"Pour rendre le commerce connecté, il faut arrêter d'opposer les modèles"

Mikaël Lozano

William Koeberlé, président du Conseil du commerce de France
CdCF

Mikaël Lozano

William Koeberlé, président du Conseil du commerce de France
CdCF
Le Conseil du commerce de France réunit 37 organisations professionnelles de commerçants, soit environ 70 % des emplois du commerce en France. Son président, William Koeberlé, ne manque jamais une occasion de rappeler, particulièrement devant les représentants de l'Etat, le poids économique de ce secteur d'activité : "Une entreprise française sur cinq ; 10,6 % de la valeur ajoutée de la France ; plus de 3,5 millions d'emplois ; et la création nette de près de 63.000 emplois depuis 2016". Une statistique de plus qu'il affectionne également glisser au détour d'une conversation : "Sur 900.000 commerces, 500.000 n'ont pas de présence sur le web. Et si l'on ne fait rien pour eux, ils seront rapidement condamnés", assène-t-il.
William Koeberlé voudrait ainsi réussir à convaincre le gouvernement de mettre en place un "crédit d'impôt numérisation" destiné aux commerçants dits traditionnels qui accepteraient de prendre le virage du numérique. En attendant, il entend bien, avec le Conseil du commerce de France, continuer son œuvre de pédagogie sur cette thématique :
Ex-CEO du groupe Marionnaud, toujours très impliqué dans les instances de l'univers de la parfumerie, William Koeberlé livre trois raisons principales au retard numérique des commerces français :
Sans surprise, c'est le client, très "digitalisé" et dont les usages évoluent très vite, qui est le moteur de cette vague de fond. Abandonne-t-il pour autant les points de vente physiques ? William Koeberlé balaie l'idée en s'appuyant sur les chiffres de la fédération de la parfumerie : "70 % des clients vont sur le site avant de se rendre en magasin. Et ce sont celles qui vont sur le web qui achètent le plus ensuite." Le président du Conseil du commerce de France rappelle donc l'importance, avant de se lancer, de réaliser un diagnostic de ses besoins. "Avant tout, c'est une question culturelle plus que technique, insiste-t-il. Malheureusement, ni ces commerçants indépendants, ni même parfois certains grands groupes n'ont compris qu'il s'agit d'une question de survie." Le président du Conseil du commerce de France vise une approche pragmatique :
William Koeberlé poursuit parallèlement une autre quête : l'équité de traitement entre acteurs commerciaux traditionnels et e-commerçants. Dans son viseur, la fiscalité, plus précisément locale : "Aujourd'hui, on a enlevé des mains des maires la taxe d'habitation ; demain que taxeront-ils à votre avis ? Du côté des commerçants, on leur demande d'investir dans leur transformation et on augmenterait en plus leurs impôts ? C'est tout notre modèle fiscal qui est périmé." Historiquement basé sur le foncier et les surfaces de vente, l'assiette d'imposition pourrait être calculée sur le chiffre d'affaires peu importe la manière dont il est réalisé. "Il y a quatre ans, la réponse était non. Progressivement, on commence à être entendu", note William Koeberlé.
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En partenariat avec La Poste, le Conseil du commerce de France organise lundi 17 juin à Bordeaux une conférence gratuite intitulée "Le numérique au service du commerce de proximité", de 19h à 22h au Palais de la Bourse, 17 place de la Bourse. William Koeberlé, président du CdCF, Damien Bon, PDG de Stuart, Thierry Chardy, PDG de Ma Ville Mon Shopping, Alexandre Sanna, directeur associé de Citicks - Agence AWAM, interviendront avant un temps de networking avec des apporteurs de solutions numériques.
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