Crowdfunding : Terra Hominis débarque dans le vignoble bordelais

Clémentine Cailleteau

Clémentine Cailleteau
Après le Languedoc, Ludovic Aventin croit beaucoup en Bordeaux pour essaimer son concept. "Bordeaux est une place forte du monde du vin, et beaucoup d'associés bordelais nous tannaient pour qu'on vienne ici !" En 2009, il fait l'acquisition du premier vignoble acheté en copropriété avec des amis. Depuis, le bâtisseur de Terra Hominis et ancien caviste breton a déjà investi dans 10 domaines soit l'équivalent de 60 hectares de vignes détenus par plusieurs centaines d'associés. Pour trouver des projets sur Bordeaux, la société s'est associée aux Côtes de Bourg. "On investit sur les valeurs culturelles. On veut faire découvrir une nouvelle facette accessible et authentique du vignoble", a annoncé Stéphane Donze, président du Syndicat viticole des Côtes de Bourg. L'appel à candidature est lancé. Depuis 2017 Terra Hominis a franchi la barre des 1.100 associés.
Les associés et vignerons sont triés sur le volet : spéculateurs, amateurs de dividendes et candidats exclusivement motivés par l'aspect financier sont écartés d'office. Seul l'amour du vin et le plaisir d'aider un vigneron priment. Une fois entré dans ce cercle de privilégiés, les investisseurs associés peuvent ainsi suivre pas à pas la fabrication du vin, participer aux vendanges, avoir des micro-cuvées à leur nom et bénéficier de tarifs préférentiels.
La part engagée par les associés oscille entre 1.300 et 2.500 euros, sachant qu'il faut compter entre 160.000 et 400.000 euros pour faire l'acquisition d'un domaine. A Mas Angel, premier domaine financé par ce système de crowdfunding, les 6,4 hectares ont été divisés en parts de 1.300 euros grâce à la contribution d'une centaine d'associés. Le rendement des parts est de 4,5 % par associé et les dividendes sont versés en bouteilles. Pour Bordeaux, ils sont déjà des centaines d'amateurs de vin sur liste d'attente à vouloir eux aussi se procurer un petit morceau de terroir.
Dans le Sud, deux tiers des vignerons ont plus de 55 ans, il n'est pas toujours facile de leur trouver un successeur. D'autant que les établissements bancaires imposent des conditions draconiennes pour soutenir les professionnels. Ce passionné convaincu qu'"un grand vin est un vin qui apporte de l'émotion", souhaite laisser la place aux jeunes talents en leur donnant l'opportunité de s'installer comme vignerons. "Il n'y a pas que les grands crus classés, beaucoup de jeunes vignerons sont très prometteurs et ne demandent qu'à exprimer l'étendue de leur talent !", souligne le fondateur.
Le vigneron accède au vignoble par fermage, moyennant un loyer annuel représentant 4,5 % de l'investissement initial. Pari gagnant : les copropriétaires deviennent très vite les meilleurs ambassadeurs et n'hésitent pas à faire jouer leur réseau, la récolte est vendue plus facilement et les frais d'exploitation sont limités.
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Avec en moyenne 30 hectolitres produits par hectare, les vignobles financés par Terra Hominis privilégient la qualité à la quantité et sont respectueux de l'environnement : "Tous nos projets concernent des exploitations qui placent la préservation de la biodiversité au cœur de leurs préoccupations", insiste Ludovic Aventin.
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La société aide aussi des vignerons plus chevronnés, déjà installés mais endettés, ou souhaitant se développer en achetant de nouvelles vignes. Ce fut le cas de Frantz Vénes, du château Massamier la Mignarde, dans lequel est produit le Domus Maximus, un Minervois élu meilleur vin rouge français 2005 lors de l'International Wine Challenge.
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