Entre croissance et résilience, les Scop et Scic néo-aquitaines rêvent aussi de « licoornes »

Pierre Cheminade

Bruno Fontan, président de l'Union régionale des Scop d'Aquitaine, et son directeur général Marc Amorena.
PC / La Tribune

Pierre Cheminade

Bruno Fontan, président de l'Union régionale des Scop d'Aquitaine, et son directeur général Marc Amorena.
PC / La Tribune
Malgré sa superficie et sa population, la Nouvelle-Aquitaine n'arrive qu'au 5e rang en nombre d'emplois dans ses sociétés coopératives avec près de 7.300 emplois répertoriés au 31 décembre 2020. En revanche, c'est par son dynamisme que la grande région se démarque avec une croissance de 36 % depuis 2016, soit près de 2.000 créations nettes d'emplois. C'est le 2e plus fort taux derrière l'Occitanie voisine et dix points de mieux que la tendance nationale !
Industrie, sous-traitance électronique, bâtiment, expertise écologique, éducation, auto-école, jeux-vidéo, architecture, communication, automobile... Ces 400 sociétés coopératives sont actives dans des domaines extrêmement variés. Leur point commun c'est d'associer leurs salariés à la gouvernance de l'entreprise - ils sont majoritaires au capital et en droits de vote - et de répartir équitablement les bénéfices dont 45 % en moyenne reviennent aux salariés et 11 % aux salariés-actionnaires. Tandis qu'en moyenne 44 % sont affectés en réserves impartageables. Des atouts qui permettent aux Scop et aux Scic un taux de pérennité à cinq ans de 73 %, soit treize points de plus que l'ensemble des entreprises.
"Les Scop ont souffert comme tout le monde du Covid mais nous n'avons eu aucune défaillance grâce aux réserves, aux PGE mais aussi aux PPES (prêts participatif d'entraide et solidaire) proposés par le mouvement Scop. Ce dernier accompagne les entreprises coopératives lors de la création et pour toutes les étapes : développement, croissance, difficultés, transmission, reprise, etc.", remarque Marc Amorena.
C'est dans ce contexte que l'Union régionale tient à Artigues-près-Bordeaux (Gironde) son 1er congrès à l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine pour préparer le congrès national prévu à Rennes les 17 et 18 mars 2022.
Il regarde ainsi avec attention le mouvement des "Licoornes", ces neuf sociétés coopératives (Enercoop, Railcoop, Télécoop, Mobicoop, Commown, Coop Circuits, La Nef, Citiz et LabelEmmaüs) qui entendent porter des approches économiques alternatives à grande échelle dans des domaines clefs tels que l'énergie, la mobilité ou encore la consommation. "Les sociétés coopératives sont un maillon important de la transition écologique et environnementale et doivent être pleinement reconnues comme tel. D'autant qu'elles appliquent au quotidien depuis des années des thèmes devenus à la mode comme la RSE, la recherche de sens et le partage avec les salariés", met en avant Bruno Fontan.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
En attendant, le congrès national devrait officialiser au printemps prochain l'objectif de 100.000 emplois dans les sociétés coopératives d'ici 2026 et discuter d'un label permettant de donner davantage de visibilités aux sociétés coopératives.
Pierre Cheminade
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur