Face à une grande distribution offensive, comment Biocoop se différencie

Mikaël Lozano

Christophe Jacob, Diane Rival et Raymond Bayol, porteurs du projet de magasin Biocoop à La Brède
Biocoop

Mikaël Lozano

Christophe Jacob, Diane Rival et Raymond Bayol, porteurs du projet de magasin Biocoop à La Brède
Biocoop
Un magasin à La Brède, un autre à Saint-Jean-d'lllac : Biocoop s'étoffe en Gironde avec deux ouvertures, respectivement programmées le 7 et le 21 novembre. Ce qui porte à 24 le nombre de pointes de vente du réseau coopératif dans le département, fédérés au sein d'un groupement d'intérêts économiques (GIE). C'est loin d'être anodin : les deux projets reposent sur des choix managériaux innovants et cohérents avec la philosophie développée.
A Saint-Jean-d'Illac, "la motivation de départ est très personnelle", explique le porteur du projet, Vincent Guiraudie. "Mes préoccupations, très contemporaines, sont la dégradation de l'environnement et l'impact de notre alimentation sur la santé. J'ai longtemps travaillé dans l'univers de la finance et de l'immobilier et j'en suis arrivé à un moment où j'avais besoin d'une adéquation entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Comme beaucoup, j'étais à la recherche de sens." Vincent Guiraudie a recruté six personnes et opté pour un magasin de 380 m2 qui priorise l'approvisionnement à moins de 150 km, l'achat en vrac (les clients apportent leurs propres contenants) et la démarche zéro déchet. Le point de vente a demandé, et obtenu, le statut Economie sociale et solidaire (ESS) auprès du tribunal de commerce. "C'est Biocoop qui me l'a suggéré, précise Vincent Guiraudie. Tous les points de l'ESS sont déjà dans le cahier des charges du réseau, notamment les sujets de la solidarité, de la performance économique et de l'utilité sociale. Cette dernière nous intéresse bien plus que les dividendes."
A La Brède, trois porteurs de projet sont à l'origine du nouveau magasin sur 300 m2 : Raymond Bayol, Diane Rival et Christophe Jacob. Trois personnes supplémentaires ont été recrutées et le point de vente a été constitué sous la forme d'une Scop, une société coopérative et participative.
Face au rouleau compresseur de la grande distribution qui se renforce sur le segment bio, avec Carrefour qui s'impose et E.Leclerc qui vise la création d'un réseau de magasins dédiés, les deux porteurs de projet jouent la carte de la différenciation.
Le magasin de Saint-Jean-d'Illac (crédit photo Biocoop)
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"Il y a de la place pour tous, affirment les deux porteurs de projet. C'est bien que certaines enseignes amènent les clients vers quelque chose que l'on pense irréversible. A nous de faire preuve de pédagogie et d'expliquer que le bio, c'est une norme, la bio et son univers, c'est une norme mais aussi une philosophie."
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Mikaël Lozano