Notre société fabrique de plus en plus d'imposteurs

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Une figurine du financier investisseur Bernie Madoff, qui a berné des centaines de clients et réalisé une fraude de plusieurs dizaine de milliards de dollars. Copyright Reuters
Une figurine du financier investisseur Bernie Madoff, qui a berné des centaines de clients et réalisé une fraude de plusieurs dizaine de milliards de dollars. Copyright Reuters
Jamais notre société n'a autant valorisé la forme sur le fond, les moyens plutôt que les fins, la réputation sur les compétences, l'audimat sur la réflexion, le quantitatif sur la qualitatif. A force de pragmatisme étayé par un sens de la norme poussée à son paroxysme, notre société fabrique des imposteurs. De cette civilisation du faux-semblant, l'entreprise et la société toute entière pâtissent et peinent à (re)trouver sa créativité et son élan.

Qui n'a jamais été agacé de voir un dirigeant ou un politique occuper un poste pour lequel il n'en a que l'habit et la carte de visite ? Si les imposteurs ont toujours existé, il semblerait que la société d'aujourd'hui en "fabrique" par milliers. C'est le constat établi par le psychanalyste Roland Gori dans "La Fabrique des imposteurs" (Editions les Liens qui Libèrent) : "Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs". Sorte d'éponge vivante des valeurs de son temps, l'imposteur à qui tous les costumes vont comme un gant, naît à la faveur de la prolifération des instruments de gestion et de procédure, les expertises mensongères et l'hypocrisie des bons sentiments.

L'incitation à être "normal" et "adapté" fait le lit de l'imposture

Difficile dans ces conditions de sortir de la gangrène de la crise actuelle. Il semblerait que dans les entreprises comme à la tête des Etats on peine à retrouver un peu d'audace nécessaire et essentielle pour créer l'avenir. Une civilisation des moeurs qui fait reposer le crédit d'un individu, d'un groupe, d'un Etat sur l'apparence, sur l'opinion n'incite-t-elle pas à l'imposture ?, interroge le psychanalyste. Qu'est-ce qu'une politique qui vend sans cesse à l'opinion publique la "marque de fabrique" d'un gouvernement évaluant par des sondages constants la pénétration de sa propagande au sein de la population ? Sans compter un président "normal" qui place la démocratie sous les auspices de la norme. Or l'incitation à être "normal" et "adapté" fait le lit de l'imposture, selon Roland Gori.

A l'heure où les carrières ne se font plus que par le biais des réseaux sociaux, où l'entreprise évalue le mérite de ses managers à leur cote interne, où l'information n'a de poids que par le buzz qu'elle produit, il convient de s'interroger sur ce phénomène d'imposture qui tend à devenir plus collectif qu'individuel. Sous couvert de discours sur le pragmatisme, de compétitivité nationale, d'utilitarisme social, on promeut sans conscience des techniques et des schémas de comportement voire même des pédagogies qui incitent les sujets à se vendre dans tous les domaines de l'existence. Les techniques de ventes ont envahies la sphère relationnelle, privée comme publique, respectant des formes et des normes, b.a ba de tout imposteur. Le conformisme règne en maître à tous les étages. "La tendance à la conformité des opinions et des positions en politique comme dans le champ de la connaissance est le malheur de la démocratie comme de la recherche. Cette tendance des individus à se ranger sans réflexion critique aux normes du groupe majoritaire se retrouve dans toutes les institutions", constate Roland Gori.

L'imposture constitue une tentative de parer à une réalité blessante et douloureuse

Résultat : des experts nous disent comment nous devons nous comporter dans notre manière d'exister intimement et professionnellement, "nouvelle incarnation des dispositifs de censure sociale, nouveaux scribes de nos normes morales, ces experts participent à cet art libéral de gouverner", souligne le psychanalyste.

Tout ceci n'aurait sans doute pas de réelle gravité si notre société n'était pas à bout de souffle, si la fameuse crise ne mettait pas en lumière l'absurdité dans laquelle nous sommes arrivés et si nous ne continuions pas à gérer nos systèmes comme si de rien n'était et que tout allait finir par rentrer dans l'ordre. "Comme le fétichisme, le mensonge ou l'hypocrisie, l'imposture constitue une tentative de parer à une réalité blessante et douloureuse. (...) le sujet se confronte à une situation à laquelle il n'est préparé ni par son expérience, ni par celle des générations qui l'ont précédé. (..) Tout devient normal au fur et à mesure que la globalisation s'installe dans nos moeurs, dans nos têtes et détermine toujours plus les décisions à venir en les inscrivant dans les mécanismes des marchés financiers et industriels."

Pour survivre il faut parfois tricher, frauder, mentir

Et Roland Gori de rappeler que lorsque l'autorité est en crise, lorsque le pouvoir normatif s'accroît lorsque la vulnérabilité sociale et psychique grandit, il faut survivre et pour survivre il faut parfois tricher, frauder, mentir, et usurper toutes sortes de rôles et de fonctions en s'affublant des masques de pseudo identifications que ne désavoueraient pas les plus fieffés des imposteurs.
Dès lors que nous savons désormais que dans de nombreux domaines de notre existence, les décisions absurdes et les catastrophes proviennent de l'application trop stricte de règles et de procédures, de la soumission conformiste aux protocoles et aux modes d'emploi, il est temps de réhabiliter l'expérience de terrain et la confiance dans le potentiel humain. Peut-être s'agissait-il de remettre l'argent à sa place, lance Gori, "s'en servir mais non le servir". "Il nous faut préférer l'intelligence collective et délibérative aux automatismes sociaux, il nous fait privilégier le vif de la parole aux règles et normes formelles de la nouvelle bureaucratie, et à nous méfier de leurs effets pervers", écrit l'auteur de "La Fabrique des imposteurs".

Sans doute est-il temps de réhabiliter le courage comme vertu essentielle des entreprises, de la politique et du vivre ensemble. Mais, pour cela, il faut commencer par le premier des courages, celui de la parole et du débat d'idées, de l'échange. "La grande pauvreté aujourd'hui est aussi celle de notre manière monotone de voir le monde, de le dire et de le penser. La misère est autant matérielle que symbolique", conclut Roland Gori. Il faut permettre au langage de venir troubler l'ordre "normal", à la façon d'un René Char : "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience."

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Commentaires
a écrit le 05/05/2013 à 1:09 :
****Sans doute est-il temps de réhabiliter le courage comme vertu essentielle des entreprises, de la politique et du vivre ensemble.****
Sans doute ? Sûrement , oui !
a écrit le 06/04/2013 à 13:08 :
Tu parles de Jean Sarkozy ?
Réponse de le 16/04/2013 à 19:26 :
Très bel article et quelle lucidité.
Je suis très content de lire également les commentaires.
La morale et la hauteur de vue ne sont pas totalement mortes.
a écrit le 05/04/2013 à 21:39 :
Ca c'est ben vrai, ma bonne dame !
On ne parle pas d'une oeuvre d'art sans annoncer son prix, d'un film sans annoncer ses recettes, la valeur artistique s'efface devant le nombre de zéros sur le chèque.
a écrit le 05/04/2013 à 16:46 :
C'est sans aucun doute parmi les professionnels de la politique que l'on trouve le plus d'imposteurs. Le passé et le présent nous le prouvent.
a écrit le 05/04/2013 à 16:35 :
Oui, il n'y a qu'a voir les média qui sont a l'image de notre société, creux, vaniteux et nauséabonds. Rendons leur tout de même un hommage, ils n'ont pas établi le mensonge a la hauteur du sport national où l'ont hissé les français !
On a les politiques et la société qu'on mérite !
a écrit le 05/04/2013 à 16:34 :
Pauvre France !!!ou tout le monde veut être le coq celui qui chante le mieux ,le plus beau ,le plus con!!!parfois je rigole du gars en face de moi(dans le tgv ou au bar etc )celui qui fait le paon qui raconte çà vie si brillante et qui finalement est bien souvent un minable !!!tout est forme !!qui va encore au fond des choses??;j en connais !!ceux là dirigeront un jour le monde !!
a écrit le 05/04/2013 à 16:27 :
Je ne peux qu'abonder massivement dans ce sens, la sphère public n'est pas la seule concernée, ce constat se dresse également dans le privé; étant issu d'un cadre familial où le travail, le professionnalisme et la droiture sont des principes, des valeurs et sont forcement source d?épanouissement. Durant ma maigre carrière, je n'ai cessé de rencontrer ce type de profil évoluant à des postes de manager, avec beaucoup de responsabilité. Mon expérience m'a confronté rapidement à des N+1/N+2 qui cultivent un certain élitisme social, toujours bien habillé, bien coiffé, avec des références en béton armé et généralement bien parlant. Face à ce mimétisme et les tentacules sociales ainsi bâties, tout est mis en oeuvre pour préserver un seul intérêt, le leur. On délègue, on jongle, en tapant parfois sur les doigts sur les doigts, en lançant des remarques tellement arrogantes qu'il est parfois difficile pour les gouvernés de ne pas monter au créneau, et on file au restaurant pour se goinfrer. Tout désirs d'innovation, de changement, ou d?initiative dans l'intérêt de l'entreprise est sévèrement réprimandé, peu importe votre bonne volonté, le péché le plus méprisable est la passion. Cela je l'ai appris en sortie d'étude, lorsque j'étais encore naïf et que je pensais que tout les efforts que j'avais mis en oeuvre finirait par servir ma cause; ils ont fini par me coûter ma place, pourtant passionné par mon secteur d'activité et reconnu comme bon élément par mes interlocuteurs, j'ai appris à mes dépends comment fonctionne le système et croyez-moi qu'on ne m'y reprendra plus. La méritocratie est morte en France en même temps que l'avenir de notre pays. Le mal est trop profond, trop ancré dans les moeurs; ayant côtoyez de grandes formations françaises, je ne peux que constater qu'il est déjà trop tard puisque tout mes petits camarades ont adopté cette attitude désinvolte, en ne foutant clairement rien à part se soûler le week-end et voyager dans divers pays à la recherche des "petites" de DSK. Ces gens là s'en sortent très bien dans leur vie professionnelle, pour rien au monde ils n'échangeraient leurs rêves de vie facile et de procrastination, l'intérêt général est vu comme une perte de temps, d'efforts et d'argent.
Réponse de le 05/05/2013 à 11:25 :
siderant , je suis sidéré de lire votre commentaire , heureusement tous les jeunes diplômés ne sont pas comme cela , mais il est vrai aussi que certains pensent a leur individualisme a fond que de s'investir dans la vie leur parait une dictature totale , bon cela a toujours existé des marginaux , mais quand meme je constate aussi comme vous que certains feignants sont des opportunistes qui cherche votre job alors qu'ils en font pas une et on ne voit pas cela qu'en france je vous rassure , en belgique et en allemagne c'est fréquent ..
Réponse de le 22/09/2014 à 12:09 :
@balzac: Ce n'est pas sidérant, c'est la réalité, habemus traduit là le rouage complet des managers en entreprise. Pour grimper il faut accepter de travailler avec la mediocrité, accepter de ne fournir aucun effort et de ne pas se donner les moyens pour un but, voir parfois accepter de reporter un travail bien fait pour produire un travail baclé. Le mérite n'est pas valorisable en entreprise sinon on ne peut pas maintenir les mediocres, c'est une forme de protectionnisme elitiste.
a écrit le 05/04/2013 à 15:24 :
Il y a beaucoup de constats similaires. Il se passe la même chose du côté de la culture. On est passé à la société du spectacle. La culture et le travail ne semblent plus importants. Il suffit de paraître. Les clowns experts en tout à la télé, et au boulot. Donc tout le monde se met au diapason : on maquille tout et on parle, on écrit sur Facebook, on répète les idées des autres, ...
a écrit le 05/04/2013 à 15:19 :
L'imposture commence déjà à l'école où nos crânes d'oeufs poursuivent des études en fonction de leur aptitude à comprendre ce qu'on leur demande mais surtout pas en fonction de ce qui leur plaît.
a écrit le 05/04/2013 à 15:18 :
article ou blog ?
a écrit le 05/04/2013 à 15:02 :
Oui, entierement d'accord avec cela. il ne reste plus que quelques ilots, que les médiocres veulent déboulonner..Le milieu scientifique est probablement plus protégé de ces imposteurs, mais alors que le débat est toujours bons en maths contre littéraires, on peut se demander si les bons en lettres n'ont pas tout simplement disparu, et se sont fait manger par les experts de la tchache et du verbe. il ya une grande confusion dans l'utilisation du terme "Elite", car quoi de plus dissemblable qu'une Batho qui n'a que son Bac ou d'un normalien en maths, d'un Président qui a redoublé sa sixième, et dont la progéniture tente son droit, d'un centralien expert en traitement du signal..Revenir un une reconnaissance du fond, dela culture, de l'intelligence, de l'expertise, et bannir les professionnels sympathique du baratin, voilà ce qui peut peut-être encore nous sauver..je crains cependant qu'il ne soit trop tard..
a écrit le 05/04/2013 à 14:44 :
Résultat d'une spécialité bien française : Le clientèlisme !

Et cela se passe à tous les niveaux de la société, et pas qu'en politique...

Je pourrais écrire 1 double page d'exemples...
Réponse de le 05/04/2013 à 16:55 :
Le clientélisme, n'a rien de Français, c'est une spécificité du communisme, socialisme et des économies dites Étatiques.
Lorsque l'Etat essaye de gérer l'économie, et non pas la réguler, il se trouve qu'il y a des niveau hiérarchique de gestion étatique qui ne travaillent pas forcement pour l?intérêt de l'Etat et du contribuables, mais par rapport à leur intérêt au sens large, leur corporatismes, il se crée alors une sorte de favoritisme, qui n'a de règle que l'appartenance, en contradiction des fois avec l?intérêt économique de l'Etat.
Le problème de ce mode de fonctionnement, c'est l'impossibilité de gérer tout les hauts fonctionnaires et décisionnaires économique au niveau de l'Etat, et de pouvoir les surveiller de près, A moins d'installer une sorte de dictature, et embaucher autant de surveillant de gestion que de gestionnaires au même, et la boucle ne s?arrête pas la, car même les surveillants, fonctionnaires aussi, il va falloir les surveiller, et la, c'est le serpent qui se mord la queue.
L'idéal pour surveiller un gestionnaire, n'est pas de mettre une équipe de surveillance, qui surveillent chaque haut fonctionnaire ou gestionnaire, mais simplement, de l'associé personnellement et son intérêt à la réussite ou l?échec de son action, et dans ce cas la, aucun besoin de surveiller une personne, et naturellement, aucune personne n'a tendance à se saboter elle même.
C'est l'exemple typique du patron qui reçoit un parachute doré, alors qu'il a fait couler une boite, ce qui n'est pas logique, mais si ce patron reçoit comme salaire ou bonus, un pourcentage du bénéfice qu'il fait, et rien s'il fait couler une boite, ça c'est du bon sens, mais la sévérité de ce fonctionnement, doit être appliqué sur l'argent du contribuable, car, pour le privé, si un actionnaire veut donner un parachute à un gestionnaire qui lui fait couler sa boite, c'est son problème, et ce n'est pas l'argent du contribuable qui est concerné.
C'est pour ça que je reste convaincu que l'Etat doit jouer un rôle de régulateur, de garant des libertés, d'un gendarme anti-fraude et garant des droits, de la concurrence loyale, non comme un frein au développement, à l'innovation, comme un outil de confiscation.
Le mot Libéralisme et capitalisme sont péjoratifs en France, une politique de diabolisation est mener contre ces concepts, sans même les expliquer.
Les citoyens Français associent ces deux mots à une sorte d'anti humanisme, d'anti solidarité, d'anti social, alors que c'est des mots qui ne traitent que d'économie, et c'est ceux qui s?évertuent d'humanisme et de social qui ont lancé cette compagne de diabolisation, avec la complicité des média, des politiques, du monde de la culture, de l?éducation nationale.
Des charlatans peuvent toujours diaboliser un médecin qui veut amputer une jambe infectée d'un patient et le traité d'inhumain, et il y a de forte chances que le patient refuse cette amputation, en croyant "légitimement" que le médecin veut son mal, qui veut se faire couper une jambe lorsqu'on lui assure qu'il y a d'autre solutions ? le patient se laisse traiter par les charlatans mais la réalité est toute autre.
Parmi les charlatans, il y a ceux qui croient vraiment à leur remèdes, pourtant, lorsqu'ils sont eux même malades, il consultent un médecin, et il y a des charlatans qui eux, sous leur vertus, d'humanisme et de pseudo moralisation, n'ont de but que de soustraire l'argent du patient, et pour prime, l'achever avec leur irresponsabilité.
Il y aura toujours des gens pour défendre les vertus de la médecine parallèle, ainsi est fait le monde, pour nombre d'entre eux, ils sont sincères, car, ils donne leur corps et santé à ses professionnel de la médecine parallèle, ils font même chasser les médecins de leur ville, mais le résultat ne peut qu?être catastrophique.
Réponse de le 05/04/2013 à 19:00 :
non ,le clientèlisme n'est pas qu'une spécialité de gauche.je rappelle qu'a bruxelles il y a mille cabinets de lobbyisme représentant les grandes entreprises,c'est aussi cela le clientélisme
a écrit le 05/04/2013 à 14:40 :
On a tendance à surévaluer l'espèce humaine parce qu'on y appartient mais l'espèce humaine est encore aujourd'hui bien décevante. L'homme doit dépasser cet animal aux instincts à moitié transformés.
Actuellement, l'homme fuit avec lui-même. Dommage pour maintenant !
a écrit le 05/04/2013 à 14:04 :
l'élection de françois hollande , sans penser un seul instant que celle de sarkozy n'en était pas une ! 2000 milliards de dette c'est signé arsène lupin messieurs . fais moi mal !!! encore .
a écrit le 05/04/2013 à 14:02 :
Imposture et mytomanie, il est bien plus facile pour certains de rêver - au point de s'y croire - leur vie plutot que d'essayer d'atteindre au moins un des objectifs de cette vie rêvée. C'est tellement plus facile de mentir.
a écrit le 05/04/2013 à 14:01 :
Le constat étant fait, il faut maintenant diagnostiquer l'origine du mal ! De ce côté-là, l'article est un peu faible...
a écrit le 05/04/2013 à 13:58 :
Bref rien de nouveau sous le soleil. Depuis la nuit des temps des incompétents se retrouvent au pouvoir et des gens brillants sur la carreau.
Rien de neuf non plus pour le discours "avant c'était mieux, aujourd'hui tout va mal". Je ne parle pas des faits mais du discours. Je ne connais pas une seule époque où ce discours n'a pas existé, même quand tout allait bien. A part peut être pendant la Belle Epoque au début du 20ème siècle où la foi en l'avenir était forte.
a écrit le 05/04/2013 à 13:57 :
d un autre cote, quand on ne fabrique plus rien, il faut bien brasser du vent pour faire croire qu on sert encore a quelque chose
c est vrai au niveau des entreprises comme au niveau d un pays
a écrit le 05/04/2013 à 13:51 :
Le sacrosaint "principe de precaution" est peut-etre l'avatar le plus eloquent de nos societes frileuses.
a écrit le 05/04/2013 à 13:50 :
Cette évidence fait peur, tant pouvoirs et puissances ont asservis les populations à tout un ensemble de mécanismes imposteurs. L'exigence de réactivité et de conformité dans les CV d'embauche puis ensuite est un exemple parmi tant d'autres. De même des turpitudes de la Finance avec sa collusion avec la Politique, telle celle sur l'off shore ou la shadow banking. De même que les outrances du marketing fallacieux, ou l'antinomie binaire de la numérisation. Qui peut croire à un Sauveur courageux ? Quelle guerre de religions pourrait remettre les hommes d'aplomb ?
a écrit le 05/04/2013 à 13:44 :
Absolument d'accord . Je connais quelques individus a la carte de visite aussi longue qu'une declaration d'impots ! Chaque fois qu'il assiste a la moindre reunion les voici en charge et ..... une ligne de plus sur leur carte de visite !!....Si on en restait la ce serait comique tout au plus . Mais certains de ces manipulateurs , bonimenteurs ont pignon sur rue . On les retrouve dans les entreprises , meme "publiques" , proteges de tous les cotes , faisant des carrieres exceptionnelles sans aucune relation avec leurs competences ou leur travail ( le plus souvent fictif) . Mais il y a plus grave encore . Ils beneficient d'avantages et d'une protection qui leur permettent meme d'eliminer quiquonque dans l'entreprise aurait le courage de leur faire de l'ombre ou de gener leurs desseins . Ce sont ces "cas politiques "intouchables , proteges au plus haut niveau des entreprises avec la benediction des politiques en place .. Bien sur on les retrouve dans tous les coups les plus fumants .. Des noms ? Cherchez dans les entreprises dont l'etat est actionnaire .
Réponse de le 05/04/2013 à 14:00 :
Tout à fait, ces gens ont des postes à responsabilité, ne crée peu ou pas de valeurs ajoutées dans la société, et gagne 15 fois plus qu'un ouvrier, 8 fois plus qu'un ingénieur. Il sera plus respecté, plu convoité, mais ce n'est qu'un écran de fumée, derriere il y a pas grand chose.
Mais si l'on y reflechis bien ils ont rien à envier!
a écrit le 05/04/2013 à 13:40 :
avoir du courage? bonne tentative de propagande... ceux qui vont au charbon prennent les claques, avec le merci qu'on connait; la societe a horreur des tetes qui depassent... quand vous allez voir le nombre de gens qui creent des boites en france ' avec employes' ( c'est a dire ' avec courage') vous allez comprendre que les gens sont moins idiots que ce qu'il n'y parait, et se mefient de ce quon leur ' conseille' de faire
a écrit le 05/04/2013 à 13:16 :
Excellent article qui décrit très bien l'impasse morale et existentielle de notre société dominée par les réseaux sociaux et l'argent-roi.
a écrit le 05/04/2013 à 13:06 :
Bravo ! Enfin un regard juste sur notre société occidentale décadente... Nouvelle Rome?!?
a écrit le 05/04/2013 à 12:50 :
oui, nous sommes gangrénés par le médiocre qui a malheureusement pignon sur rue actuellement dans tous les domaines ! TRES bon article qui décrit très bien les "démons" de notre société! Merci à LT !

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