Micro-crédit : comment l'Adie veut limiter la casse chez ses entrepreneurs
Pierre Cheminade

Photo d'illustration
CC Pixabay by Klimkin
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Au sein des équipes de l'Adie en Nouvelle-Aquitaine, l'heure est à la mobilisation générale face à la crise économique qui ne cesse de prendre de l'ampleur. La quarantaine de salariés et les 80 bénévoles ont déjà réussi à contacter par téléphone 3.500 entrepreneurs de la région en seulement quinze jours. "Nous avons opté pour une démarche pro-active qui est très appréciée. Cela nous permet de prendre le pouls des entrepreneurs et de voir avec eux ce que l'on peut faire", explique Jean-Marc Ewald, le directeur de l'Adie en Nouvelle-Aquitaine.
Et les difficultés sont bien réelles parmi les 4.500 entrepreneurs et micro-entrepreneurs et le millier de salariés accompagnés par l'Adie dans la région avec des prêts moyens de 4.500 € :
Pour le seul mois de mars 2020, l'Adie régionale a ainsi procédé à 1.560 rééchelonnements pour des échéances de remboursement dont le montant oscille entre 120 et 150 €. "Nous ne proposons qu'un décalage d'un mois sans frais mais renouvelable autant de fois que demandé pendant la crise. Cela nous permet de garder un contact étroit pour faire le point sur la situation chaque mois. Naturellement, on s'attend à mettre en place beaucoup plus de rééchelonnements au mois d'avril qu'en mars", poursuit le directeur régional.
En complément, l'association propose aussi un fonds d'urgence d'un million d'euros au plan national pour octroyer des prêts de secours d'un millier d'euros maximum à taux très faible et assortis d'un gros différé. Malgré tout, l'Adie s'attend à une hausse mécanique du nombre de défauts de remboursement en 2020 par rapport aux niveaux habituels de l'ordre qui tournent autour de 95 %.
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L'association a-t-elle les reins suffisamment solides pour encaisse le choc ? "Nous pourrons tenir la distance même si cela va clairement fragiliser nos comptes d'exploitation. L'enjeu, selon moi, ce sont plutôt les moyens dont nous aurons besoin pour amorcer et accompagner la relance : des prêts à taux zéro, des subventions, des primes, etc... Et là on n'aura pas la trésorerie pour financer tout cela dont il va falloir la trouver !", répond Jean-Marc Ewald. "Notre rôle sera d'aider ceux qui n'ont pas accès aux dispositifs bancaires et qui passent entre les mailles des filets de l'Etat et des régions. La durée de la crise reste la principale incertitude aujourd'hui mais je constate que les entrepreneurs que nous avons au téléphone ne sont ni dans le catastrophisme, ni dans le défaitisme. Il y a de l'inquiétude mais aussi une certaine confiance dans l'avenir", conclut le directeur de l'Adie en Nouvelle-Aquitaine.
Pierre Cheminade