CAC 40 : les profits des entreprises ont grimpé quatre fois plus vite que leur chiffre d'affaires

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En l'absence de risque géopolitique majeur ou d'erreur de politique monétaire, on est parti pour une très bonne période, a commenté pour l'AFP Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM.
"En l'absence de risque géopolitique majeur ou d'erreur de politique monétaire, on est parti pour une très bonne période", a commenté pour l'AFP Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM. (Crédits : CC0 Creative Commons/Pixabay.)
Les entreprises du CAC 40 ont engrangé plus de 52 milliards d'euros de profit pour 650 milliards d'euros de chiffre d'affaires au cours des six premiers mois de l'année. La tendance observée en 2016 (+32%) s'est confirmée. Les bénéfices déjà engrangés représentent plus des deux tiers des 75,4 milliards d'euros glanés l'an dernier.

Les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 26,3% au premier semestre, portés par l'automobile, le luxe et plusieurs cessions, pour atteindre 52,3 milliards, contre 41,3 milliards l'an dernier à la même période d'euros, selon un décompte réalisé par l'AFP. Le chiffre d'affaires de ces entreprises n'a pourtant progressé que de 6,6% dans le même temps, à 650 milliards d'euros.

La tendance observée en 2016 (+32%) s'est donc confirmée sur les six premiers mois de 2017. Les bénéfices déjà engrangés représentent plus des deux tiers des 75,4 milliards d'euros glanés l'an dernier.

"Je pense qu'il faut mettre ça dans un contexte global", a déclaré à l'AFP Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM. "Le monde économique va globalement bien, ce qui est évidemment de bon augure pour des marchés, des entreprises exportatrices dans de nombreux cas, comme celles du CAC 40".

"En l'absence de risque géopolitique majeur ou d'erreur de politique monétaire, on est parti pour une très bonne période", a-t-il ajouté.

Sanofi devant Total, hausse timide pour la finance

 Au classement des profits, Sanofi (6,7 milliards) devance Total (4,5 milliards), BNP Paribas (4,3 milliards), Safran (3,3 milliards) et Axa (3,2 milliards). Le géant pharmaceutique, qui a triplé son bénéfice, a cependant dopé ses comptes avec la vente de son activité dans la santé animale. De même que le groupe aéronautique Safran a fait décoller son résultat net (+84%) grâce aux cessions de ses deux filiales dans la sécurité. Le semestre a aussi été brillant pour les fleurons français du luxe LVMH (+24%) et Kering (+77%), ainsi que pour le champion des cosmétiques L'Oréal (+38%).

Principal pourvoyeur de profits, le secteur de la finance (Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale) affiche une timide hausse de 1,8% avec 11,5 milliards d'euros.

Redressement des valeurs industrielles

Les valeurs industrielles poursuivent leur redressement, ArcelorMittal et LafargeHolcim multipliant même leurs bénéfices par plus de trois, tandis que Total (+36%) profite de la remontée des cours du pétrole. Et l'automobile (Michelin, PSA, Renault, Valeo) confirme son rôle moteur et accélère de 28% avec 5 milliards.

A l'inverse, Airbus traverse encore un trou d'air (-14%) et Orange revient sur terre (-75%) après une grosse plus-value au Royaume-Uni début 2016. Vivendi, qui a publié ses résultats jeudi, voit également son bénéfice reculer de 80,7%, sous l'effet d'éléments exceptionnels.

Seul groupe du CAC 40 dans le rouge au premier semestre, le finlandais Nokia réduit toutefois sa perte de 27%.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 02/09/2017 à 15:24 :
Il suffit d'y croire pour que cela soit vrai! C'est comme les dettes que l'on vous persuade d'avoir alors qu'elles ne sont que virtuelle!
a écrit le 02/09/2017 à 9:04 :
Et pendant ce temps là on va em------der le petit épargnant avec des flats taxes, que l'on ose pas imposer aux revenus boursiers, imaginez une taxe de 0,5% sur de tels profits !!!!!
a écrit le 01/09/2017 à 18:51 :
Comme le disait un de nos anciens comiques ; « Les français vont être content de savoir qu’ils habitent un pays riche ». !!!
Réponse de le 02/09/2017 à 10:52 :
Non, les Français habitent un pays dont les grosses entreprises sont riches mais dont ils ne sont pas propriétaires. Et pourtant c'est le pays où les habitants épargnent le plus. Ils mettent leur épargne sur le livret A, sur l'assurance vie ou dans la pierre ! Cherchez l'erreur
a écrit le 01/09/2017 à 18:43 :
C'est une bonne nouvelle et maintenant il suffit de partager avec le peuple...
a écrit le 01/09/2017 à 18:37 :
Alors pourquoi faut-il modifier le code du travail puisqu'elles vont très bien?!!!
Réponse de le 01/09/2017 à 19:42 :
Cet article traite des grandes entreprises, qui sont moins concernées par la rigidité du code du travail que les PME.
Avec leur masse d’effectifs, les grandes et moyennes, souvent diversifiées, peuvent s’adapter et gérer les crises sectorielles (peu importe l’origine, crise financière, grippe aviaire ou baisse du baril) plus facilement que les PME qui sont souvent très spécialisées.
La PME doit vite embaucher ou débaucher pour s’adapter aux aléas du marché.
Elle peut moins se permettre d’attendre qu’un orage passe.
Les GE et les grosses ETI ont une capacité à investir et trouver des financements, même pendant les crises, et à amortir en attendant l’horizon s’éclaircisse.
Parce qu’en général elles survivent aux crises et en ressortent plus fortes, d’où leurs super bénéfices cette année.
De plus les grandes entreprises peuvent répercuter en partie les crises chez leurs sous-traitants et équipementiers.
La PME est souvent seule face au défit, et un peu abandonnée par le financement dès que ça va mal.
Ce n’est pas la même chose de devoir trouver 10 employés pour récupérer un marché (PME) que 100 pour récupérer un plus gros marché (ETI ou GE).
Ces dernières peuvent souvent, reconfigurer en interne leur organisation pour répondre juste à un appel d’offre, voir démarrer l’affaire si elle est acquise, même si au final elles devront embaucher. Les PME n’ont généralement pas cette chance.
La flexibilité du travail va principalement servir les plus petites PME qui hésitent souvent à embaucher, ne serait-ce quelquefois qu’un seul salarié. Dans ce cas, elles ne prennent pas de risques, mais perdent aussi la possibilité de grossir, et s’affaiblissent face à la concurrence, notamment si elles sont exportatrices. C’est bien le principal problème que nos PME rencontrent face aux étrangères. Il faut y ajouter la lourdeur administrative, et les taxes et impôts au dessus de la moyenne européenne qui nuisent aux marges, donc par répercussion à la trésorerie et à l’investissement.
Réponse de le 02/09/2017 à 15:32 :
On demande au PME une adaptabilité pour le grand bénéfice des "grandes entreprises' dont elles dépendent!
a écrit le 01/09/2017 à 13:54 :
Et probablement aussi bien plus vite que nos salaires ou nos retraites....
Ça donne à réfléchir !
a écrit le 01/09/2017 à 13:41 :
ENTREPRISES, chiffres fin 2013, INSEE (02/03/2017)

« 3,75 millions d’entreprises dans les secteurs marchands non agricoles »

Nombre d’entreprises / salariés / CA / Valeur ajoutée H.T.
GE : 274 - 4, 333 M - 1 325 Mds - 337 Mrd
(29 % du total des salariés)
ETI : 5 322 - 3,473 M - 1 093 Mds - 252 Mrd
(24 % du total des salariés)
PME non ME : 138 117 - 4,169 M - 815 Mds - 240 Mrd
(28 % du total des salariés)
ME : 3 606 471 - 2,808 M - 548 Mds - 216 Mrd
(19 % du total des salariés)
Total : 3 750 454 - 14,782 M - 3 781 Mds - 1 046 Mrd

Spécificité du secteur assurances et finance :
26 GE emploient 79 % du total des salariés.

« Dans les secteurs non financiers, les grandes entreprises dégagent un tiers de la valeur ajoutée, tandis que les trois autres catégories en réalisent le reste à parts à peu près égales. 56 % de la valeur ajoutée est ainsi produite par près de 5 400 entreprises (GE et ETI) qui réalisent aussi 84 % des exportations. »

« Les ETI se distinguent des autres catégories par leur orientation vers l’industrie manufacturière et par le poids des implantations étrangères. Parmi les 3,1 millions de salariés de l’industrie manufacturière, 36 % sont employés par des ETI. Compte tenu de leur orientation industrielle, les ETI jouent un rôle essentiel dans le commerce extérieur, réalisant 34 % du chiffre d’affaires exporté. »

« La majorité des salariés des PME (y c. microentreprises) sont dans les services destinés aux particuliers, ainsi que les activités spécialisées scientifiques et techniques. Dans la construction, en dépit de la présence d’une dizaine de grandes entreprises, 70 % des salariés sont employés dans des PME (y c. microentreprises). Les microentreprises comptent 71 % de leurs effectifs salariés dans les activités tertiaires. Les PME hors microentreprises comptent en moyenne 27 salariés. La majorité (60 %) ont moins de 20 salariés. Les activités exercées sont plus diversifiées que pour les autres catégories. De ce fait, la structure d’emploi des PME hors microentreprises est assez proche de celle de l’ensemble. Les PME hors microentreprises sont surreprésentées dans la construction et les industries de type traditionnel (textile, bois, papier et imprimerie, métallurgie, industries extractives). »
a écrit le 01/09/2017 à 12:20 :
"En l'absence de risque géopolitique majeur ou d'erreur de politique monétaire, on est parti pour une très bonne période". Evidemment! Sauf que ces risques sont permanents.
Auquel il faut ajouter la "bulle" des start-up, des "licornes", de la "nouvelle économie"...
Réponse de le 01/09/2017 à 18:11 :
Vous oubliez le (shadow banking) et c'est loin d'etre neutre....
Réponse de le 01/09/2017 à 21:22 :
@Réponse de Grand
Vous avez raison, j'oubliais le "shadow banking"... Mais la finance en général n'est-elle pas un grand "shadow"?
a écrit le 01/09/2017 à 12:16 :
Normal ils ont mis les bonnes personnes et les bonnes réformes en France en écrasant la couche social du milieu et en propageant la précarité, c'est le tour aux retraités
Réponse de le 01/09/2017 à 14:11 :
Euh non!Avec les taux zéro,les grosses entreprises empruntent a taux nul ou négatif pour racheter leurs actions,ce qui augmente le bénéfice par action puisqu'on limite le nombre d'actions en circulation.Ensuite on demande au conseil d'administration(amis et frères) de voter l'augmentation de dividende
a écrit le 01/09/2017 à 12:08 :
Elles se gavent ces entreprises sur le dos des consommateurs et de leurs salariés qui seront bientôt plus vite remerciés.
a écrit le 01/09/2017 à 12:03 :
Les actionnaires vont faire la fête, suppression de l'ISF plus de généreux dividendes.
Allez Macron, un petit geste pour les retraités , fonctionnaires et cadres qui vont payer la CSG en janvier.
a écrit le 01/09/2017 à 11:21 :
52 Mds de profit sur 650 Mds de CA, cela fait une rentabilité de 8% du chiffre d'affaire. Ce n'est pas énorme.
Réponse de le 02/09/2017 à 16:49 :
Merci: c'est le seul commentaire qui est pertinent; De plus les € 52 Mlds incluent des plus values de cession.
Cordialement
a écrit le 01/09/2017 à 9:58 :
Merci pour cet article qui explique parfaitement pourquoi notre économie est anémique puisque le bénéfice boursier est directement déposé dans un paradis fiscal échappant à toute redistribution de richesses.

A force nous ne pourrons plus faire seulement avec les miettes qui se réduisent de jour en jour.
a écrit le 01/09/2017 à 9:50 :
"Je pense qu'il faut mettre ça dans un contexte global", a déclaré à l'AFP Vincent Juvyns, stratégiste chez JPMorgan AM. "Le monde économique va globalement bien, ce qui est évidemment de bon augure pour des marchés, des entreprises exportatrices dans de nombreux cas, comme celles du CAC 40".

C'est pour ça qu'il faut continuer à presser, tels des citrons, les salariés et collaborateurs
il faut bien que quelques uns (un petit nombre) profitent de cette manne et sans payer d'impôts, svp !…

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