INTERVIEW. "L'objectif principal c'est d'éviter absolument les délestages électriques", alerte Gilles Fonblanc dans un entretien à La Tribune. Réélu pour trois ans à la présidence de l'association Baas (Bordeaux Aquitaine aéronautique et spatial), le secrétaire général d'ArianeGroup revient sur les nombreux sujets brûlants pour les entreprises de l'aérospatiale : crise énergétique, difficultés de recrutement et tensions qui traversent la chaîne d'approvisionnement.LA TRIBUNE - La flambée des prix de l'énergie entraîne une prise de conscience sur l'urgence de s'engager dans la sobriété énergétique. Comment ce sujet est-il envisagé par le Baas ?
Gilles FONBLANC - La filière aéronautique, spatial, défense (ASD) répond depuis sa création à des enjeux de société très forts tels que la souveraineté, la communication ou encore la mobilité. Aujourd'hui, le défi majeur c'est celui du réchauffement climatique et de la mobilité décarbonée et nous y travaillons déjà depuis plusieurs années. Nous faisons des efforts sur la réduction de nos émissions de CO2 mais, c'est vrai, il reste beaucoup de choses à faire. On ne peut pas juste se satisfaire de ce qui a été fait, nous devons amplifier nos actions ! Dans cette logique, je sui convaincu que les défis industriels et environnementaux qui sont devant nous sont les deux faces d'une même pièce sur lesquelles il faut travailler simultanément.
Ce défi de l'avion décarboné n'est pas envisagé avant au moins dix ans, dans le meilleur des cas. Or, la crise énergétique risque de se matérialiser durement dans les prochains mois, voire les prochaines semaines. Comment faire face à cette menace ?
La Première ministre nous a demandé de déployer des plans d'économies d'énergie pour réduire de 10 % notre consommation. Nous allons le faire et, ces dernières années, nos adhérents ont déjà mis en œuvre des plans de réduction d'énergie pour poursuivre à la fois des objectifs économiques et environnementaux. ArianeGroup, par exemple, a visé une réduction de sa consommation énergétique de -20 % en 2022 par rapport à 2016. Mais aujourd'hui il y a une accélération, une amplification de cet enjeu lié au coût de l'énergie, avec un facteur 10 ou 15 par rapport aux prix pratiqués il y a un an !
Propos recueillis par Pierre Cheminade