Emploi des jeunes : peut-on changer de méthode ?

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Pour Alain Roumillhac, Président de Manpower, les jeunes devraient être formés en fonction des besoins des entreprises. Pour être prêt à l'emploi. | DR
Pour Alain Roumillhac, Président de Manpower, les jeunes devraient être formés en fonction des besoins des entreprises. Pour être "prêt à l'emploi". | DR (Crédits : DR)
Pour lutter contre le chômage des jeunes, il faut partir des besoins réels des entreprises. Un changement radical de méthode. Par Alain Roumillhac, Président de Manpower

Depuis des années, un sas s'est structuré entre la sortie de l'école et l'accès au monde du travail. Elle enferme les jeunes dans un enchaînement de stages ou contrats courts, sans horizon très clair. La plupart finissent par s'en sortir mais souvent au prix de grandes frustrations et d'épisodes de chômage.

 

"Des difficultés qui varient selon le niveau et le type de diplôme"

Ces difficultés sont partagées par une grande partie de la jeunesse mais elles varient énormément selon le niveau et le type de diplôme. Pour les moins qualifiés et ceux qui n'ont pas suivi les "bonnes" filières, les trois ans qui suivent la sortie du système éducatif sont la période de tous les dangers.

Chez les diplômés, niveau bac+2 ou bac +5, près d'un jeune sur dix passe plus d'un an au chômage durant ces trois années ; mais ce pourcentage passe à plus de 20% parmi les titulaires d'un CAP-BEP et à plus de 35% pour les non-diplômés…


"Recruter des candidats prêts à l'emploi"

Il ne s'agit pas, pour les entreprises, de rejeter la responsabilité sur le seul système éducatif, même s'il doit davantage familiariser les jeunes avec le monde de l'entreprise en leur transmettant des compétences transversales. Il est cependant illusoire d'anticiper à 3 ou 5 ans les besoins exacts des entreprises.

Inversement, les entreprises ne peuvent être jugées seules responsables des difficultés d'intégration des jeunes. Certes, elles doivent encore faire des efforts, mais la crise, l'accroissement de la concurrence internationale, la volatilité de la demande, la contraction des marges entraînent de telles pressions sur les coûts qu'elles n'ont pas d'autre choix que de recruter des candidats prêts à l'emploi.

"Des potentiels sans compétences immédiates"

Plus précisément, les freins à l'embauche pour les jeunes sont :

- le manque de formation et la méconnaissance des métiers et des codes de l'entreprise.

- le manque de temps des entreprises pour les sélectionner et les accompagner

- le risque que constitue l'embauche d'un jeune sans expérience s'il ne donne pas entière satisfaction.

Cette situation est absurde car même en période de crise nous avons des entreprises qui recherchent des compétences qui ne sont pas disponibles sur le bassin d'emploi et des demandeurs d'emploi qui ont le potentiel mais pas les compétences immédiates pour pourvoir ces emplois pérennes.

Le Conseil d'Orientation de l'Emploi vient d'estimer dans son dernier rapport, que 400 000 projets de recrutement ont été abandonnés en 2012, la majorité d'entre eux faute de compétences adéquates disponibles.

"Bâtir les parcours d'intégration sur la demande réelle des entreprises "

Nous devons désormais mener une action d'urgence en changeant de méthode : pour réduire la fracture entre demandes et offres, pour ouvrir les portes de l'emploi aux jeunes, pour faire que les entreprises trouvent leurs talents pour se développer, il nous faut partir des besoins des bassins d'emploi, des besoins des entreprises, des emplois non-pourvus, bref de l'emploi disponible tout de suite, puis remonter jusqu'aux individus. Et non plus l'inverse.

 Bâtir ces parcours d'intégration basés sur une demande réelle, c'est la méthode gagnante que ManpowerGroup éprouve tous les jours dans les territoires, et qui oblige tous les acteurs économiques et sociaux à travailler ensemble, à remettre le pragmatisme local au centre des décisions, et à flécher de manière plus volontariste les formations et les financements vers les attentes des bassins d'emplois.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2013 à 11:44 :
qu en les jeunes n ont pas d experience les entrprisses doivent prendre le temp de leurs donner et pour ceux qui ont des problemes de tranport leur donne le moyen de ce loge a cote de leur nouveau enployeurs avoir de bon ouvrier ca ce merite aussi???
a écrit le 15/11/2013 à 22:39 :
On nous publie plus d un tiers des moins de 35 ans veulent quitter le pays, n avons-nous pas un problème de société ? Voyez la zone Sud, c est l enfer pour les jeunes générations : cherté des logements, salaires en baisse, une première dans l histoire pour les diplômés, inflation…
a écrit le 15/11/2013 à 20:42 :
Les nouvelles pousse de stars-up ont toujours poussé mieux en forêts-vierges, là où l'humidité règne et ne faisaient pas déserts mal armés...!§!
Des emplois pour les repeuplés de climato-paysagistes apprentis fermiers, voilà... AAA par ouù recommencer tout le cycle "haies-ternes-elles" du plein "en-ploie" !§!
Les pieds "à vie" sous un bureau, qu'y comprend-on des nécessités planétaires durables, bien récompensées en abondances variées ?

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