rechargeable et sa forte présence en Asie du Sud-Est, d'après le Financial Times.

Un avenir en solo« compliqué »pour Nissan

Ce rapprochement était perçu comme providentiel pour Nissan, massivement endetté et dont la marge opérationnelle a fondu. Sous pression, il avait annoncé en novembre supprimer 9.000 postes dans le monde et réduire de 20 % ses capacités de production, pour réduire ses coûts et relancer ses ventes.

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Les options de Nissan en cas d'abandon de la fusion avec Honda

Sa situation est toujours fragile aujourd'hui. Il a dévoilé jeudi dernier une nouvelle perte trimestrielle inattendue, sur fond de plongeon de ses ventes en Chine. Et table désormais sur une perte nette de 80 milliards de yens (498 millions d'euros) sur l'exercice décalé 2024/2025 s'achevant fin mars. Les perspectives restent en outre maussades face à l'essoufflement du marché mondial. « Vu la performance de l'entreprise, il est compliqué de survivre seul » sans partenaire, a reconnu Makoto Uchida.

À lire également

  • Foxconn veut racheter la participation de Renault dans Nissan
  • Automobile : Mitsubishi Motors rejoint Nissan et Honda pour une grande alliance sur l'électrique

Le constructeur est d'ailleurs toujours en quête d'alliés alternatifs à Honda. Et, malgré ses difficultés, il attise les convoitises. Le géant taïwanais des semi-conducteurs Foxconn a ainsi indiqué être ouvert à un rachat de la participation de Renault dans Nissan, afin d'accélérer sa diversification dans l'automobile. Le feuilleton est loin d'être terminé.

(Avec agences)

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