La livre turque en chute libre

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Déjà à l'agonie depuis plusieurs jours, la devise turque s'est effondrée de 19% par rapport au dollar sur la journée de vendredi.
Déjà à l'agonie depuis plusieurs jours, la devise turque s'est effondrée de 19% par rapport au dollar sur la journée de vendredi. (Crédits : Umit Bektas)
La livre turque (TRY) a brutalement dégringolé, perdant plus de 19% de sa valeur sur la journée du vendredi 6 août. Les déclarations du président Erdogan et la hausse des droits de douane décidés par le président Trump ont provoqué un nouveau krach.

C'est son plus bas niveau historique à ce jour. La livre turque, déjà à l'agonie depuis quelques jours, s'est effondrée de 19% par rapport au dollar sur la journée. La devise, qui perdu près de 40% de sa valeur par rapport au billet vert, s'échangeait à 6,6 livres environ contre un dollar à 13h35 GMT. Cette chute spectaculaire survient après l'annonce du président américain Donald Trump d'une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

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« Je viens juste d'autoriser le doublement des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium en provenance de Turquie puisque leur monnaie, la livre turque, descend rapidement contre notre dollar fort ! L'aluminium sera désormais taxé à hauteur de 20% et l'acier 50%%. Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment ! » a tweeté le président Trump ce vendredi 10 août

Face à cette situation, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé ses concitoyens à la « lutte nationale », en leur demandant d'échanger leurs devises étrangères pour soutenir leur monnaie. Mais son appel n'a eu que pour effet d'intensifier la chute de la livre.

« Avec l'aide de Dieu, nous allons surmonter ces catastrophes et, de plus, nous mènerons avec succès la guerre économique », a assuré le dirigeant turc à l'agence de presse étatique Anadolu.

Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays. La Turquie est en effet embourbée dans une grave crise diplomatique avec les États-Unis, au sujet d'Andrew Brunson, un pasteur américain accusé par les autorités turques de terrorisme et d'espionnage, détenu par Ankara.

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La dégringolade de la livre turque

(Un graphique de notre partenaire Statista. Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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Les banques européennes sous pression

Selon le Financial Times, l'inquiétude a dépassé les frontières turques. Le quotidien économique a en effet affirmé vendredi que la Banque centrale européenne (BCE) se disait préoccupée par l'exposition de certains acteurs à la Turquie. Le régulateur craint que certains emprunteurs ne soient pas couverts contre la baisse de la livre turque et commencent à faire défaut sur des emprunts en devises. Ces crédits représentent jusqu'à 40% des actifs du secteur bancaire turc, souligne le journal économique anglais.

« Les investisseurs voyaient la crise monétaire en Turquie comme un problème local. Cependant, il semble que la rapidité de la chute [de la livre] renforce les inquiétudes d'une possible exposition de banques européennes au système bancaire turc » explique Michael Hewson, analyste de CMC Markets, à l'AFP.

La chute du livre turque a bien pesé sur le secteur bancaire. De Londres à Francfort en passant par Paris, l'indice des valeurs bancaires européennes perd 3%. Quasiment tous les établissements sont dans le rouge, avec BNP Paribas (-3,7%), ING (-3,8%), UniCredit (-3,8%), Deutsche Bank (-4%) et BBVA (-5%) qui signent les plus fortes baisses.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 15/08/2018 à 12:25 :
Que vient faire Allah dans l'hystérie mystique de M. ERDOGAN. Si la crise est là c'est que Allah l' a voulu. Dont acte. Et que les Turcs assument leur récent vote. Du coup le iphone leur coûtera le double. Donc si les Turcs ont assez d'imagination pour retenir la théorie du complot il n'ont qu'à imaginer se passer diphone de médicaments de desherbants d'ordinateur.... retour à l'âge de pierre avec les silex. La Turquie a pris une raclée il y a 100 ans par les britanniques ce sera la seconde Sans tirer un coup de feu.
a écrit le 13/08/2018 à 15:28 :
Simple leçon d’économie, ou mauvais exemple quasi prédictif pour ceux qui veulent suivre la même voie ? Dans le courant de l’exacerbation nationaliste, de l’autonomie de la monnaie et autres expressions d’egos, voila qu’à la simple mauvaise humeur du président d’une grande puissance, la monnaie dégringole et le pays risque une sévère récession.
Pourtant on entend souvent dire que pour relancer la croissance il suffit de dévaluer la monnaie et d’imprimer de la monnaie nationale. Comme quoi, l’UE et son Euro stable ont surtout beaucoup d’avantages.
Certes on ne va pas se réjouir de cette situation qui risque surtout de pénaliser la population turque. Sans compter les risques que cela fait peser sur les places de marché mondiales et les économies voisines. Mais au moins on constate des effets réels d’une guerre commerciale sur un pays isolé, aussi puissant soit-il.
Européens, restons solidaires.
a écrit le 13/08/2018 à 12:08 :
Histoire de mettre un peu plus d'ambiance, Erdogan devrait retirer la Turquie de l'OTAN.
a écrit le 13/08/2018 à 8:47 :
Erdogan dictateur arrive au bout de sa partition. L'economie et la monnaie plus particulierement, "nerf" de la guerre reste des variables incontournables..
Demander a ses concitoyens de vendre leurs $ et valeurs en or pour proteger la livre, mais oui, bien sur, ils ne sont pas stupides.
Par ailleurs, il peut bomber le torse, la Turquie ne se risquera pas a provoquer militairement les USA.
a écrit le 12/08/2018 à 15:16 :
L'économie turque est portée principalement par l'Europe et les US sans ces deux poids lourds autant sur le plan de la croissance que de la monnaie la Turquie ferait face à de graves mouvements internes. Il est clair que M. Erdogan arrive au bout de ses possibilités de provocations. Les occidentaux se posent depuis plusieurs années la fiabilité réelle de la Turquie dans l'OTAN. On voit également que les turcs ne se précipitent pas pour changer leur devise contre de la livre et pour cause cette monnaie n'est pas une référence sur le plan international. La Turquie de M. Erdogan serait elle au bout de ses provocations. Les semaines qui viennent vont être un vrai test pour la Turquie qui a plus à perdre qu'à gagner dans un affrontement économique avec l'occident. Les camps de migrants seront ils sa monnaie d'échange ou la aussi son problème, par des passages qui seront hermétiques? Le chantage a toujours une fin est ce maintenant?
a écrit le 12/08/2018 à 15:01 :
Prochain dictat du Dictateur ERDOGAN, qui emprisonne touristes, travailleurs étrangers, sème la peur, et manipule tout :
Officialisation d'une " république " Islamique
a écrit le 12/08/2018 à 14:14 :
L’effondrement de la monnaie turque n’est pas seulement de la faute de Trump, même s’il y contribue. Il y a des causes propres à la Turquie, en particulier un déficit important de balance commerciale et de balance courante. En outre le pouvoir politique en Turquie ne respecte pas l’indépendance de la banque centrale qui n’a notamment pas la liberté d’agir sur les taux d’intérêt comme elle le voudrait. Peut-être aussi il y a une monétisation exagérée de la dette publique. Un Gendre du président s’occupe de l’économie et ce n’est pas un spécialiste. Quoi qu’il soit on sait très bien depuis longtemps que pour les pays qui ont la souveraineté monétaire, si le pouvoir en place se laisse aller à faire n’importe quoi, les marchés financiers garde la possibilité d’attaquer la monnaie dont le taux de change s’effondre et il y a une crise inflationniste à gérer pour le pays, surtout quand il importe beaucoup. Il n’y a pas que la Turquie, on a l’exemple de l’Argentine, du Venezuela, et d’autres où le pouvoir politique, à un moment donné, a été défaillant sur le plan de la gestion de l'économie.

Donc c’est bien beau pour le Président turc de demander à sa population d’être patriote. Déjà il devrait gérer de façon plus sérieuse les affaires économiques de son pays. D’un autre côté si les acteurs européens ont 130 milliards d’euros de créances sur les acteurs économiques turcs c’est parce que les banques notamment préfèrent investir leurs revenus, notamment ceux tirés du quantitative easing de la BCE en Turquie (ou ailleurs hors zone euro ou hors UE) que dans les pays à problème de la zone euro, comme l’Italie dont le spread sur la dette publique atteint des niveaux inquiétants. Et en zone euro les crises liées à l’attaque de la monnaie sont remplacées par des crises liées à l’attaque des dettes souveraines. C’est ce qui menace l’Italie à moyen terme.

http://www.rfi.fr/emission/20180811-turquie-chute-livre-ahmet-insel-analyse-rcp-recep-tayyip-erdogan
a écrit le 12/08/2018 à 11:41 :
Une première petite avancée pour faire plier un gouvernement étranger.
Maintenant, le tout est de savoir quelle est la stratégie? Les Nations Occidentales vont jusqu au bout et donc affrontement/reconstruction/mise sous tutelle/chaos/etc ou se dégonflent comme à chaque fois?
a écrit le 12/08/2018 à 11:12 :
C'est le moment d'aller acheter votre renault en Turquie,directement a l'usine!.Idem pour les fruits séchés(abricots raisins,figues)
Réponse de le 12/08/2018 à 14:51 :
Demandez à l'Ex : votre Hollande 2022 d'y aller pour vous, MEME VOUS N IREZ MEME PAS moi surtout pas : trop d'emprisonnements déjà intervenus, pour prétexte d'espionnage. Ce pays est une Dctature, et de plus en plus claire. Les Turcs ont bien raison de garder leur dollars. D'ici fin 2018, la " monnaie" Turque aura perdu encore 40%
a écrit le 12/08/2018 à 11:11 :
Quand un despote illuminé commence a demander l'aide d'un dieu quelconque pour résoudre ses problèmes, c'est que la fin est proche, et qu'il va y avoir de la viande dans les rues... pauvre peuple... maintenons les gogos dans l'obscurantisme et l'absence d'éducation.. ca va réduire la population planétaire rapidement...
Réponse de le 12/08/2018 à 12:32 :
👏🏻
a écrit le 12/08/2018 à 8:42 :
.... une possible exposition au systeme bancaire turc ?!?.......Ha bon !
Réponse de le 12/08/2018 à 9:03 :
C’est «  une façon d’étendre » la guerre de Syrie aux portes de l’Europe tout en défendant «  la lutte contre le racisme un an après «  sachant que le père était partisan des klu-klux clan : vachement crédible ...
Les vendeurs d’armes doivent se frotter les mains...
a écrit le 11/08/2018 à 19:54 :
C' est un problème de religion...La présence d' un pasteur chrétien dérange ! Tandis que Erdogan prêche une invasion de l' occident par les Musulmans ( faire cinq enfants et ne pas se soumettre aux lois républicaines ) .
Réponse de le 12/08/2018 à 8:35 :
Propagande !
Ça vous ferait «  jouir » que ça soit la réalité n’est ce pas ?
Pas de chance pour vous...
Votre option : le viagra ?
a écrit le 11/08/2018 à 15:48 :
Ce n'est pas d'aujourd'hui que la monnaie turque part à la dérive. Il y a déjà longtemps que les économistes agitaient la sonnette d'alarme.
a écrit le 11/08/2018 à 15:35 :
Vendredi 10 août, et pas 6 août.
Stagiaires et fake news : pas étonnant que la presse dite "d'information" soit en déclin permanent.
a écrit le 11/08/2018 à 11:09 :
Le coté positif, on devrait pouvoir renouveler notre électro ménager à moindre cout. Le négatif, comme pour la Grèce, la BCE ou la BdF vont ils voler au secours des banques Fr, qui n ont encore rien vu venir ?
a écrit le 11/08/2018 à 10:42 :
Il n'y a pas de secret: la livre turque baisse depuis un certain temps par rapport aux autres monnaies car l'inflation est 16 % et le taux de base est 6.5 % et il y a les amplifications du marché suite aux discussions commerciales (tweets du Président Trump).
Malgré ce qu'écrit le FT, la crise turque n'est pas évoquée dans les derniers communiqués officiels de la BCE (voir site). Toutefois, pour les banques exposées et même si les prêts ont été effectués en USD, il y a des risques de faillite des emprunteurs.
Cordialement
Réponse de le 11/08/2018 à 14:57 :
D’après les médias : le scénario ressemble à tous les scénarios économiques de ces derniers temps...
Comment raquetter «  les populations »
Trump, Macron, Erdogan c’est exactement la même chose...
Devenir riches en compressant l’es populations mondiales via les finances boursières ... ils sont tous dans le même camp.
Cordialement
Réponse de le 13/08/2018 à 11:04 :
je suis baba d'admiration devant des personnes comme vous qui savez tout sur tout et qui naturellement détenez LA VERITE. merci de nous instruire vous au savoir incommensurable. merci pour tout et keep on
Réponse de le 14/08/2018 à 10:13 :
@@réponse citoyen très ordinaire le 13/08/2018 à 11:04
Est-ce à moi que vous répondez ? Ce n'est pas clair. Il ne me semble pas tout savoir et quand je publie, je me base sur des faits, des informations sures.et non pas sur des impressions.
Cordialement
a écrit le 11/08/2018 à 10:33 :
Je n'aime pas Trump mais il faut saluer son action contre la Turquie. L'Europe aurait du faire la même chose depuis longtemps. Ce pays est en train de tourner en une dictature islamiste avec toutes les dérives que l'on connaît. Ne parlons pas du soutien à l'EL à une période, les doigt d'honneur à l'Otan, l'ingérence par proxy en France et Allemagne etc ...
Ataturk doit se retourner dans sa tombe ...
Réponse de le 11/08/2018 à 14:55 :
Propagande...facile de causer... de son «  trou »...
a écrit le 11/08/2018 à 10:30 :
Tout ce qui est haut a vocation a descendre et tout ce qui est bas a monter quand les autres descendent, je ne plaindrai pas les spéculateurs et je temporiserai si je suis honnête!
Réponse de le 13/08/2018 à 0:06 :
savoir qu'il y a encore quelque chose de libre en Turquie, c'est rassurant.
a écrit le 11/08/2018 à 8:07 :
C’est une attitude irresponsable de la part de M Erdogan & M Trump
Sachant ce que le monde traverse depuis 5 ans : c’est vraiment irresponsable de jouer ainsi avec la vie des populations.

Tous les «  glands » du monde ( populations) savent que nous sommes tous écoutés, l’espionnÂge c’est dépassé par «  la technologie « 

Stop au faux prétexte...
a écrit le 10/08/2018 à 20:30 :
L' oncle Sam est fâché car Erdogan veut acheter des S 300 aux russes, pas content l' américain.

Bravo Trump, voilà un excellent moyen de démondialiser et de permettre à d' autres pays de recréer de saines alliances avec les russes...
Réponse de le 12/08/2018 à 15:24 :
Créer des alliances avec les pauvres n' a jamais aidé les plus démunis. La Russie n'est pas en état de faire face aux US on peut ou pas le déplorer mais les discours ne donnent pas à manger. Pour ce qui du mot "saines" il me semble comique lorsque l'on parle de nos amis politiques russes.
a écrit le 10/08/2018 à 19:32 :
Turquie, Venezula, Zimbabwe et tant d'autres.
Heureusement pour leurs populations qu'il y a le Bitcoin pour s'extirper de leurs monnaies nationales!

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