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Guerre en Ukraine : le convoi de la solidarité, une initiative aussi improvisée que médiatique

Emmanuel Langlois

Publié le 11 mai 2022 à 04:00 - Mis à jour le 11 mai 2022 à 12:54

Medyka

A la frontière entre la Pologne et l'Ukraine, Medyka est devenue un vaste supermarché de l'humanitaire à ciel ouvert un peu foutraque.

Lilian Boulard

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Aquitains d'ailleurs. L'article sur l'engagement de Lilian Boulard à la frontière entre la Russie et l'Ukraine a suscité des remous parmi les bénévoles qui l'ont côtoyé dans le camp de réfugiés de Medyka. Taxé d'opportunisme médiatique et de despotisme, l'agent immobilier bordelais renvoie à ses détracteurs les mêmes critiques.

À peine mis en ligne, l'article sur l'engagement de Lilian Boulard à la frontière entre la Russie et l'Ukraine a suscité plusieurs réactions de lecteurs accusant l'agent immobilier bordelais d'opportunisme et de despotisme. L'intéressé renvoie à ses détracteurs les mêmes critiques. Entre jalousies et inimitiés mutuelles dans un contexte largement improvisé

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Guerre en Ukraine : Lilian Boulard, un Bordelais à la frontière

A la frontière entre la Pologne et l'Ukraine, Medyka est devenue un vaste supermarché de l'humanitaire à ciel ouvert un peu foutraque où chacun installe son stand pour y distribuer un peu tout et n'importe quoi aux réfugiés de passage. Dans cette cour des Miracles, on croise aussi bien un faux militaire français mais vrai trafiquant d'armes (arrêté depuis) qu'une Américaine débarquée de San Francisco, un peu paumée, déguisée en super-héroïne Wonder Woman, venue distribuer aux réfugiés ukrainiens des diodes luminescentes, ou encore les "porteuses", ces mamies qui viennent tôt le matin faire une razzia sur les stands pour revendre au marché noir ensuite tout ce qu'elles ont pu y glaner.

Un Disneyland de la solidarité

Au milieu de ce barnum, parfois proche d'un Disneyland de la solidarité et de la bonne conscience, le Bordelais Lilian Boulard passerait donc aux yeux de certains de ses compatriotes pour le vilain petit canard, despote autoritaire, auto-décrété chef des Français de Medyka et pas très acharné au travail :

"Il passe son temps à l'hôtel alors que les autres dorment sous des tentes",accuse Patrick Louis, volontaire arrivé de Marseille. "Il ne sort de sa chambre que pour venir prendre toute la lumière des caméras des chaînes info quand les journalistes l'appellent. Après dix-huit heures, il est à l'apéro pour le reste de la soirée. On ne le voit pas de la nuit. Qu'il fasse les choses de façon plus carrée !"

Le jeune homme l'accuse aussi de manquer de transparence dans l'utilisation des nombreux dons qu'il reçoit en nature ou en numéraire. "À part distribuer du café, il ne sert pas à grand-chose, sinon à réceptionner les nouveaux arrivants", renchérit un autre bénévole venu de Meurthe-et-Moselle, et qui souhaite lui rester anonyme. "Crochet (son surnom à cause de son déguisement de pirate, ndlr) cherche par tous les moyens à être médiatisé. Il s'est fâché avec tout le monde dans le camp, pour des prises de tête niveau maternelle. Il fiche les gens dehors et on les récupère pour les faire héberger sous nos tentes."

Beaucoup de jalousie

L'intéressé balaie lui toutes ces critiques d'un revers de manche. "Des centaines de personnes peuvent confirmer que je suis jour et nuit à Medyka", clame l'agent immobilier bordelais. "On a envoyé plus de soixante-dix convois d'aide. Il y a beaucoup de jalousie de la part de trois ou quatre personnes, des « ouin-ouins » à côté de la plaque. C'est vrai que je les ai virés parce qu'ils passaient leur temps à critiquer."

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Lilian Boulard reconnaît aussi un peu d'improvisation dans son initiative. La première cagnotte de 3.600 euros, qu'il avait collectée via le site collaboratif Lyf a sauté car la plateforme n'acceptait pas le financement d'actions caritatives. Chacun a donc été remboursé de ses dons.

"Lilian Boulard est un gros bosseur, mais il est imprévisible !", résume Frédéric Jacovlev, journaliste documentariste télé qui a passé trois jours à Medyka. "Il n'a pas trente ans d'humanitaire derrière lui comme à la Croix-Rouge ou chez MSF. Tous les Français qui débarquent avec leurs cargaisons de couches ou de défibrillateurs atterrissent sous son énorme tente, ça rentre, ça sort ! Les gens se méfient des grosses ONG et veulent donner de la main à la main".

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Les choses en tout cas s'organisent un peu puisque les autorités polonaises exigent désormais une accréditation et un badge pour monter son stand sur cette "avenue de l'humanitaire" de 500 mètres de long à Medyka. De toute façon, au bout de deux mois et demi de guerre, le flux des réfugiés s'est largement tari à la frontière, et se serait même inversé: ils seraient plus nombreux aujourd'hui à rentrer en Ukraine qu'à fuir le pays.

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Emmanuel Langlois

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