Les Françaises à l'honneur à Bruxelles

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La France n'a pas perdu d'influence à Bruxelles, au contraire. Les députées françaises sont partout !

Il est de bon ton ces jours-ci de dire que la France est marginalisée au parlement. Son influence serait la première victime de la déroute des partis centristes aux dernières élections. Et bien, ce n'est pas si simple. Bien sûr, il y a les 23 députés du Front National qui sont en quelque sorte « en l'air ». Marine Le Pen n'ayant pas réussi à constituer un groupe politique, ils resteront en marge du travail parlementaire, ne pourront pas demander de rapport. Leur seule manière d'exister sera de déposer des amendements et de prendre la parole en plénière.

Dont acte. Mais quid des autres ? Et bien, le reste de la représentation française est en réalité très prometteuse n'en déplaise aux Cassandre. Les députés sortants compétents - car Dieu merci tous n'ont pas été écartés de la course par les états-majors des partis - ont été récompensés par leurs pairs lors de la distribution des postes.

 

Le socle de l'influence française 

Cette prime à l'expérience a bénéficié en particulier aux femmes, signe qu'elles se sont montrées dans l'ensemble très impliquées et assidues dans le passé. Ce seront elles qui formeront le socle de l'influence française pendant les cinq prochaines.

D'abord la socialiste Sylvie Guillaume élue vice-présidente de Parlement. Elle sera membre du bureau qui est en quelque sorte la salle des machines de cette institution. C'est là notamment que se jouera le sort de Strasbourg, dont le statut de siège du Parlement n'a jamais été aussi contesté. Là aussi que se jouera en définitive la question de la représentation parlementaire de la zone euro.

Autre dame à l'honneur, François Grossetête qui siège ici depuis 20 ans. Elle succède à la néerlandaise Corine Wortman-Kohl comme vice-président du groupe PPE, de centre-droit, où elle sera plus particulièrement en charge ses dossiers environnementaux, économiques, financiers, de l'énergie, de la recherche ou encore des transports. C'est un poste clé, le PPE étant le premier parti de cette assemblée.

Trois autres vice-présidences de groupe politique reviennent à des dames : Marielle de Sarnez chez les libéraux, Michèle Rivasi chez les Verts et Isabelle Thomas chez les socialistes. Or c'est à ce niveau que se décide le choix des rapporteurs des textes qui ont été confiées à tel ou tel groupe en vertu d'une arithmétique complexe.

Leur consœur Sylvie Goulard, de l'UDI, sera un des poids lourds de la commission des Affaires économiques et monétaires, en tant que coordinatrice du groupe libéral. Sur la représentation externe de l'euro ou la création d'un budget de l'eurozone, sur la convergence fiscale, elle sera certainement une des personnes clés. Tout comme la socialiste Pervenche Bères qui revient à la commission ECON qu'elle a jadis présidée. Quant à l'UMP Tokia Saïfi, elle a obtenu une vice-présidence de la commission du Commerce international.

Où sont les hommes ?

Là encore, l'expérience et la compétence ont été récompensées. Alain Cadec a arraché la présidence de la Commission de la pêche. Et Jean Arthuis s'est emparé de celle du budget. Cet exploit, pour un nouveau venu, l'ancien ministre de l'Economie, un des inventeurs du Pacte de stabilité, le doit à sa réputation d'Européen convaincu. Le tableau serait incomplet sans Patrick Le Hyaric, un proche de Jean Luc Mélenchon, élu vice-président du groupe de la gauche unitaire, les centristes Jean-Marie Cavada, vice-président de la commission des Affaires juridiques, et Robert Rochefort vice-président de la commission du Marché intérieur et de la protection des consommateurs, l'écologiste Yannick Jadot, vice président de la commission du Commerce international et le socialiste Gilles Pargneau qui occupera ce poste en commission environnement.

A y regarder de près, les forces françaises sont certes moins nombreuses que sous la précédente mandature mais elles sont plus présentes dans des commissions clés où se fait réellement le travail législatif en matière de commerce, d'environnement, d'énergie, d'affaires économiques, de marché intérieur

La machine politique européenne, et la réputation accumulée par quelques-uns, a en quelque sorte aidé à réparer les torts causés par le vote extrémiste en France. Bien sûr, la France n'est pas dominante. La Grande Nation est ici l'Allemagne avec ses 96 députés contre 74 pour la France, et, surtout, cette faculté unique de capitaliser sur l'expérience de ses élus pour occuper les postes stratégiques. Mais, dans ce Parlement, un peu comme au Brésil, la "Mannschaft" joue hors catégorie.

 

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Commentaires
a écrit le 18/07/2014 à 11:59 :
Donc tout va bien ,nos politiques ne pourront plus dire : c'est la faute ,c'est ordonne par Bruxelles !
a écrit le 18/07/2014 à 8:38 :
Et Morano Dati et autre perles francaises... Combien de deputés competents et combien de copains planqués...le % serait interressant à connaitre
Réponse de le 18/07/2014 à 14:29 :
Trop pitoyable la reélection de Daty qui avoue s'emmerder à cent sous de l'heure dans ce job. Ses électeurs ont ce qu'il mérite.
a écrit le 18/07/2014 à 1:17 :
L'influence à Bruxelles, c'est les lobbies (encore plus nombreux et actifs que ne le sont ceux de Washington) qui œuvrent auprès des Commissaires européens non élus, et des députés européens vendus qui valident à l'aveuglette toutes les lois "proposées" par les commissaires sus-cités. Quant à la nationalité ou aux sexes des parlementaires les lobbies s'en moquent éperdument, à part lors de la "troisième mi-temps" à la rigueur.
a écrit le 17/07/2014 à 23:43 :
Il était temps que nos élus apprennent comment fonctionne le système et s'adapte en conséquence.

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