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OpinionsEssais auto

Mercedes Classe C : Une allemande très agressive

Photo de Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 06 juin 2014 à 15:15

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Une nouvelle Mercedes, c'est un événement. Typée sportive, agressive, "high tech", elle risque de déconcerter les clients les plus traditionalistes. Elle se montre efficace, mais coûte très cher

Les Mercedes avec leur grande calandre carrée surmontée de l'emblématique étoile, c'est fini. La firme de Stuttgart a engagé une révolution stylistique complète. Avec ses lignes acérées, dynamiques, agressives, la dernière Classe C tranche avec ses devancières. Au point d'adopter de série le style jusqu'ici réservé aux versions AMG, les hyper-sportives de la gamme. Au diable la tradition ! Alors que BMW essaye de faire un peu oublier son image « méchante », Mercedes fait le chemin inverse. Drôle de chassé croisé.

Au cas où vous y tiendriez absolument, Mercedes vous offre toutefois la célèbre étoile sur le bout de la calandre… mais désormais en option à 500 euros. Ca, c'est très mesquin. Avec son profil de mini-limousine Classe S, l'esthétique de la C n'en est pas moins réussie, flatteuse avec son très long capot. Mais un peu « brutale ».

Intérieur  "high tech"

L'intérieur est à l'image de l'extérieur. On aime ou pas. En tous cas, le constructeur propose un cockpit enveloppant, qui en jette, très « high tech ». Là aussi, Mercedes veut faire oublier son passé traditionaliste pour séduire des clients moins âgés et ratisser large dans les pays émergents où les automobilistes aiment un brin de clinquant. Car la planche de bord ne passe nullement inaperçue, surtout avec son écran en surplomb, non intégré. La qualité des matériaux et des assemblages est bonne. Ca sent le solide, destiné à tenir dans le temps. Rassurant.

Mais les abondants placages en plastique noir brillant, dit « laqué », manquent de classe. On n'a pas apprécié non plus sur notre version d'essai le revêtement de sièges en tissu rêche très ordinaire combiné… à du skaï. Si, si, comme dans les années 70. Et, en plus c'est de série sur la ligne Executive à 5.100 euros de plus que la version de base ! Sur un taxi, ça passe. Mais, sinon, pour une voiture de ce prix, à plus de 43.000 euros, c'est difficilement acceptable.

En version de base, on a droit à un tissu peu valorisant, mais que, finalement, nous préférons. Pour du cuir, c'est… très cher. Car, contrairement à une BMW ou une Volvo, pour accéder à l'option cuir, il faut déjà prendre obligatoirement la ligne Executive et y ajouter 2.000 euros ! Soit 7.100 au bas mot pour accéder à une sellerie haut de gamme…

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Ergonomie complexe

Malgré de nombreux réglages, nous n'avons pas trouvé la position de conduite idoine, avec des sièges durs et des dossiers pas idéaux pour notre morphologie. L'accoudoir central non réglable est aussi mal placé. Et le petit levier de boîte automatique derrière la jante du volant n'est pas pratique. Enfin, l'accessibilité à l'arrière avec des portes très échancrées est moyenne, pour ne pas dire plus, et la garde au toit faible. Malgré les apparences, ce n'est pas une limousine. Le coffre, lui, est intéressant.

La nouvelle C se veut à la pointe de la modernité. Entendez par là qu'il faut entrer dans des menus et sous-menus. Les passionnés d'informatique et de téléphonie adoreront. Les autres non. La molette centrale sur la console est d'ailleurs à moitié cachée par un « pavé » qui double les fonctions de ladite molette. On se demande bien pourquoi. « Comme sur un Smartphone, il permet un pilotage très aisé et intuitif de l'ensemble des fonctions du système du bout des doigts », ça c'est ce que dit le dossier de presse. Ah ben, ce n'est pas notre avis!.D'autant que, si l'on pose le bras sur l'accoudoir, le poignet se place naturellement sur la souris, très sensible, et hop, on rentre sans le vouloir dans des sous-menus intempestifs.

Franchement, l'ergonomie hyper-compliquée, pas intuitive, nous a au contraire agacés. On préfère soit des boutons dédiés, un par fonction, soit carrément un écran tactile comme sur une Peugeot 308. Trouver la station « Radio Classique » sur 101,1 nous a pris un quart d'heure  ! Seule la climatisation, à laquelle on peut accéder par des touches à l'ancienne, est fonctionnelle. La Mercedes C offre une pléthore de choix et de personnalisations. Mais, malheureusement, la plupart s'annulent au démarrage. Même si vous le mettez hors service, le système de prévention des collisions (en série, hélas) se remet en route de lui-même. Ca aussi, c'est irritant. Clignotements quasi-permanents et bips-bips sécuritaires intempestifs émailleront vos parcours en ville ou sur voie rapide encombrée. Enervant.

Choix personnels annulés

Même chose pour le choix des positions sur la boîte auto. Si vous choisissez le mode « Sport » ou « Individual » - qui permet de moduler indépendamment la transmission et la dureté de la direction -, tout redémarrage vous remettra d'office en position « Confort » très lymphatique. Soit vous replongez alors dans les menus et sous-menus, soit vous actionnez une molette sur la console centrale, pas très précise et que l'on cherche en tâtonnant. Pas pratique BMW, Volkswagen, Peugeot, font tellement plus simple !

Le recyclage de l'air conditionné dans les embouteillages se déconnecte aussi sans que vous le vouliez au bout de quelques minutes. Et, si vous voulez annuler la fonction « Stop and start » (arrêt et redémarrage automatiques du moteur au feu rouge), celle-ci se remet également en marche autoritairement au bout d'un certain temps. Bref, il y a plein de choix mais on ne fait pas ce qu'on veut !

Ensemble mécanique efficace

Le moteur diesel de 170 chevaux, répondant aux déjà aux futures normes d'anti-pollution Euro 6, se montre performant et sobre, mais bruyant, surtout à froid. Combiné sur notre modèle de test à une boîte auto à sept rapports (2.350 euros de supplément), il distille des accélérations et relances appréciables en mode « Sport » ou mieux « Sport + ». Sauf au démarrage. L'ensemble se révèle en tous cas extrêmement sobre. Nous avons consommé 6,4 litres aux cents durant l'essai. Remarquable pour une telle voiture.

Le meilleur de la voiture reste son comportement routier, bien plus dynamique que par le passé. Le poids total du véhicule diminue il est vrai d'environ 100 kilos par rapport au modèle précédent… à équipement égal.. La voiture est très sûre, permettant des trajectoires fidèles. Mais elle reste un peu lourde du nez. Nous avons apprécié un rayon de braquage mesuré, qui permet de bien manœuvrer. Le bilan routier est de haut niveau, avec une motricité appréciable… sur le sec. Car, comme toute propulsion, celle-ci devient médiocre sur un bas-côté mouillé.

Conséquence d'un comportement routier efficace, les suspensions sont fermes. Sur route dégradée ou des pavés, ça chahute, trop à notre gré pour une voiture qui n'a rien de sportif. Les bruits de roulement et de suspension sont contenus sur un bitume normal, mais gênent sur des pavés disjoints. Exigeants ? Oui, sans doute. Mais à ce niveau de tarifs, on est forcément très regardants sur le moindre détail.

Prix élevé et options à gogo

Une Mercedes, c'est cher. Et celle-ci reste la plus onéreuse de sa catégorie. Et de loin. Même face à ses rivales BMW et Audi ! La gamme démarre à 33.950 euros (C 180). Pour une diesel, il faut compter 38.450 au minimum. La 220 CDi de 170 chevaux représente le bas de gamme diesel. En attendant un modèle à petit moteur Renault 1,6 de 115 chevaux prévu au programme. Si vous voulez des sièges avant à réglages partiellement électriques, des radars de parking une banquette arrière rabattable, un GPS, passez par la case Executive. Et votre facture se prend 5.100 euros de plus.

Pour l'affichage tête haute de la vitesse et la lecture des panneaux routiers - très fantaisiste -, le détecteur d'angle mort, un système multimédia avec écran haute définition, des phares intelligents, le toit ouvrant relevable électrique en verre et du cuir, c'est 12.400 euros avec la ligne Fascination. Et puis il y a les options comme du vrai bois (375 euros), l'alarme (500). Ah oui, une caméra de recul, c'est aussi 1.150 de plus !…

Cette Classe C a de grandes qualités. Elle est bien construite, sa mécanique se révèle plaisante et son comportement routier fait preuve d'une belle fidélité. Mais nous, qui attachons beaucoup d'importance au confort, à l'ergonomie, à la chaleur de l'accueil à bord, avons été un peu échaudés par quelques agacements dans la vie de tous les jours. Mais elle devrait connaître néanmoins un grand succès commercial comme sa devancière. Depuis son lancement commercial en 2007, le modèle précédent s'est écoulé à plus de 2,4 millions d'exemplaires. Pas mal.

Prix du modèle d'essai : Mercedes C 220 CDi Executive : 43.550 euros

Puissance du moteur : 170 chevaux (diesel)

Dimensions : 4,69 mètres (long) x 1,81 (large)

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Qualités : carrosserie flatteuse de mini-Classe S, finition solide, mécanique globalement plaisante et très sobre, comportement routier efficace (sur le sec), bonne manoeuvrabilité

Défauts : ergonomie compliquée et agaçante, bips-bips intempestifs, sièges et suspensions raides, habitabilité juste, tissu de sièges médiocre, options mesquines

Concurrentes : Peugeot 508 Blue HDi 180 Allure : 36.300 euros ; BMW 3.20d Lounge : 36.700 euros ; Audi A4 TDI 190 Ambiente : 37.210 euros

Note : 14 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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