Il faut plus de 4 heures en voiture pour rallier Brive à Bayonne et plus de 5 heures en train. Limoges et Poitiers, distantes d'une grosse centaine de kilomètres, sont à 2 heures de voiture et autant en train. Avec ses douze départements, la Nouvelle-Aquitaine est la plus vaste région de France et se cherche encore une identité commune. Elle compte 84 % de communes rurales, dix agglomérations de plus de 100.000 habitants et, avec Bordeaux, une seule métropole de premier plan, qui englobe quatre de ses douze plus grandes villes,
Et dans une région relativement épargnée par la crise sanitaire et économique, les moyens pour redynamiser et interconnecter ces villes petites et moyennes, dont on parle tant depuis les confinements sanitaires et la généralisation du télétravail, occupent une place centrale dans la campagne. Les candidats, craignant l'abstention, cherchent d'abord à parler à leur électorat traditionnel mais multiplient aussi les déplacements aux quatre coins de la région pour aborder des enjeux locaux.
Taxé de centralisme régional par ses adversaires, le décentralisateur Alain Rousset arpente le territoire et ne manque pas une occasion de lister les projets de développement économique soutenus partout dans la région : d'Alsapan à La Courtine (Creuse) à la Phéromone Valley à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), en passant par l'usine de batteries à Nersac (Charente), la papeterie de Condat (Dordogne), le Ferrocampus à Saintes (Charente-Maritime) et la Cité du cuir à Saint-Junien (Haute-Vienne). Ses adversaires de la droite (Nicolas Florian) et du centre (Geneviève Darrieussecq) promettent davantage de proximité, par le biais de maisons de la région dans les départements, davantage de collaboration avec les intercommunalités sur le plan économique et davantage de soutien aux villes moyennes, notamment par le déploiement du très haut-débit.