LA TRIBUNE - Vous êtes l'un des cofondateur d'Inblocks (1), startup bordelaise qui développe une nouvelle technologie de blockchain. Avant de nous expliquer en quoi elle s'inscrit en rupture avec les technologies existantes, un rappel préalable de ce qu'est une blockchain s'impose...
LAURENT BOURGITTEAU-GUIARD - C'est une technologie de stockage et de transmission de données qui a la particularité d'être totalement décentralisée, sécurisée, et de certifier de façon irréfutable l'existence-même de ces données. Comment ? Parce ce qu'elle repose sur un réseau d'utilisateurs anonymes, qui hébergent des nœuds, appelés "mineurs", lesquels vont chacun stocker et crypter simultanément ces données. Toute modification opérée par un utilisateur de la blockchain va engendrer un nouveau bloc, qui sera aussitôt répliqué, validé et crypté par l'ensemble des mineurs. En somme, c'est un peu comme si tous les clients de votre banque stockaient dans leurs ordinateurs les informations de votre propre compte bancaire. Dès que vous réalisez une opération, elle est immédiatement validée, cryptée et stockée par les autres clients, ce qui la rend incontestable et impossible à effacer.
La technologie est née avec le bitcoin au lendemain de la crise financière de 2008, qui s'est aussitôt traduite par une crise de confiance envers les banques. Mais les cryptomonnaies ne sont qu'une application possible parmi d'autres. On parle là de la 5e révolution industrielle : la blockchain est vraisemblablement à la transaction ce qu'internet a été à l'information.
Quelles sont les applications possibles de la blockchain ?