130 postes sont supprimés au sein des équipes d'Air France à Bordeaux qui fermera l'emblématique boutique des allées Tourny le 27 mai. La direction exclut pour l'instant des licenciements et met en avant la crise du secteur aérien et la suppression de la navette vers Orly. Celle-ci inquiète particulièrement le président de Bordeaux Métropole.[Mise à jour le 19/03/21 : ajout du courrier de Nathalie Delattre]
"Les conséquences immédiates, ce sont 200 emplois supprimés par Air France à Bordeaux en partie à cause de la suppression de la navette vers Orly !", a lâché Alain Anziani, le président de Bordeaux Métropole, lors d'une conférence de presse ce mercredi 17 mars avant de réitérer dans un communiqué de presse ce jeudi. L'élu assure ainsi à La Tribune que, "selon les craintes des salariés", Air France s'apprêterait à supprimer 200 postes à Bordeaux : 130 postes au sein des équipes chargées de l'escale et 70 au sein des équipes commerciales et des services supports.
Une estimation significativement surévaluée à en croire la direction d'Air France qui confirme néanmoins à La Tribune qu'un plan de départs volontaires (PDV) est en cours à Bordeaux entraînant la suppression de 131 à 133 postes sur un total de 250 : 114 au sein des personnels au sol en charge des escales passagers, sur un total de 173, et entre 17 et 19 au service commercial, sur un total de 77. Cela reste un coup particulièrement rude puisque ce nouveau PDV revient à supprimer la moitié des effectifs de la compagnie aérienne dans la région bordelaise.
Pas de licenciements secs ?
Interrogé sur ce plan de départs, Marc Besnault, délégué syndical CFDT chez Air France, ne valide pas non plus le chiffre de 200 postes menacés mais confirme à La Tribune l'existence de ce PDV et la teneur, pas vraiment rassurante, des discussions avec la direction :
"Nous discutons actuellement sur l'adaptation des équipes locales à la nouvelle charge de travail sachant que la navette vers Orly représentait à peu près les deux tiers de l'activité d'Air France à Bordeaux. Aujourd'hui, et c'est important, la direction assure qu'il n'y aura pas de licenciements contraints, ce qui est une bonne chose au regard de la chute de chiffre d'affaires sur une période aussi longue. Mais si l'on regarde la situation en face, l'équation est très compliquée puisqu'il y a déjà eu sept plans de départs volontaires en dix ans. Les candidats au départ sont donc déjà partis... Et personne à ce stade ne veut parler de ce qu'il adviendra s'il n'y a pas suffisamment de volontaires au départ."
Difficile donc d'envisager une réduction aussi importante de la voilure sans licenciements à un moment ou à un autre même si des transferts sur d'autres aéroports ou des rattachements à d'autres bases territoriales, y compris en télétravail, sont envisagées. "Nous travaillons tant sur la mobilité interne que sur la mobilité externe vers d'autres entreprises du bassin d'emplois de Bordeaux, y compris via des reconversions professionnelles", indique la direction.