Le constructeur chinois SAIC, propriétaire de MG, investira 200 millions d'euros dans sa première usine européenne en Espagne.
L’offensive industrielle chinoise dans l’automobile électrique franchit une nouvelle étape en Europe. Le constructeur chinois SAIC, propriétaire de la marque MG, a annoncé l’implantation de sa première usine européenne de véhicules électriques à La Corogne, en Galice, renforçant ainsi la présence croissante des groupes chinois sur le marché automobile du continent.
Le projet, dévoilé en début de semaine par les autorités régionales espagnoles, prévoit la construction d’un site industriel à partir de 2027. « Le plan est de commencer la construction (du site) en 2027 et d’avoir l’usine opérationnelle avant fin 2028 » avec « un objectif de production de 120.000 véhicules par an », a déclaré le président de la région de Galice, Alfonso Rueda.
Selon ce dernier, l’investissement représente un « coût initial de 200 millions d’euros » et doit permettre « la création de 2.300 emplois ». L’usine constituera un jalon stratégique pour le groupe basé à Shanghai, qui cherche à accélérer son développement commercial en Europe tout en limitant les contraintes logistiques et réglementaires liées aux importations depuis la Chine.
L’Europe attire les constructeurs chinois
L’annonce intervient dans un contexte de profonde recomposition du secteur automobile européen. Confrontés à une concurrence chinoise de plus en plus agressive dans l’électrique, les constructeurs historiques peinent à défendre leurs positions tandis que les groupes asiatiques cherchent à s’implanter directement sur le continent.
Ces dernières semaines, plusieurs industriels chinois ont affiché leur volonté de produire en Europe afin de soutenir leur expansion commerciale. Le mouvement répond également aux tensions commerciales entre Bruxelles et Pékin et à la perspective de droits de douane renforcés sur les véhicules importés de Chine.
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La stratégie ne consiste plus seulement à exporter des voitures vers l’Europe mais à y fabriquer directement des modèles destinés aux consommateurs européens. Le 20 mai, Stellantis avait ainsi annoncé un protocole d’accord avec Dongfeng visant à distribuer des véhicules électriques de la marque chinoise en Europe et à en produire dans son usine de Rennes.
Face à des capacités industrielles largement sous-utilisées, certains constructeurs européens pourraient être tentés de suivre cette voie. Selon plusieurs analystes, les usines automobiles du continent affichent actuellement une surcapacité moyenne de production d’environ 50 %, conséquence du ralentissement des ventes et de la transition complexe vers l’électrique. Dans ce contexte, l’accueil de modèles chinois dans des sites existants apparaît comme une solution potentielle pour préserver l’activité industrielle et l’emploi.
L’Espagne, nouvelle porte d’entrée
L’Espagne apparaît comme l’un des grands bénéficiaires de cette réorientation stratégique. Le pays cumule plusieurs atouts aux yeux des investisseurs chinois : une croissance économique parmi les plus dynamiques d’Europe, un coût de l’énergie relativement compétitif grâce au développement massif des énergies renouvelables et un écosystème automobile déjà bien implanté.
Cette attractivité n’efface toutefois pas les déséquilibres commerciaux persistants entre Madrid et Pékin. Lors d’un déplacement en Chine à la mi-avril, le Premier ministre Pedro Sánchez avait appelé les autorités chinoises à corriger un déséquilibre commercial jugé « intenable » avec l’Union européenne, notamment « en s’ouvrant » davantage aux produits européens.
L’enjeu est loin d’être marginal. En 2025, l’Espagne a enregistré un déficit commercial de 42,3 milliards d’euros avec la Chine. L’arrivée de SAIC pourrait contribuer à renforcer les investissements productifs chinois dans le pays, même si elle ne résout pas à elle seule la question de l’équilibre des échanges.