Comment sortir de la turbulence financière ?

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Natacha Valla, chef économiste chez Goldman Sachs, estime que l'assèchement du financement des entreprises est encore un enjeu majeur pour l'UE. | DR
Natacha Valla, chef économiste chez Goldman Sachs, estime que l'assèchement du financement des entreprises est encore un enjeu majeur pour l'UE. | DR (Crédits : DR)
Jamais depuis la création de l'euro, le crédit au secteur privé a autant reculé. Le financement des entreprises est en cause... Par Natacha Valla, chef économiste chez Goldman Sachs

La crise de 2008, puis les déboires de la zone euro, ont été d'une telle ampleur qu'ils ont induit des politiques économiques sans précédent. Les banques centrales des pays développés ont injecté des liquidités colossales sur les marchés monétaires et obligataires. Les États ont mobilisé d'importants moyens budgétaires pour sauver leurs banques, juguler le risque systémique sur  les grandes places financières, et amortir la récession économique qui s'annonçait sans précédent.

Aujourd'hui, une double question se pose. D'une part, les stimuli budgétaires du début de crise ont été remplacés par un mouvement d'austérité drastique. En particulier, les gouvernements des pays membres de la zone Euro, cœur et périphérie, ont réduit de concert leurs déficits afin de stabiliser leurs dettes publiques. Cet ajustement fut très (trop) rapide. Certes, la séquence budgétaire "relance-austérité" a eu du bon : la zone euro existe encore. Elle a développé un certain pragmatisme. Et les déséquilibres extérieurs des pays du sud se corrigent peu à peu.


75 milliards d'euros de prêts détruits

Toutefois, la récession économique a été démultipliée par les effets combinés des corrections budgétaires. Et il y a peu de chances pour que la demande intérieure - consommation des ménages, investissement des entreprises - permette une reprise décente.  En effet - deuxième question - les mouvements de yo-yo budgétaire et les interventions massives des banques centrales n'ont pas permis aux banques de la zone euro de se remettre en état de marche : le financement bancaire de l'économie réelle est chamboulé, pour ne pas dire moribond.

Citons un chiffre : dans la zone euro, la contraction du crédit bancaire vers le secteur privé a atteint, au mois d'août, un rythme sans précédent depuis l'introduction de la monnaie unique. Les banques de la zone euro ont détruit plus de 75 milliards d'euros de prêts aux entreprises depuis le début de l'année. Pour la plupart d'entre eux, il s'agit d'ailleurs de "petits" prêts aux PME.

"L'assèchement du financement des entreprises reste un enjeu majeur pour l'UE"

Certes, les grandes entreprises compensent cette correction en se refinançant directement sur les marchés. Mais cet assèchement de financement reste un enjeu majeur pour nos économies européennes. Celles-ci sont encore majoritairement financées par les banques.

Ces dernières sont par ailleurs engagées dans une réduction sans doute définitive de leur levier. Elles ajustent à la baisse la taille de leur bilan, et l'environnement réglementaire ne les incitera pas à reconstituer des portefeuilles de prêt tant que l'environnement macroéconomique restera défavorable.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2013 à 13:50 :
je suis Très agréablement surpris par la qualité & clarté de l'intervention de Natacha dans l'émission Cdansl'R du 28/11 : pertinence, charme & efficacité à travers chaque intervention ! Merci Madame & au plaisir de vous écouter à nouveau,
a écrit le 15/11/2013 à 16:06 :
Très bonne analyse de la situation qui explique aussi la tendance à la déflation qu'on observe en Europe.
a écrit le 15/11/2013 à 13:43 :
Les fables de la Fontaine devrai nous aiguiller: Si l'euro est digne de ressembler à un "Chêne" nous manquant de la souplesse d'un "Roseau" de la monnaie locale! Mais le dogme européen ne veut que transférer le pouvoir national aux entreprises dites multinationales et un chêne leur est indispensable!
a écrit le 15/11/2013 à 12:02 :
Quand on lit l'article à cause du titre, on reste sur sa faim: rien n'est dit quant à une éventuelle solution pour sortir des turbulences financières. Rien n'est dit des origines, et surtout pas structurellement, rien n'est dit non plus de l'échec patent des solutions si ce n'est de continuer, et enfin cette personne n'explique nullement pourquoi une création monétaire de l'ampleur que nous avons connu aboutit au final à un assèchement du crédit. En d'autres termes, rien n'est dit qui justifie le statut privilégié des banques, statut d'exception et d'exceptions qui trouve normalement son pendant dans la fonction économique qui est supposé la leur. Or de son propre aveu, ils ne remplissent pas cette mission.
a écrit le 15/11/2013 à 11:58 :
navrant , j'en suis resté etonné , cette banque qui a plongée la grece dans une crise sans fin , qui a avec des politiciens fraudé pour que la grece cache ses dettes pour entrer dans l'euro , comment donner encore du crédit a ceux ci ? , le pire l'ecotaxe décriée de nos jours ou ils sont dans le capital de la société de recouvrement de cette taxe .. je suis etonné de voir qu'ils conseillent toujours mais ne sont pas responsables des degats qu'ils ont crée .. navrant
a écrit le 15/11/2013 à 1:59 :
mais quelle "turbulence financière" ???
a écrit le 15/11/2013 à 1:56 :
Vous êtes brillante Natacha mais vous avez rejoint le côté obscur de la force. Rejoignez le côté lumineux de la force avant qu'il ne soit trop tard...
a écrit le 15/11/2013 à 1:13 :
chef économiste chez Dégueulman Sachs? C'est le croquemort qui tire sur le corbillard?
a écrit le 14/11/2013 à 21:44 :
Entierement d´accord avec Madame. Elle n´a pas mentionne Bale III, car l´ethique oblige, mais c´est une calamité qui oblige les banques a reduire leur bilan, donc pas de croissance d´actifs sous forme de prets (autres qu´aux Etats).
Réponse de le 15/11/2013 à 1:21 :
éthique Goldman Sachs, c'est de l'oxymore ou du second degré?
Réponse de le 15/11/2013 à 1:22 :
éthique Goldman Sachs, c'est de l'oxymore ou du second degré?
a écrit le 14/11/2013 à 18:57 :
Goldman Sachs hagagaga....
a écrit le 14/11/2013 à 18:40 :
Associer dans un article les bons conseils de Goldman Sachs avec la turbulence financière, çà déclenche un fou-rire irrépressible.
Si vous voulez rigoler encore plus, lisez : www.rollingstone.com/politics/news/the-great-american-bubble-machine-20100405.
Cà date de 2009, mais c'est toujours d'actualité.
a écrit le 14/11/2013 à 18:37 :
Comment on peut donner la parole à des ESCROS et des MAFIEUX qui sont responsables de la crise des subprimes en 2008 et qui seront responsables de la prochaine crise financière ? vous nous prenez pour des pigeons ?
Réponse de le 15/11/2013 à 13:53 :
Bien oui ils ont besoin toujours de pigeons pour les plumer, c'est comme cela qu'on fait une augmentation du bénéfice pour la GS est plus pognon pour la dame souriante sur la photos.
a écrit le 14/11/2013 à 18:06 :
"Comment sortir de la turbulence financière ?" Nous sommes toujours en l'attente de vos solutions Miss Subprime. Votre employeur vous paie-t-il pour tirer à boulet rouge sur la zone euro?
a écrit le 14/11/2013 à 17:58 :
Goldmans sachs nous explique comment sortir de la crise!!! Ahurissant!!! Les conseilleurs sont toujours les plus mauvais payeurs !!!
a écrit le 14/11/2013 à 16:26 :
il faudrait lui conseillé le site attérés.org elle y trouverait tout ce qu' elle vient de dire.. dans le manifeste.
a écrit le 14/11/2013 à 16:26 :
il faudrait lui conseillé le site attérés.org elle y trouverait tout ce qu' elle vient de dire.. dans le manifeste.
a écrit le 14/11/2013 à 16:17 :
"Ces dernières sont par ailleurs engagées dans une réduction sans doute définitive de leur levier. Elles ajustent à la baisse la taille de leur bilan, et l'environnement réglementaire ne les incitera pas à reconstituer des portefeuilles de prêt tant que l'environnement macroéconomique restera défavorable." Sont FORCEES de réduire leur levier... Et nous ne voulons pas de règles sinon nous tuons l'économie. En effet, le message est clair.

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