Gilets jaunes : le point sur les aides aux commerçants bordelais sinistrés

Pierre Cheminade

Gilets jaunes rue Sainte-Catherine
Agence Appa

Pierre Cheminade

Gilets jaunes rue Sainte-Catherine
Agence Appa
Selon la Ronde des quartiers de Bordeaux, l'association qui fédère les commerçants et restaurateurs bordelais, la perte de chiffre d'affaires depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes le 17 novembre dernier oscille entre -20 % et -30 % par à la même période l'année précédente. A ce jour, sept fermetures d'établissements ont été recensées dans le centre-ville de Bordeaux. Face à ces difficultés, les pouvoirs publics ont annoncé différents dispositifs en fonction de leurs compétences. "Ces différentes aides devraient limiter la casse et permettre de sauver les commerçants en les aidant à tenir le temps qu'il faudra jusqu'à ce la machine redémarre", salue Christian Baulme, le président de la Ronde des quartiers.
Demain, vendredi 22 mars, les élus de Bordeaux Métropole devraient voter la création d'un "fonds exceptionnel de soutien aux commerçants et artisans" du centre-ville de Bordeaux touchés par les manifestations hebdomadaires des gilets jaunes et par les violences qui en découlent. Ce fonds métropolitain d'un montant de 500.000 € sera abondé par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Bordeaux Gironde à hauteur de 80.000 € et par la Chambre de métiers et de l'artisanat de Gironde pour 20.000 € soit un total de 600.000 €. Ces crédits seront versés sous forme de subvention à la CCI qui les distribuera ensuite aux commerçants et artisans concernés au cas par cas en fonction de critères discutés avec eux. Sont éligibles, les entreprises de moins de dix salariés et générant moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires ayant subi une baisse d'activité d'au moins -20 %. L'aide versée sera comprise entre 1.000 et 6.500 €.
Lundi 25 mars ce sera au tour du conseil municipal de Bordeaux de voter un dispositif de soutien. Il ne devrait pas prendre la forme d'une enveloppe financière mais d'une exonération des droits de terrasses et de la redevance pour occupation du domaine public pour deux mois (janvier et février) pour les commerçants du centre-ville. Cela représente un manque à gagner pour la ville en termes de recettes fiscales estimé à environ 250.000 €. Formellement, cette exonération se concrétisera par une réduction sur le paiement annuel de cette redevance qui est payable soit en totalité avant le 15 avril, soit en trois fois.
Dès le 4 mars dernier, la conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a voté la création d'un fonds de soutien de deux millions d'euros pour les TPE de toute la région en centre-ville comme en périphérie. Pour en bénéficier, les entreprises doivent compter moins de dix salariés et accuser une perte de chiffre d'affaires d'au moins 30 % par rapport à l'année précédente. Un critère jugé trop restrictif par les commerçants et qui pourrait évoluer à l'avenir. Le montant de l'aide, versée sous forme de subvention via les CCI, sera déterminé en fonction de la baisse du chiffre d'affaires et de l'impact sur le résultat d'exploitation. Il sera compris entre 2.000 et 10.000 €. Ces deux millions d'euros sont présentés comme "une première enveloppe" par la Région. Les dossiers sont en cours d'examen par les services des CCI.
Au niveau national, trois leviers sont activés par l'Etat :
À lire également
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pierre Cheminade
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur