Angoulême : les studios d’animation, en forte croissance, ont besoin de place (4/4)
Hélène Lerivrain

Blue Spirit
Blue Spirit
Hélène Lerivrain

Blue Spirit
Blue Spirit
Le directeur général des services de Magelis ne s'en cache pas.
C'est justement ce qui est en train de se produire. Le crédit d'impôt a redonné de la compétitivité aux emplois locaux et rapatrié des pans entiers de la production depuis les pays asiatiques essentiellement. "On en tire tous les bénéfices", reconnait Frédéric Cros. "Beaucoup de feux sont au vert. Les entreprises se développent avec des projets plus forts, plus lourds. De nouveaux opérateurs arrivent. Netflix, par exemple", poursuit Frédéric Cros.
Netflix a justement acquis les droits du film d'animation "Croc Blanc" pour de nombreux territoires. ""Croc Blanc" fabriqué dans plusieurs studios d'Angoulême dont le nôtre est désormais visible dans le monde entier. C'est un gros succès international", assure Jérémie Fajner, producteur de Superprod. Même annonce concernant "Pachamama", conçu en grande partie à Angoulême dans les locaux de Blue Spirit. La plateforme de streaming vidéo a récemment acquis les droits de ce film d'animation, notamment pour les Etats-Unis.
"Nous sommes en forte croissance depuis deux ans environ", reconnait Didier Henry, directeur du studio Blue Spirit à Angoulême. "Nous disposons d'ailleurs de deux studios." En plus d'un espace consacré à la 3D et qui fait travailler 150 personnes, la société de production a ouvert fin 2017 un studio 2D, Happy Factory, dans lequel travaillent une quarantaine d'autres personnes. Objectif désormais : trouver un nouveau local commun.
La question de l'immobilier est devenue centrale au sein de Magelis, structure entièrement financée par l'argent public*. "Beaucoup de studios souhaitent s'agrandir" reconnait Frédéric Cros. Superprod confirme. "Nous avons un peu plus de 300 m2 et prévoyons au moins de doubler la surface, l'idée étant de nous installer dans un bâtiment de 800 à 1.000 m2", explique François Perreau de Superprod, qui a également produit "Lassie" et "Paf le chien".
Concrètement, Magelis qui dispose d'un budget en fonctionnement de 3,5 M€ essentiellement consacré à l'immobilier, travaille donc en permanence sur de nouveaux projets. "On veille", assure Frédéric Cros. "Actuellement, nous venons de terminer un bâtiment de 1300 m2. Un autre chantier va démarrer pour un espace d'une superficie équivalente. On est sur ce que l'on appelle de l'immobilier en blanc, sans savoir qui louera les espaces." La SEML Territoires Charente travaille quant à elle directement avec des entreprises et propose des projets adaptés à leurs besoins.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Mais Frédéric Cros insiste : "Il reste de la place. De nouveaux bâtiments sont créés et ceux qui se libèrent permettent d'accueillir de nouvelles entreprises." La société bordelaise Schmuby Productions va ainsi pouvoir en profiter. "C'est officiel, nous allons déménager à Angoulême dans les prochains mois", assure Nicolas Schmerkin. "Magelis nous a trouvé un endroit pour démarrer."
Les recrutements sont donc fréquents. C'est la raison pour laquelle Objectif 3D, école créée à Montpelier en 1999, s'est récemment installée à Angoulême. Cet établissement qui forme des techniciens en infographie 3D, a été spécialement ouvert pour répondre aux besoins des studios d'animation locaux. "Venez vous implanter ici, nous n'avons pas assez de main d'œuvre et vu de Montpellier, Angoulême ne fait pas beaucoup rêver, avaient déclaré des directeurs de studios", rapporte Séverine Gilardeau, de l'école Objectif 3D à Angoulême.
Et pourtant... "Ce Pôle image est une très belle exception. Alors que le travail dans l'animation est très lent et laborieux, être ici dans de beaux bâtiments loin du stress parisien permet de faire sortir le meilleur de nous-mêmes", avoue Christophe Jankovic, cofondateur et directeur de Prima Linea qui a produit "La tortue rouge". Il s'est installé à Angoulême en 2003.
----------------------
*60% en provenance du Conseil départemental de Charente, 20 % de la Région Nouvelle-Aquitaine, 10 % de la ville d'Angoulême et 10 % de l'agglomération.
*************************
A l'occasion de Cartoon Movie, La Tribune consacre un dossier de 4 articles à la filière animation. Lire ici :
À lire également
Hélène Lerivrain
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur