Granulés de bois : « La peur de manquer a conduit le consommateur à surstocker »
Hélène Lerivrain
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La filière du bois de chauffage et du granulés de bois est en tension.
CC Pixabay by Moses
Hélène Lerivrain
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La filière du bois de chauffage et du granulés de bois est en tension.
CC Pixabay by Moses
LA TRIBUNE - Comment expliquez-vous les tensions qui touchent aujourd'hui la filière du granulés et du bois de chauffage ?
Carine PECHAVY - La pénurie et la hausse des prix sont le résultat d'une addition de facteurs. Il y a d'abord l'Etat qui décide, récemment, de mettre fin au fioul domestique. Cela crée un affolement général, les français se tournent vers le bois : c'est la première vague. Puis une deuxième vague apparaît, plus lente, dans le contexte de la hausse du coût de l'énergie. Résultat, en deux ans, le nombre d'installation de chaudières et poêles à bois a doublé, mais c'est allé trop vite pour les fournisseurs et les distributeurs.
Nous avons commencé à manquer de matière dès janvier 2022, puis la guerre en Ukraine a marqué un coup d'arrêt. L'Ukraine et la Russie sont de gros producteurs de granulés et si la France en importe peu, contrairement à l'Italie par exemple, c'est l'effet domino. Les producteurs français ont répondu aux demandes en Europe. Ensuite, c'est une question d'offre et de demande. Ajoutons à cela, une hausse du prix de l'énergie nécessaire pour fabriquer les granulés et du coût des transports. C'est un mille-feuille d'augmentations qui fait que nous avons aujourd'hui des tensions sur les volumes et les prix.
Comment vous adaptez-vous chez Pévachy Energie Bois ?
À lire également
Dès le départ, nous avons fait le choix de rester sur un approvisionnement français et local en granulés mais cela signifie que nous ne pouvons pas satisfaire toutes les demandes. Nous ne répondons donc pas aux nouveaux clients sauf s'ils sont issus de notre réseau d'installateurs. Ensuite, de manière générale, pour éviter que des clients ne soient lésés, nous sommes obligés de faire ce que l'on appelle du contingentement. Nous protégeons par tous les moyens la distribution de granulés, l'enjeu étant que tous réussissent à se chauffer cet hiver. À date, nous ne sommes pas en pénurie mais nous n'avons pas non plus de stocks contrairement aux années précédentes. Les volumes de septembre, octobre et novembre ont déjà été achetés. La distribution se fait au compte-goutte.
Hélène Lerivrain
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur