LA TRIBUNE - La forte attraction exercée par Bordeaux Métropole sur l'ensemble de la région préoccupe plus d'un chef d'entreprise néo-aquitain. En tant que président du Medef de Nouvelle-Aquitaine quel type d'effets négatifs sur la vie des entreprises voyez-vous dans le fonctionnement de cette nouvelle grande région ?
PHILIPPE NEYS - L'attractivité de la métropole joue un rôle incontestable de déséquilibre entre les territoires, d'autant plus qu'elle ne s'est absolument pas adaptée ni équipée pour recevoir un tel afflux de résidents, de professionnels, pas plus que de touristes. Les dernières dispositions prises par les élus de la ville de Bordeaux inquiètent d'autant plus qu'elles vont à l'encontre de toute facilité d'absorption de ces flux. Les enjeux sont clairs : soit des adaptations utiles se feront sur le territoire métropolitain, c'est-à-dire des constructions de logements en nombre suffisant, un contournement du grand Bordeaux pour désengorger la rocade, une facilitation de la circulation ; soit les nouveaux arrivants et les investisseurs iront évoluer sous des cieux plus accueillants. On sent très bien qu'il existe désormais une tendance à vouloir transformer les centres urbains en villes-musées. Pourquoi pas ? Mais cela oblige à repenser et réorganiser nos territoires en profondeur. Vaste sujet, vaste programme !