Grâce au plan de Gérard Lopez, les Girondins de Bordeaux remontent en Ligue 1
Jean-Philippe Déjean

Le siège social, centre de formation et d'entrainement des Girondins de Bordeaux au Haillan va entamer un nouveau chapitre.
Agence Appa
Jean-Philippe Déjean

Le siège social, centre de formation et d'entrainement des Girondins de Bordeaux au Haillan va entamer un nouveau chapitre.
Agence Appa
Malgré ses préventions, le maire du port de la Lune se montre plutôt confiant. Gérard Lopez est encore dans le dur de la reprise du club et il était prématuré d'évoquer le rachat du centre de formation et d'entrainement des Girondins de Bordeaux au Haillan, propriété de la mairie de Bordeaux que Pierre Hurmic est tout disposé à vendre au club au prix des Domaines, fixé à 15 millions d'euros. Sans ce feu vert de la DNCG, dans lequel le quotidien sportif "L'Equipe" voit de l'orangé, dans son édition de ce mardi, le FCGB aurait tout simplement disparu.
Le bémol à cette excellente nouvelle de la remontée express en Ligue 1 vient des conditions mises par la DNCG au bon déroulement de cette reprise pour qu'elle puisse être durable. La première attente de la DNCG était la remise à zéro du compteur des fonds propres du FCGB, avec obligation de la mise sous séquestre de 50 millions d'euros, afin d'endiguer les pertes prévisibles du club au titre de sa nouvelle saison 2021-2022.
La constitution de ce fonds a mobilisé de nombreuses énergies et Gérard Lopez peut notamment compter sur celle des chefs d'entreprises regroupés au sein du Club Scapulaire, qui est en train de diriger les 2,5 millions d'euros qu'il s'était engagé à lever au profit du FCGB dans la Carpa, la caisse qui gère des fonds destinés aux clients des avocats, sous le contrôle de l'Ordre des avocats.
Ces 2,5 millions d'euros du Club Scapulaire, qui espérait initialement pouvoir lever le double, vont participer à l'abondement des 50 millions d'euros, avec un apport personnel de Gérard Lopez de 7,5 millions d'euros, via sa holding Jogo Bonito, complété par les 2,5 millions du Club Scapulaire (soit 10 millions d'euros), de l'emprunt de 20 millions d'euros contracté auprès de King Street, dont il apparait désormais qu'il se divise en deux, soit 12,5 millions d'euros pour King Street et 7,5 millions d'euros apportés par Fortress Investment Group.
Le solde de ces capitaux mis sous séquestre est constitué de 10 millions d'euros injectés par l'Etat dans ce dossier au titre de l'aide aux coûts fixes, et pour finir, selon "L'Equipe", de 10 millions d'euros résultant des aides de la Métropole et des moratoires sur les aides sociales. Les joueurs sont les seuls actifs dont dispose le Football Club des Girondins de Bordeaux, qui n'est propriétaire ni de son stade ni de son centre de formation et d'entrainement.
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"L'Equipe" indique que Gérard Lopez a présenté à la DNCG un bilan à l'équilibre avec la vente prévisionnelle de 13 joueurs, soit 41 millions d'euros, avec en parallèle l'acquisition de neuf nouveaux venus pour un investissement de 40 millions d'euros. Le modèle économique mis en avant pour faire fonctionner le FCGB n'est pas vraiment original, et même le très contesté Joseph Dagrosa, patron du fonds américain GACP à l'origine du rachat du club au groupe M6, en avait fait sa vitrine.
Il s'agit du négoce, ou encore "trading", de joueurs. La différence entre Joseph Dagrosa et Gérard Lopez c'est que, contrairement au second, le premier ne connaissait rien au monde du football. Ex-patron du LOSC, le club de Lille, dont il a permis la remontée sportive et le renforcement de la valeur des actifs, comme il le détaille dans l'interview qu'il a accordé ce mardi au quotidien "Le Monde" ("Bordeaux ce n'est pas une reprise, c'est une opération de sauvetage"), Gérard Lopez est également propriétaire des clubs de football de Boavista, au Portugal, et Mouscron, en Belgique.
Et pour Gérard Lopez les choses sont simples : ni la billetterie ni les droits TV, le sponsoring ou encore la vente de produits dérivés ne permettent de faire vivre un club de football professionnel. Un point sensible sur lequel la DNCG a décidé d'appuyer fort avant de l'autoriser à reprendre le FCGB.
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En clair le club bordelais a interdiction de dépenser de l'argent pour acheter de nouveaux joueurs si ces investissements ne sont pas couverts par les ventes de joueurs de son propre effectif. D'autre part, le FCGB devra veiller à l'encadrement strict de sa masse salariale, que Joseph Dagrosa avait fait exploser. C'est le mardi 20 juillet que le tribunal de commerce de Bordeaux fera connaitre son verdict sur un dossier qu'il a encore le pouvoir d'envoyer par le fond.
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