Elections municipales, l'effet domino est en marche

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Gérard Larcher, Maire sortant (UMP) de Rambouillet, tient son journal de campagne des élections municipales.
Gérard Larcher, Maire sortant (UMP) de Rambouillet, tient son "journal de campagne" des élections municipales. (Crédits : DR)
Gérard Larcher (UMP), sénateur des Yvelines et maire sortant de Rambouillet, livre le sixième volet de son "journal de campagne" pour la Tribune... où il donne son regard sur le résultat des élections municipales.

Le dimanche 30 mars, les électeurs ont transformé l'essai du 1er tour des municipales ! La 1ère conséquence est vite arrivée : un nouveau locataire à Matignon et un nouveau gouvernement dit « de combat » est installé dans la précipitation.

Après les élections européennes à nouveau à hauts risques pour le parti socialiste, une nouvelle étape se profile le 28 septembre prochain : les élections sénatoriales. Elles seront en quelque sorte le 3ème tour des élections municipales et les observateurs s'accordent déjà à prédire un basculement du Sénat !

En effet le collège électoral qui désigne les sénateurs sera composé à 95% des élus municipaux qui ont été désignés ces deux derniers dimanche. Avec 158 villes de plus de 9 000 habitants désormais dirigées par l'opposition, il est donc permis d'imaginer que le Sénat peut connaître une alternance et que la droite et le centre seront majoritaires dans l'hémicycle du Palais du Luxembourg.

L'effet domino est en marche

Indéniablement, il y aura un avant et un après les élections municipales dans le quinquennat de François Hollande. Au-delà du changement de Premier ministre et la constitution d'un nouveau gouvernement, la débâcle de la gauche aura une conséquence directe lors du renouvellement du Sénat en septembre, puis pour les cantonales et régionales du printemps 2015. C'est « l'effet domino ».

En effet, la courte majorité de gauche au Sénat (6 sièges), si divisée que l'Institution va de blocage en blocage, ne devrait pas résister au renouvellement de la moitié des sièges en septembre prochain, comme la suite de la vague rose aux municipales de 2008 avait été logiquement le basculement du Sénat à gauche en 2011.

Sur les 178 sièges à renouveler (soit la moitié de l'hémicycle), on compte 96 sénateurs de l'opposition et 82 sénateurs de gauche. Sont concernés par l'élection sénatoriale de 2014 les départements de l'Ain (01) jusqu'à l'Indre (36), et du Bas-Rhin (67) jusqu'au Territoire de Belfort, sans oublier cinq départements d'outre-mer (Guyane, Polynésie, Wallis-et-Futuna, Saint-Barthélemy et Saint-Martin).

Pour faire basculer la majorité, l'UMP et le centre devront reconquérir sept sièges. Les changements qui vont intervenir dans les grandes métropoles (Bordeaux, Lyon….) peuvent permettre d'amplifier indirectement le mouvement. Les zones urbaines pèsent en effet plus lourd dans le scrutin depuis la réforme de 2013 et celle-ci abaisse le seuil à partir duquel les sénateurs sont élus à la proportionnelle, ce qui favorise les majorités des zones les plus urbaines. Au-delà de l'arithmétique électorale, on sait pourquoi la gauche avait modifié le mode de scrutin et les voilà pris à leur piège !

Une dynamique pour un nouveau Sénat s'impose

Le vrai sujet est et demeure : que veut-on faire du Sénat ? Reconquérir le Sénat après l'avoir perdu en 2011 doit impérativement se faire en apportant des réponses à ces trois pré-requis :

  • Comment redonner au Sénat sa juste place dans les institutions ?
  • Comment conforter le bicamérisme ?
  • Comment définir la spécificité du Sénat ?

Ces questions s'imposent alors que les trois années de présidence socialiste a mis à mal le fonctionnement et l'image du Sénat. Jean-Pierre Bel a transformé le Sénat en chambre alignée ayant de fait abdiqué sa mission constitutionnelle : la représentativité des territoires. La gauche s'est redécouverte jacobine, oublieuse des territoires et notamment de l'espace rural. Les élus ruraux ont subi l'effet ravageur du redécoupage cantonal et se sentent méprisés par le pouvoir. C'est ce que j'ai ressenti sur le terrain au cours de mes rencontres dans toute la France pour les municipale.

Je récuse toute alternance de revanche

Mais avant tout, je veux que le Sénat redevienne un Sénat libre. Libre par rapport à l'Assemblée nationale. Libre par rapport à l'Exécutif. Il faut sortir le Sénat de la tutelle sous laquelle il s'est naturellement placé en moins de 3 ans.

Je souhaite que l'UMP et les centristes répondent ensemble à cette équation : comment refaire du Sénat une chambre autonome, un outil indispensable au bicamérisme, représentant tous les territoires et qui ne soit plus la cible des populistes de tous horizons.

Je jugeais incongru que le Sénat ait été pendant les 6 mois qui ont précédé l'élection présidentielle de 2012 un laboratoire pour la gauche. Aussi l'alternance possible de septembre 2014 ne peut être celle d'un Sénat de revanche ! Quel Sénat peut être le représentant des territoires et au travers d'eux des citoyens ? Voilà un des enjeux majeurs que nous devons partager.

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Commentaires
a écrit le 19/04/2014 à 14:08 :
@gilles 1.Larcher se moque complètement des fastes du palais.c'est un bosseur pragmatique.il sait ce qu'il fait. il sait où il va .la belle vie est rarement là où l'on dit qu'elle est.
a écrit le 13/04/2014 à 13:03 :
Il s'y revoit déjà. A lui à nouveau la belle vie avec les fastes du palais du Luxembourg. Alors que cette assemblée devrait être supprimée comme en Italie.
a écrit le 04/04/2014 à 13:09 :
Qu'attend-on pour supprimer le Sénat, le Conseil économique et social, le Conseil d'état et la Cours de cassation. Une Cour Suprême ferait bien mieux l'affaire.
a écrit le 03/04/2014 à 18:13 :
Sans compter que depuis que les socialistes ont investi le sénat,le restaurant parlementaire a beaucoup baissé en qualité.Vivement la chute de monsieur Bel,et le retour a une gastronomie d'excellence
a écrit le 03/04/2014 à 8:39 :
En tant que nouveau maire d'une commune rurale d'Ile de France, nous avons plus que jamais besoin d'un sénat qui défende les territoires,
a écrit le 02/04/2014 à 14:50 :
Si la France imitait l’Italie en supprimant purement et simplement le Sénat et en réduisant le nombre de député de moitié par exemple.
a écrit le 02/04/2014 à 13:21 :
Pas d'accord sur le manque de représentativité térritoriale. Le sénat de Gauche a bien défendu les territoires en vidant de toute substance la loi ALUR (proposée par une ministre de gauche) sur le transfert des competences urbaines des mairies vers les communauté de communes. Comme quoi...l'idéologie passe aprés les interets...

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