LA TRIBUNE - Vous avez co-fondé In&Sight (1), une plateforme numérique dédiée à l'open science, ouverte en août 2021. Quelle en est la genèse ?
Thibaud JACQUEL - C'est à la fin de nos études, en 2016, que nous avons commencé à réfléchir à la création d'un outil qui permettrait aux chercheurs de publier plus facilement leurs travaux scientifiques, y compris lorsque les résultats sont négatifs, ou peu probants. Parce que nous avions nous-mêmes été confrontés aux difficultés que tout chercheur rencontre pour diffuser ses résultats, et que nous étions persuadés que valoriser tous les travaux scientifiques, même quand ils se soldent par un échec, c'est aussi faire avancer la science. Le système de publication par les revues traditionnelles, qui s'inscrit dans l'héritage de la publication papier, est aujourd'hui trop contraignant, sur le fond comme sur la forme. Et de fait, 50 % des articles soumis à ces revues restent au fond d'un tiroir.
Qu'est-ce qui vous différencie des plateformes d'open science qui existent déjà ?
In&Sight est une plateforme "all in one", sur laquelle les chercheurs peuvent à la fois écrire et publier leurs travaux, sans contrainte de forme - ce qui leur permettra de publier non seulement leurs résultats, mais aussi des synthèses de conférence, ou des propositions de méthodologies. Ils pourront aussi lire ceux de leurs pairs dans les journaux thématiques qui seront disponibles sur la plateforme. Nous en avons créé un premier, In&Vertebrates, dédié aux sciences du vivant, et dans lequel sont déjà publiés de premiers articles. C'est là notre originalité, cette dimension "trois en un", qui, à ma connaissance, n'est aujourd'hui proposée par aucune autre plateforme.
Les revues scientifiques traditionnelles garantissent la crédibilité des travaux qu'elles publient par un système éprouvé et robuste de relecture par les pairs (peer-review). Comment In&Sight assure cette crédibilité ?