Trouver un vélib à Paris tient quasiment de la mission impossible et la Métropole de Montpellier, qui se veut la petite reine du deux-roues, est aujourd’hui l’une des moins équipées en vélos en libre-service par habitant. Pourtant, les études l’affirment, le modèle est rentable à tous les niveaux. En Occitanie, de nouveaux acteurs entrent dans la course.Depuis deux décennies, la mise en place des vélos en libre-service (VLS) dans les métropoles a fortement contribué à l’expansion de la mobilité urbaine. Impacts positifs sur le climat (économie de 46 000 tonnes de CO2 par an en Europe, soit l’équivalent des émissions d’une ville de 4 300 habitants), la santé (bénéfices estimés à 40 millions d’euros en dépenses publiques), l’économie locale ou encore l’attractivité des territoires… Les VLS semblent cocher toutes les cases, y compris celle de la rentabilité.
Une récente étude réalisée par EY (commandée par Cycling Industries Europe et EIT Urban Mobility) évalue ainsi à 305 millions d’euros les bénéfices annuels générés chaque année en Europe, avec des prévisions à un milliard d’euros d’ici 2030, croissance portée par l’augmentation de la demande et de l’offre, l’électrification de la flotte et l’expansion géographique. Pour les collectivités, chaque euro investi génère un rendement annuel de 10 % qui pourrait atteindre les 75 % d’ici cinq ans, selon le rapport.
Chaotique à Paris
Pour autant, l’offre VLS, qui concerne 24 millions d’habitants, se retrouve souvent en sortie de piste, à l’image du pionnier en la matière, le Vélib’ parisien, lancé en 2007 avec une mise de départ de 800 millions d’euros sur quinze ans : vandalisme, batteries déchargées, freins défaillants… Difficile, voire impossible, pour les utilisateurs occasionnels ou abonnés (534 000) de trouver un cycle en état de rouler (20 000 vélos devraient être disponibles mais plus du tiers sont hors service). Les vidéos s’enchaînent sur les réseaux sociaux, montrant des stations vides ou des vélos cassés, 5 à 10 % de la flotte se retrouvant d’ailleurs dans le canal Saint-Martin. L’exploitant Smovengo a même engagé une vingtaine de maraudeurs pour retrouver les Vélib’ abandonnés.
« Vélib’ qui a démarré de manière assez chaotique, a de tout temps été attaqué, temporise Sébastien Davin, consultant mobilité cyclable. Mais il faut prendre en compte le fait qu’un service qui tourne raisonnablement enregistre en moyenne trois sorties quotidiennes par vélo alors que pour le Vélib’ c’est huit sorties, soit 160 000 trajets pour la flotte. C’est juste énorme. »