Les exportations, seul espoir de l'Irlande

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Enda Kenny, le premier ministre irlandais - Copyright Reuters
Enda Kenny, le premier ministre irlandais - Copyright Reuters (Crédits : REUTERS)
Le PIB irlandais a augmenté de 1,3% au premier trimestre. Mais si les exportations décollent (+20% sur un an), la demande intérieure s'écroule (-3,1%).

Les Irlandais ne sont pas près de faire une concession sur leur taux d'imposition sur les sociétés. Les chiffres de croissance du premier trimestre, publiés ce jeudi (voir ici le détail en version pdf en anglais) soulignent une nouvelle fois que le seul espoir de redressement du pays vient des exportations.

Le PIB irlandais au premier trimestre a augmenté de 1,3%. C'est un redressement après une baisse de 1,4% au quatrième trimestre. C'est aussi la troisième fois en cinq trimestre que la croissance est au rendez-vous, après des années 2008 et 2009 catastrophiques.

Mais ce fragile redressement cache une économie plus que jamais à deux vitesses. D'un côté, les exportations, qui viennent essentiellement des grandes multinationales basées en Irlande, ont fait un bond de 20% sur un an. De l'autre, la demande intérieure s'effondre de 3,1%. La consommation des ménages est en net recul de 2,9%.

La période concernée, le premier trimestre 2011, était particulièrement difficile pour les Irlandais. Le pays venait de signer le plan de secours du FMI et de l'Union Européenne, et venait de passer un quatrième plan d'austérité en deux ans. Une campagne électorale était en cours, qui a mené à la défaite très brutale du gouvernement au pouvoir. Les dépenses du gouvernement étaient donc en baisse de 1,9% au premier trimestre (par rapport au quatrième trimestre 2010), et les dépenses des ménages ont reculé du même niveau.

Face à cette économie duale, beaucoup d'économistes irlandais préfèrent utiliser le PNB, qui ne comprend pas la balance extérieure du pays. Cette mesure recule de 4,3% au premier trimestre, après quatre trimestre de progression. Cela suggère une demande intérieure et un moral du pays qui a chuté juste après le plan de secours du FMI.

Dans ces conditions, les demandes de l'Union Européenne, et particulièrement de Nicolas Sarkozy, de baisser l'impôt sur les sociétés n'ont presque aucune chance d'être suivies d'effet. Le taux de 12,5% est perçu en Irlande comme le meilleur espoir de relancer l'économie, en attirant de nouveaux investissements étrangers. Ces chiffres semblent leur donner raison.

 

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