Financement des PME : les banques se défendent de ne pas prêter suffisamment

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Les crédits bancaires représentent 95% du financement des PME européennes. Copyright Reuters
Les crédits bancaires représentent 95% du financement des PME européennes. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Lors des Assises européennes du financement des PME, qui se déroulaient ce lundi à Bercy, les patrons du Crédit Mutuel et du Crédit Coopératif ont rappelé qu'eux aussi étaient des entrepreneurs. Et, qu'à ce titre, ils ne prêtaient qu'à des sociétés suffisamment solides pour les rembourser.

A en croire les banques, le financement des PME ne serait nullement un problème, contrairement à ce que prétendent celles-ci. « Au premier semestre, les encours de crédits que nous avons octroyés aux PME ont augmenté de 4%, par rapport à la même période de l'an dernier. Ce qui montre que les choses se passent de façon plutôt correcte », a assuré Michel Lucas, président du Crédit Mutuel, lors des Assises européennes du financement des PME, qui se déroulaient ce lundi à Bercy, sous l'égide du ministère de l'Economie, de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de l'association PME Finance. « Les banques coopératives représentent plus de 50% du financement des PME en France », s'est insurgé de son côté Jean-Louis Bancel, le patron du Crédit Coopératif.

Les prêts bancaires représentent 95% du financement des PME européennes

Pourtant, les chiffres sont là : le crédit au secteur privé a fléchi de 0,9% en avril, dans la zone euro, soit un douzième mois de recul d'affilée, selon la Banque centrale européenne (BCE). Certes, les situations sont très différentes d'un pays à l'autre, avec des insuffisances de financement particulièrement graves dans certains pays d'Europe du Sud, comme la Grèce. Mais, globalement, « le crédit bancaire aux entreprises européennes fléchit depuis 2009, et les PME sont les plus touchées », affirme Jean Rognetta, président de PME Finance. Une situation d'autant plus préoccupante que « les prêts bancaires représentent 95% du financement des PME européennes », rappelle Delphine d'Amarzit, chef du service du financement de l'économie, à la direction générale du Trésor. Contrairement aux Etats-Unis, où le financement des entreprises est beaucoup plus « désintermédié », c'est-à-dire assuré par les marchés financiers.

Les grands argentiers se font les avocats des banques

Pour autant, les banques ont trouvé un avocat en Delphine d'Amarzit, pour qui la faible dynamique du crédit aux entreprises ne correspond pas à « une raréfaction de l'offre mais résulte plutôt du mouvement de déstockage entrepris par les PME », et de la frilosité de ces dernières à investir, compte tenu de la mauvaise conjoncture économique. « Si une banque ne prête pas à une PME, ce n'est pas forcément parce qu'elle ne le veut pas », a renchéri Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, invoquant la future réglementation de Bâle III relative au renforcement des fonds propres des banques, qui pèsera sur la capacité de ces dernières à prêter. « Le système bancaire européen répond presque toujours positivement aux demandes de crédits d'investissement », a insisté Robert Ophèle, sous-gouverneur de la Banque de France. Tout en reconnaissant que « cela était parfois moins vrai pour les prêts à court terme. »

Des banquiers qui se disent aussi des entrepreneurs

« Il faut accepter que nous sommes, nous aussi, des entrepreneurs. Et que nous pouvons parfois estimer que le projet qu'un autre entrepreneur nous demande de financer n'est pas viable », s'est défendu Jean-Louis Bancel, président du Crédit Coopératif. Pour qui « la pire chose qui pourrait arriver serait la création d'un droit au crédit opposable », obligeant par exemple les banques à justifier par écrit tout refus de crédit, comme cela avait été suggéré en 2010 par Nicolas Dupont-Aignan, chef de file de Debout la République (ex-UMP).

Filant lui aussi la métaphore du banquier-entrepreneur, Michel Lucas, président du Crédit Mutuel, a rappelé qu'il avait « démarré dans une PME de 800 salariés, qui en compte aujourd'hui près de 78.000. » Et que si cette PME - en l'occurrence le Crédit Mutuel - était devenue grande, c'est parce qu'elle avait toujours « essayé d'aider les PME, mais sans faire trop de bêtises. » Par exemple sans financer systématiquement toutes les soi-disantes merveilleuses start-up de la fin des années 1990, qui ont été nombreuses « à se casser la figure au moment de la bulle Internet. » Et le patron du Crédit Mutuel d'enfoncer le clou : « Solidarité rime avec solidité. Nous ne prêtons qu'aux entreprises qui ont une colonne vertébrale suffisamment solide pour nous rembourser. » Un argument de bonne gestion qui a valu à Michel Lucas les applaudissements des... patrons de PME présents dans la salle.
 

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Commentaires
a écrit le 27/06/2013 à 10:04 :
j ai connue un patron qui n avais pas peur d investir il rachetais une entreprisse tout les ans mais il a etait copier dans ses produit par des assiatiques ; ensuite et venue la production a flus tendue gere par ordinateur il na pas pu fournir ces clients au moment voulue est a finie d etre acheve par la crisse petroliere j esplique cela pour vous faire conprendre que les nouvelles methode de gestion sont parfois eronnes et que nos entrepreneur d avant eux n avais peur de rien la france et devenue trop frilleusse il y y a une sinistrosse anbiante qui fait du tort au francais???
a écrit le 27/06/2013 à 9:49 :
je me souvient qu un homme a pretes des petite sommes a des personnes en inde est il est devenue le banquier des pauvres et un homme qui cres sont emplois et un chomeur de moinque la societe na pas en charge les banque en france sont trop gourmande il ne savent plus prendre de risque ???
a écrit le 25/06/2013 à 16:46 :
Et oui le prêt ne devrait être autorisé qu'aux fonctionnaires et aux retraités, et pour les autres interdit, à moins de porter le prêt sur dix générations. Grâce au ciel nous avons Bercy, qui nous permet d'avoir des taux faibles. Bon c'est vrai les retraités ne seront plus là pour participer aux presque 2 milliards de dettes du système de ponzi français, et ni la productivité de la fonction publique n'éliminera le hors bilan de 2 milliards supplémentaires. La rente cela se mérite, et nous en sommes fières ! Remballer vos Steve Jobs, Bill Gates et aux autres entrepreneurs. Nous avons la SNCF, EDF, France Telecom, toutes nos strates administratives et un immobilier sur-côté. Un pays sérieux quoi. Le risque c'est BEURK, et si vous réussissez notre bon président vous met un taux d?imposition minimum de 45% dans les dents.
Réponse de le 26/06/2013 à 1:22 :
Entièrement d'accord. Le manque d'audace en période de crise rime avec suicide.
a écrit le 25/06/2013 à 13:57 :
J'ai encore le souvenir, il y a presque 30 ans, que je souhaitais emprunter pour monter ma boite. Aucune banque ne me consentait de prêt sans une hypothèque équivalente de biens, y compris ceux de ma famille que j'aurais dû convaincre. Bonjour la prise de risque par la banque! Je ne pense pas que cela ait changé depuis le temps, ce qui fait que j'ai un peu de mal à acquiescer à leurs dénégations.
a écrit le 25/06/2013 à 11:43 :
L'histoire d'une PME française pour laquelle les investisseurs étrangers se bousculent... à condition qu?elle quitte la France
http://www.atlantico.fr/decryptage/histoire-pme-pour-laquelle-investisseurs-etrangers-se-bousculent-condition-qu-elle-quitte-france-renaud-prouveur-767156.html#loU1u3M7diDK3SuP.99
a écrit le 25/06/2013 à 10:04 :
...Si vous avez un gros répondant, on vous prêtera, sinon .......
a écrit le 25/06/2013 à 9:11 :
Les banques , comme le CREDIT MUTUEL, semblent marginales en matière de financement
des PME, et peu significatives du comportement bancaire sur le secteur
a écrit le 25/06/2013 à 2:12 :
Hallucinant. La représentante du Trésor, qui a moins d'être schizophrène est aussi celle de l'état dépensier et leveur d'impôts impénitent, vient défendre les banques contre les PME (je grossi le trait) parce qu'en fait si les credits sont plus rares, c'est que la "situation économique" fait qu'il y a moins de demande... Au monde de la pipeauterie de concours et des foutagesdegueule organisés, ces gens sont des princes. A propos de désintermédiés: vous avez l'impression vous que les marchés financiers US sont moins intermédiés que le circuit de financement bancaire français? J'en rirai si ce n'était si grave et pitoyable.
a écrit le 24/06/2013 à 21:59 :
Ils ne prêtent qu'aux retraités et aux fonctionnaires ! Comme le dit son Président Michel Lucas, ce sont eux aussi des entrepreneurs. Ils ne veulent pas prendre le risque de perdre le moindre euro !
Il y a un problème économique en France qui est aussi culturel. On ne veut plus entreprendre : ce n'est pas garanti et c'est risqué ! Et quand les banques, et pas seulement elles, ne jouent pas le jeu, ça grippe !
a écrit le 24/06/2013 à 21:57 :
les banques lisent les bilans et voient que les entreprises sont sous capitalisees ( afin de ne poas avoir trop d'actionnaires negriers qui exploitent des syndicalistes a3 briquers), et ont des marges au plus bas... en clair qu'elles ne vont pas rembourser.... maintenant si ca chagrine les francais, ils peuvent envoyer spontannement leurs dons a la bpi dont la directrice a ft savoir qu'elle ne regarderait pas si les dossiers seraient rentables...
a écrit le 24/06/2013 à 19:05 :
On ne prête qu'aux riches !!!

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