L'euro au-dessus de 1,16 dollar pour la première fois en deux ans

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L'euro grimpait face au dollar jeudi alors que la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu sa politique monétaire inchangée.
L'euro grimpait face au dollar jeudi alors que la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu sa politique monétaire inchangée. (Crédits : Reuters)
Suite au discours de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, l'euro était au beau fixe, dépassant le dollar et atteignant son niveau le plus élevé depuis près de deux ans.

L'euro grimpait face au dollar jeudi alors que la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu sa politique monétaire inchangée mais a laissé entendre qu'elle discuterait à l'automne de l'avenir de ses rachats d'actifs.

Vers 21h GMT (soit 23h à Paris), l'euro valait 1,1631 dollar contre 1,1516 dollar mercredi à la même heure. Il est monté vers 14h45 GMT à 1,1658 dollar, son niveau le plus élevé depuis fin août 2015.

La monnaie européenne montait également face à la devise nippone, à 130,13 yens pour 1 euro contre 128,85 yens la veille.

Le billet vert, quant à lui, se stabilisait face à la devise japonaise, à 111,88 yens pour un dollar contre 111,89 yens mercredi soir.

Pas de grande surprise de la part de Mario Draghi

La BCE n'a pas fait bouger sa politique monétaire et son président Mario Draghi a appelé à attendre patiemment une véritable accélération de l'inflation avant d'envisager un changement de cap.

> Lire aussi : La BCE maintient son programme d'achat de dettes jusqu'en décembre... et après ?

"La conférence de presse a été conforme à ce qu'on attendait, Mario Draghi prenant acte d'une amélioration des conditions économiques, mais faisant de son mieux pour ne pas alimenter la hausse de l'euro en répétant que tout relèvement de taux n'interviendrait pas avant un certain temps et que le programme de rachat d'actifs pourrait être étendu si nécessaire", a remarqué Greg Anderson de BMO. "Mais le marché a complètement ignoré ses remarques."

Pour Neil Wilson, analyste chez ETX Capital, "si Mario Draghi n'a rien proposé de bien nouveau, il a tout de même laissé échapper que le conseil des gouverneurs pourrait discuter à l'automne" d'une diminution de son programme de rachats d'actifs.

"M. Draghi était moins décidé à préciser s'il considérait septembre comme l'automne", la prochaine réunion de la BCE ayant lieu le 7 septembre, a-t-il remarqué. Ce n'était pas grand-chose, mais cela a suffi, car "le marché est très réactif à tout ce que dit M. Draghi en ce moment", a-t-il poursuivi.

Si M. Draghi est resté vague sur la date du début des discussions sur le retrait de certaines mesures de soutien à l'économie de la zone euro, de nombreux opérateurs restaient tout de même persuadés que l'institution annoncerait dès septembre ses projets de resserrement monétaire.

Trump déconcerte les marchés

Autre élément à prendre en considération près la conférence de presse de Mario Draghi, le dollar a renforcé ses pertes "avec la publication d'informations sur le fait que l'enquête menée par (le procureur spécial) Robert Mueller concernait aussi les activités de Donald Trump en tant qu'homme d'affaires", a noté Greg Anderson.

Alors que le président américain a mis en garde mercredi dans une interview au New York Times Robert Mueller, qui enquête sur une éventuelle collusion entre des proches de Donald Trump et Moscou, contre tout examen des finances de sa famille non liées à la Russie, l'agence Bloomberg a rapporté que l'enquête du procureur spécial incluait des transactions menées par le président américain avant sa campagne.

"C'est un élément déconcertant pour les marchés et cela a pesé sur le dollar", a estimé Greg Anderson.

Niveau le plus faible pour la livre depuis novembre 2016

Par ailleurs, le yen était sous pression après que la Banque du Japon a encore abaissé ses prévisions d'inflation, éloignant de fait, la perspective d'un resserrement monétaire.

Vers 21h GMT, la livre britannique baissait face à l'euro, à 89,65 pence pour un euro, atteignant même vers 14h45 GMT, 89,77 pence, son niveau le plus faible depuis début novembre 2016. La livre baissait aussi face au dollar, à 1,2975 dollar pour une livre.

La monnaie suisse baissait face à l'euro, à 1,1065 franc pour un euro, mais montait face au dollar, à 0,9513 franc pour un dollar, atteignant même vers 14h45 GMT 0,9494 franc, un sommet depuis début mai 2016.

La devise chinoise a fini en baisse face au billet vert, à 6,7597 yuans pour un dollar à 15h30 GMT contre 6,7519 yuans mercredi à la même heure.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 22/07/2017 à 11:43 :
Enfin.. une monnaie forte pour l'Allemagne mais qui affaiblira le reste de la zone par une compétitivité accrue des USA!
a écrit le 21/07/2017 à 14:43 :
Il ne faudrait pas que l'Euro remonte de trop, si non les américains vont encore nous torpiller pour retrouver une parité Euro / Dollars. On sort à peine de la dernière crise, il ne s'agirait pas de retomber tout de suite dans une autre :) :(
Réponse de le 22/07/2017 à 11:14 :
Un taux de 1,15$/1,20$ pour 1€ n'apporte ni avantage ni handicap compétitif, c'est la fourchette qu'il convient de maintenir. Par contre le scepticisme de plus en plus grand que provoque le brexit continue à provoquer la glissade de la £.
a écrit le 21/07/2017 à 12:09 :
un euros fort n est pas bon pour notre commerce exterieur,? par contre on peut en profite pour rembourse notre enorme dette???
Réponse de le 22/07/2017 à 11:19 :
A 1,15-1,20$ l'€ n'est ni fort ni faible. Et ça ne change rien à notre dette qui est de toutes façons libellée en €. Il n'y a pas 36 façons de maîtriser notre dette, c'est de revenir à l'équilibre budgétaire, et comme il n'y a plus de marges de manoeuvre côté recettes, c'est donc du côté de la dépense qu'il faut regarder.
a écrit le 21/07/2017 à 11:49 :
Notons comme elles chefs d'état, les financiers et leurs médias ont insulté Draghi par ce qu'il ne faisait pas ce qu'ils demandaient alors que l'histoire montre que Draghi sauve les meubles en essayant d'amortir la profonde crise endémique générée par la finance mondiale.

Bref tandis que les oligarques européens insultaient Draghi ce dernier sauvait leur peau.

L'empire des faibles.
Réponse de le 22/07/2017 à 11:25 :
La crise financière est terminée depuis 2010. La situation actuelle est due à la mauvaise gestion de certains états de la zone €.
Réponse de le 22/07/2017 à 19:47 :
@bruno-bd

La crise est terminée depuis 2010 ,pour les banques merci Sarko qui pour les maintenir à flot nous a endettés de 900Md d' Euros .
Réponse de le 23/07/2017 à 9:16 :
@roro : vous mélangez un peu tout. Le soutien aux banques françaises n'a rien coûté à l'état, il lui a même rapporté un peu d'argent puisqu'aucune banque française (exception faite de la parapublique Dexia) n'était sérieusement en danger grâce à leur excellente gestion et à leur grande robustesse. Elles n'ont connu qu'une crise très transitoire de liquidités qui a été résolue par des prêts assortis d'un taux d'intérêt très élevé (et qu'elles ont donc remboursé au plus vite). L'endettement supplémentaire que vous mentionnez est dû, pour partie au plan de sauvetage de la Grèce (environ 30 milliards empruntés par la France pour le compte de la Grèce) et surtout à l'absence de volonté de réduction réelle de la dépense publique à laquelle la France est décidément accro.
Réponse de le 23/07/2017 à 18:00 :
"La crise financière est terminée depuis 2010"

Je sais et ?

Je vous parle d'une crise économique que la crise financière a généré, je sais que tout va très bien pour la finance ne vous en faites pas, facile à voir le monde leur appartient et faut voir comme ils le massacrent.

"Les remèdes toxiques à la crise financière" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/02/DURAND/57130
Réponse de le 24/07/2017 à 9:15 :
Ah ben tiens une nouvelle fois je vous ai fais une réponse qui n'a pas été validée. C'est fatiguant de perdre son temps doublement.

"La crise financière est terminée depuis 2010."

Oui je le sais, je parle de crise économique qu'a suscité la crise financière. Je ne vois pas ce qu'il y a de censurable d'opposer des arguments et des liens à votre prêche permanente néolibérale.

"Les remèdes toxiques à la crise financière" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/02/DURAND/57130

"La situation actuelle est due à la mauvaise gestion de certains états de la zone €"

Sans rire c'est ça votre argument et c'est tout ? Quels pays ? Quelles mauvaises gestions ???

Bref excuse bateau néolibérale qui ne passe que grâce à la complicité des médias de masse "c'est pas nous c'est les autres" à l'image de la baisse des APL. Quelle lâcheté incroyable bon sang...

L'empire des faibles.
a écrit le 21/07/2017 à 11:01 :
Mr Trump souhaite un dollar faible, il reste encore de la marge, un euro valait 1,40 dollar il y a pas si longtemps...En France nous risquons bientôt de revoir les experts économistes hurleurs sur l'euro trop fort ,facteur de difficultés économiques et de chômage, bref le bouc émissaire monétaire de décharge pour septembre....
Réponse de le 21/07/2017 à 12:31 :
ça fait dix ans qu'ils nous font le coup alors qu'étant les seuls responsables de ce va et vient permanent.
Réponse de le 21/07/2017 à 15:07 :
@Robert: que l'euro soit faible ou fort ne fait pas grande différence, car les grandes entreprises ont des comptes en diverses monnaies (moi aussi d'ailleurs) et quand le dollar baisse, l'euro monte et inversement :-)

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