Thomas Dubouchet, "NanoThinking" pour voir grand

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Le « bling bling », ce n'est pas son truc. Thomas Dubouchet, le président de l'agence de conseil en nanotechnologies NanoThinking, arrive à ses rendez-vous à vélo, et parfois en jeans. À 28 ans, cet adepte de l'authenticité et de la simplicité s'étonne de capter l'attention médiatique. Pourtant, c'est bel et bien pour donner de la visibilité à son activité qu'il a publié un planisphère des start-up spécialisées dans les nanotechnologies.
Dès sa mise en ligne sur le site de l'agence, la première version de la carte, baptisée NanoTechMap, qui présentait uniquement l'écosystème des nanotechnologies en France, est repérée par la presse et les industriels. Et pour cause : ces nouvelles technologies de pointe permettent de produire à moindre coût des objets tout aussi performants, avec moins de matériaux, et de concevoir de nouveaux produits, par exemple, des traitements médicaux.
Il s'accroche à son projet et décide même de l'étendre à l'échelle planétaire. Car pour rebondir face aux difficultés, le jeune entrepreneur a de qui tenir : il lui suffit de prendre exemple sur sa sœur. Devenue hémiplégique après un accident vasculaire cérébral, elle s'est battue bec et ongles pour retrouver un emploi.
En dix mois, la NanoTechMap qui comptait 200 références en France étend sa couverture à 50 pays et 4000 entreprises, dont 1200 en Europe, 1700 aux États-Unis et une centaine en Russie.
C'est sans plus d'émotions qu'il confie avoir été contacté par le ministère brésilien de la Recherche, désireux de voir les start-up du pays apparaître dans ce panorama mondial des nanotechnologies.
En quelques mois d'activité, NanoThinking a réalisé des études de marché et de conseil pour Réseau ferré de France, Thales, le CNRS, ou encore le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).
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Ses travaux en physique du solide étaient dédiés à la microscopie de proximité à très basse température, une technique assez unique qui permet de voir les objets nanométriques en surface.
Le docteur décide alors d'acquérir des compétences de gestion en intégrant la prestigieuse et sélective formation internationale du collège des Ingénieurs.
Et pour l'épauler dans cette nouvelle activité, il a naturellement fait appel à deux anciens associés d'une précédente aventure entrepreneuriale.
Le jeune entrepreneur, qui aime s'entourer de relations de confiance, a choisi en juin dernier d'installer NanoThinking sur le plateau de Saclay, au sein de l'incubateur IncubAlliance, à Orsay, où il croise au quotidien son ami Michaël Brouard, le fondateur de Concertino, qui avait suivi avec lui le MBA du collège des Ingénieurs.
Thomas Dubouchet est en effet un fidèle. Il fréquente ainsi l'association d'entrepreneurs Third Place, lancée par le consultant en social business Éric Boniface, avec un ami d'enfance, Benoît Allibe.
Désormais, l'ambition de Thomas Dubouchet est de faire grandir NanoThinking et de hisser l'agence au sommet de la scène européenne. Mais, pour le moment, il a un nouveau contrat à honorer : répertorier, avec le Laboratoire national de métrologie et d'essai, tous les juristes, universités, chercheurs et autres ressources clés pour bâtir les futures normes en matière de nanotechnologies et de risques pour l'environnement et la santé. Un projet financé par le ministère de l'Industrie. Enfin.
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>>> MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? : « Sur les pistes cyclables de Paris, car je ne me déplace qu'à vélo... Plus sérieusement, je fréquente tous les événements sur les nanotechs, notamment ceux qu'organise l'école des Mines. »
Comment l'aborder : « Surprenez-moi ! Je suis curieux et j'aime découvrir des gens, des sujets nouveaux... Un récit de la vie des abeilles m'intéressera autant qu'une analyse des oeuvres de Goethe, ou un exposé sur les techniques de sculpture sur bois. Parlez avec passion ! »
À éviter : « L'hypocrisie et les promesses non tenues m'exaspèrent, comme beaucoup de gens sans doute. La passivité est aussi un grand défaut à mes yeux : pour réussir, il faut agir, essayer, quitte à faire des erreurs. »
>>> TIMELINE
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