Municipales 2014: Lyon, une métropole qui pourrait faire école

Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l’économie.

Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l’économie.
En marge de la campagne des municipales, se prépare un « big bang » dans l'agglomération lyonnaise. Le 1er janvier 2015, la Communauté urbaine, établissement public de coopération intercommunale, née en 1969, se transformera en une collectivité à statut particulier, à la fois métropole et département. À cette date, elle absorbera l'intégralité des compétences du conseil général qui s'effacera sur les 58 (et bientôt 59) communes du Grand Lyon, réunissant 1,3 million d'habitants.
Ce regroupement qui pourrait faire école a été voulu et annoncé conjointement en décembre 2012, par le centriste Michel Mercier, alors président du département du Rhône, et le socialiste Gérard Collomb, maire sortant de Lyon, candidat à un troisième mandat.
Si l'opération est donc consensuelle, au-delà des clivages politiques traditionnels, l'issue du scrutin de mars prochain ne sera pas pour Gérard Collomb le boulevard qu'il espérait compte tenu des menaces de vote sanction contre le pouvoir national. Aussi le maire, également président du Grand Lyon, aime-t-il expliquer et expliquer encore cette opération au terme de laquelle la capitale des Gaules sortira plus puissante.
La métropole changera en effet de taille en portant ses effectifs à 7.500 agents et son budget autour de 3,5 milliards d'euros, après avoir récupéré au passage les trois quarts du budget du département, soit 1,2 milliard dont quelque 685 millions de dépenses sociales au titre du RSA, de l'APA (Assurance autonomie), etc.
La logique veut que la suppression d'une couche du millefeuille génère des économies, en gommant des doublons, en fusionnant les actuelles Maisons du département avec les antennes sociales communales, etc.
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Cette montée en puissance de la force de frappe financière s'effectue cependant sans extension des frontières du Grand Lyon auquel l'adhésion est, depuis longtemps, volontaire. Que le pôle multimodal de transports de Saint-Exupéry, outil d'attractivité de l'agglomération, ne soit pas inclus dans ce territoire est « une erreur grave », tacle Michel Havard, chef de file de la liste UMP/UDI en piste pour la mairie de Lyon.
Gérard Collomb calme le jeu et renvoie ce sujet à la décision que prendront les pouvoirs publics, aujourd'hui actionnaires à 60% des Aéroports de Lyon. En cas de cession de cette participation, les cartes seront rebattues.
En attendant, l'espace de coopération territoriale est encore plus grand avec le pôle métropolitain, porté sur les fonts baptismaux, en avril 2012. Il rassemble 2 millions d'habitants, ceux du Grand Lyon, des communautés d'agglomération de Saint-Étienne (dans la Loire), des Portes de l'Isère (CAPI) et du Pays viennois et demain, peut-être, de la communauté d'agglomération de Villefranche-sur-Saône, elle aussi sous influence de Lyon.
Toutefois, Michel Havard estime, que sous sa forme actuelle, ce pôle ne sert pas à grand-chose et veut le remplacer par un syndicat mixte, ouvert, « couvrant un territoire plus large et doté d'une capacité de maîtrise d'ouvrage pour mettre en oeuvre des équipements et des politiques publiques qui s'imposent dans un large consensus ».
Première initiative : T-Libre, un titre de transport unique qui facilite les déplacements au sein de cette aire urbaine. Les transports en commun seront un des grands enjeux des élections comme le prouvent les surenchères des candidats sur les projets de métro.
De façon plus réaliste, le Sytral (Syndicat mixte des transports en commun de la région lyonnaise) travaille à l'élargissement, au 1er janvier 2015, de sa couverture à la totalité du Rhône en reprenant les liaisons, aujourd'hui placées sous la responsabilité du conseil général « qui nous en a fait la demande », précise Bernard Rivalta, président du Sytral.
Vaste chantier. Pour révolutionnaire qu'elle soit, la métropole de 2015 sera une étape transitoire. Cette foisci encore, les prochains conseillers métropolitains seront désignés dans le cadre d'un suffrage indirect par les élus issus du scrutin du 30 mars dans les 58 communes.
Le maire de Lyon a toujours réussi à s'installer dans ce fauteuil, mais ce cumul ne pourra se pérenniser au-delà de 2020, comme l'a décidé le Parlement et validé le Conseil constitutionnel. Que cette tradition cesse n'inquiète personne :
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Autrefois baptisé TOP, ce maillon manquant du périphérique lyonnais, évoqué depuis 1997, fait figure de serpent de mer. Le projet a été relancé en 2012 par le Grand Lyon, maître d'ouvrage, et un grand débat public a été organisé l'année dernière.
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Long de près de 15 km, et enterré sur 80% de son tracé connectant le périphérique Nord au boulevard Laurent-Bonnevay, au Sud, son coût est chiffré à 2,5 milliards, auxquels s'ajoute 1 milliard pour l'intermodalité.
Dans les rangs de l'UMP, François-Noël Buffet, maire sortant d'Oullins, s'élève contre un itinéraire « trop proche du centre de l'agglomération ».
Gérard Collomb se dit moins inquiet de la faisabilité financière de cette voirie que des dizaines de recours que promettent de déposer les opposants.
Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l’économie.