On ne le sait que trop bien : quand une entreprise est en difficulté, plus le temps passe, plus les chances de s'en sortir s'amenuisent. Pourtant, les solutions existent mais encore trop de dirigeants d'entreprise tardent à appuyer sur le bouton pour déclencher une procédure amiable ou même à consulter un professionnel. Et même lorsqu'ils sont bien entourés, cela n'a rien d'évident :
"Une fois qu'on est convaincu que l'entreprise est en difficulté, il faut encore arriver à convaincre le chef d'entreprise ! Or, le déni du dirigeant est le plus gros obstacle à la prévention ! Pour des raisons psychologiques, familiales ou sociales, le chef d'entreprise s'interdit trop souvent de trouver des solutions", témoigne Eric Gillis, le vice-président de l'Ordre des experts-comptables d'Occitanie, à l'occasion d'un point presse organisé à Bordeaux par Thémis Banque, établissement spécialiste des entreprises en difficulté.
Et pour briser ce frein psychologique, "le lien de confiance est un facteur déterminant, il faut savoir être pédagogue sans être anxiogène", juge Sébastien Vigreux. Administrateur judiciaire à Bordeaux et Toulouse, il prévient, lui-aussi, que "le retard de prise en charge d'une entreprise en difficulté fait augmenter la dette, qu'elle soit bancaire, fiscale, sociale ou vis-à-vis des fournisseurs." Mais les mauvaises habitudes ont la vie dure, abonde maître Patrick Espaignet, avocat chez Fidal :