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Business - La Tribune Bordeaux

Formation : l'Ecole de la 2e chance face aux décrochages scolaires post-Covid

Emma Collet

Publié le 06 juillet 2021 à 07:42 - Mis à jour le 06 juillet 2021 à 08:29

Emploi formation

Présente à Bordeaux depuis 2016, l'Ecole de la 2e chance accompagne 130 élèves chaque année.

CC Pixabay by Stocksnap

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Photo d'illustration de l'article
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L'Ecole de la 2e chance (E2C), qui possède une antenne à Bordeaux, accompagne gratuitement les jeunes en échec scolaire dans leur insertion sociale et professionnelle. Soutenu par des structures locales et nationales privées comme publiques, l'établissement observe une vague de candidatures après la période de déconfinement, propice au décrochage.

Comme son nom l'indique, l'Ecole de la 2e chance (E2C) de Bordeaux donne une nouvelle opportunité aux élèves en décrochage ou échec scolaire d'être accompagnés dans leur parcours d'insertion professionnelle. C'est bien ce qu'a tenu à rappeler le directeur régional Sud-Ouest d'Altice France-SFR, Guillaume Fauré, lors de la remise à l'établissement bordelais d'un chèque de 4.000 euros au titre de la taxe d'apprentissage le 24 juin dernier. Ce dernier n'a d'ailleurs pas hésité à proposer à ces jeunes des postes en alternance dans des filiales du groupe Altice. Ça tombe bien, l'école est justement spécialisée dans la formation de jeunes de 16 à 25 ans sans emploi, ni qualification, ni diplôme pour leur permettre de mettre un pied dans le monde de l'entreprise.

Une école la «moins scolaire possible»

Le réseau E2C comprend 135 sites dans toute la France et a formé plus de 129.000 jeunes depuis sa création en 2004. Quant à l'école bordelaise, elle est créée depuis 2016 et forme 130 élèves chaque année. Pour ce faire, elle est placée sous l'égide de l'Association pour la formation et l'éducation permanente à Tivoli (AFEPT) et de la fondation des Apprentis d'Auteuil depuis 2015. Mais elle est aussi soutenue entre autres par la région Nouvelle-Aquitaine, Pôle emploi et la Mission locale.

L'E2C n'est pas une école comme les autres : "On essaie d'être le moins scolaire possible, de ne pas confronter les élèves à un apprentissage basique ascendant mais, au contraire, de leur apporter une compréhension du monde. Le premier critère de sélection c'est la motivation !", met en avant Frédéric Gameiro, le responsable de l'établissement bordelais. Dans ce cursus de six à neuf mois, les notes sont ainsi remplacées par un référentiel de compétences tandis que les cours ne ressemblent pas aux matières scolaires habituelles que l'on étudie dans les écoles : communication écrite et orale ; mathématiques appliquées à la vie quotidienne ; culture informatique ; interaction ou encore comportement citoyen sont les principaux enseignements dispensés à l'E2C. A la fin, pas de moyenne générale, mais une "attestation de compétences acquises" est délivrée aux élèves. L'étudiant bénéficie du statut et de la protection sociale d'un stagiaire et est rémunéré autour de 300 € par mois pour cette formation gratuite qui alterne temps de cours et temps de stage.

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Accompagner "les invisibles"

Un enseignement qui a l'air de convenir pleinement aux jeunes comme Alix, ancien élève de l'école. Ce dernier a été accompagné d'avril à septembre 2020 et a finalement trouvé une formation en alternance à Simplon, entreprise solidaire qui forme aux métiers de du numérique. "Ici, j'ai appris à faire un CV, une lettre de motivation, à chercher des stages par moi-même, des choses pratiques et utiles... ça m'a beaucoup aidé !", explique-t-il. Pour ce dernier, l'avantage de cette école, c'est aussi la diversité des intervenants invités à présenter leur entreprise et leur secteur d'activité. "Une semaine, on reçoit quelqu'un qui vient nous parler du théâtre et la semaine d'après on peut rencontrer des intervenants chez Orange Solidarité. Ça nous fait découvrir plein de choses et d'opportunités", ajoute-t-il.

La principale mission de l'école, c'est suivre les "invisibles" estime Caroline Boidron, responsable partenariats aux Apprentis d'Auteuil, c'est-à-dire tous ceux qui "sortent sans diplôme du système scolaire et qui ne sont inscrits nulle part". En effet, ces jeunes accompagnés par E2C ont souvent eu un parcours difficile : "Ce sont tous des élèves qui ont connu une rupture, qu'elle soit familiale, scolaire ou autre", dit Frédéric Gameiro. Lucas, l'un de ces "invisibles", assure été motivé et encouragé par la formation : "J'avais entendu parler de l'école pour sa remise à niveau. Aujourd'hui, j'ai pu avoir un stage et trouvé mon projet professionnel : traiteur". Mais l'accompagnement dépasse le scolaire, puisque des référents sont aussi présents pour conseiller les jeunes sur d'autres sujets clef notamment en matière d'aides sociales, de santé, de famille et de logement.

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Quant à l'année 2020-2021, elle aura été compliquée pour les étudiants scolarisés dans le secondaire, en raison des confinements successifs qui ont plongé beaucoup d'entre eux dans le décrochage scolaire. C'est ce que remarque Caroline Boidron, ayant reçu, entre septembre et décembre 2020, beaucoup plus de candidatures que d'habitude. "Il y a eu en effet un rebond dans les candidatures et on a gagné en visibilité. Ça peut être l'effet du Covid-19 et des confinements de l'année 2020". Les équipes pédagogiques espèrent cependant que cette hausse du nombre de décrochage scolaires en durera et que moins d'étudiants toqueront à leurs portes à la rentrée prochaine.

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Emma Collet

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