Malgré la flamboyante annonce de Tethris qui vient de réunir 44 millions d'euros dans la cybersécurité, la tendance est connue depuis quelques mois : il est plus difficile et plus long de lever des fonds pour un certain nombre de startups. Dans les faits, la réalité est plus nuancée et il y a encore des opportunités de financement malgré la conjoncture économique plus incertaine : "Il y a moins d'argent globalement et c'est donc plus compliqué de lever des fonds pour les startups en amorçage. C'est un processus de plus en plus long et complexe parce qu'il y a davantage de tris qu'avant parmi les projets financés. Mais il y a de grandes différences entre les secteurs d'activité", résume François Baffou, le directeur général de Bordeaux Technowest et de son fonds d'amorçage Techno'Start lancé il y a dix ans, à l'occasion de la 2e édition de Fun Connect, un évènement qui permet à 14 fonds régionaux et nationaux de se présenter devant 35 startups.
Après plusieurs années de croissance soutenue, la tendance des augmentations de capital en Nouvelle-Aquitaine pourrait donc se tasser ou se reconfigurer autour de levées de fonds moins nombreuses mais de tickets moyens potentiellement plus importants. On constate aussi, souligne François Baffou, "un retour en grâce des deeptech et des startups industrielles, qui effrayaient souvent les investisseurs il y a encore quelques années et qui s'inscrive désormais dans les priorités politiques du gouvernement avec France 2030". Un mouvement de balancier qui se fait au détriment des projets purement numériques d'applications mobiles ou d'énièmes places de marché ou solutions de mises en relation. "Ceux-là auront plus de difficulté à réunir des fonds à moins d'avoir un élément très différenciant", prévient Vincent Brousse, directeur d'investissement chez Irdi Capital Investissement.