Areva : des erreurs stratégiques qui se paient cash

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Un des fleurons de l'industrie française va mal. Très mal même. La situation du groupe Areva est plus que difficile. Le groupe nucléaire paie le prix fort de ses initiatives passées... Le cru 2014 se soldera par un résultat net négatif après une perte de 694 millions d'euros au premier semestre. Selon le Figaro citant des informations de l'Opinion, le groupe devrait afficher un déficit net de l'ordre de 4 milliards d'euros. « Un chiffre encore susceptible d'évoluer du fait des travaux en cours et qui correspond peu ou prou à l'équivalent des capitaux propres du groupe », ajoute le quotidien.

Un des fleurons de l'industrie française va mal. Très mal même. La situation du groupe Areva est plus que difficile. Le groupe nucléaire paie le prix fort de ses initiatives passées... Le cru 2014 se soldera par un résultat net négatif après une perte de 694 millions d'euros au premier semestre. Selon le Figaro citant des informations de l'Opinion, le groupe devrait afficher un déficit net de l'ordre de 4 milliards d'euros. « Un chiffre encore susceptible d'évoluer du fait des travaux en cours et qui correspond peu ou prou à l'équivalent des capitaux propres du groupe », ajoute le quotidien.

Des erreurs stratégiques qui se paient cash

Rien ne va plus donc dans la maison Areva. Il est bien loin le temps où ce chouchou de la place parisienne cotait sur les 80 euros. C'était en 2007, un temps bien révolu alors que le nucléaire affichait une mine radieuse jusqu'à... ce que la catastrophe nucléaire de Fukushima ne vienne jeter le discrédit sur cette source d'énergie, qui est jusqu'à présent la seule, mis à part l'hydraulique, à être compétitive. Le prix du mégawatt nucléaire est en effet inférieur de moitié à celui produit par le charbon ou l'éolien, et près de quatre fois moindre que celui du solaire. Aussi, le groupe se traine le boulet Uramin. Cette mine d'uranium rachetée en 2007, s'est trouvée confrontée à une hausse de ses coûts au moment où le prix de l'uranium baissait fortement. Une affaire qu'Areva a encore du mal à digérer, sans compter les provisions pour l'EPR finlandais. Le groupe a déjà passé près de 4 millions d'euros de provisions depuis 2006 sans compter l'indemnisation du client, TVO, qui réclame encore 2,3 milliards d'euros.

Le groupe nucléaire paye donc le prix fort de ses errements stratégiques. En pertes depuis 2011, Areva devrait, sans grande surprise, afficher un résultat net négatif en 2014 et ce, après avoir d'ores et déjà perdu 694 millions d'euros au premier semestre. Areva a précisé en outre ne plus pouvoir garantir son objectif d'un cash-flow opérationnel libre « proche de l'équilibre ».

Un navire en perdition à sauver

Alors pour tenter de revenir à de meilleures fortunes, le groupe avait annoncé début octobre une série de mesures destinées à renforcer la structure financière du groupe. Dans un premier temps, le groupe nucléaire public va procéder à une réduction de 200 millions d'euros du niveau d'investissements pour la période 2015-2016, puis devrait céder au moins 450 millions d'actifs et à une émission d'obligations hybride « dans les meilleurs délais ». Mais début novembre, le groupe a été contraint de signaler que « certains retards d'encaissements pourraient avoir «un impact sur le niveau du cash-flow opérationnel libre» et d'annuler sa levée de fonds dans un contexte de forte volatilité sur les marchés. Et pour enfoncer le clou, EDF a annoncé le report à 2017, au lieu de 2016, de la mise en service de l'EPR de Flamanville. Et l'électricien ne s'est pas fait prié pour imputer ce retard à Areva. « Cette révision du planning résulte des difficultés rencontrées par Areva sur les livraisons d'équipements » et par « la mise en place de la réglementation des équipements sous pression nucléaires, invoque le groupe.

Le flou entoure l'avenir d'Areva. Et pour donner des réponses aux interrogations des marchés, de nouvelles perspectives financières pour la période 2015-2017 seront présentées « d'ici à la publication des résultats de l'exercice 2014 », prévue pour le 4 mars. Le groupe doit en effet prendre en compte de nouvelles données telles que le « nouveau planning d'achèvement du projet Olkiluoto 3 » en Finlande, le « glissement du calendrier de redémarrage des réacteurs japonais » et de « la révision des hypothèses de calendrier de lancement de nouvelles constructions de réacteurs », ainsi que de « l'atonie persistante du marché des services à la base installée, y compris en France », a-t-il détaillé. La nouvelle équipe dirigeante composée de l'ex-PSA Philippe Varin, aura du pain sur la planche pour redonner un cap à un navire en perdition.

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